LE XII^ POINT DU PRESIDENT WILSOX
réalité, violé, de même que le douzième, sur lequel la Turquie devait se croire en droit de compter lorsqu'elle a signé l'armistice, puisqu'il était garanti par toutes les puissances de l'Entente ; douzième point qui était ainsi conçu : (( Aux parties du présent Empire ottoman seront pleinement assurées la souveraineté et la sécurité! » Ensuite le Président Wilson ne pouvait-il, du même coup, sommer les Grecs de cesser immédiatement leurs exactions barbares aux environs de Smyrne et d'Aïtin, les sommer aussi de cesser d'allumer à Gonstantinople ces incendies qui s'abattent uniquement sur les quartiers turcs et qui sévissent avec une continuité, une violence sans précédent dans l'histoire ; on sait que, pour couronner la série de ces désastres, les riches quartiers de Bechichtache — environ mille maisons — viennent encore de flamber la semaine dernière ; il ne restera donc bientôt plus, dans la ville des Khalifes, une seule maison musulmane debout, tandis qu'aucune maison grecque n'a été toachée.
«J'ignore ce qu'il yadevrai, ou plus probablement de faux, xlans l'histoire de ces massacres que l'on accuse encore les pauvres «Turcs
LE Xir POINT DU PRESIDENT WILSON 7o
de préparer à Theure actuelle; mais j'incline beaucoup à croire que ce n'est là qu'un chantage arménien, d'autant plus que je relève dans le rapport officiel des officiers français, envoyés en mission pour se renseigner sur place :
Partout j'ai entendu parler de massacres qui devaient avoir lieu pour le Ramazan (le Ramazan est depuis longtemps passé). A Eski-ohehir, des Arméniens étaient venus me dire que telle et telle maison turque renfermaient des armes, mais le missionnaire français, le père Ludovic Marseille, m'apprit que ces armes avaient été vendues par les dénonciateurs arméniens eux-mêmes, qui les avaient achetées à des démobilisés.
Et un peu plus loin :
Parlant à ces dénonciateurs arméniens de la légèreté avec' laquelle ils traitent de cette question des prétendus massacres, plusieurs m'ont avoué qu'ils exagéraient beaucoup pour influencer les Puissances et obtenir ainsi l'envoi de troupes alliées.
'En tout cas, je prétends que la manière dont l'Europe traite les Turcs et les pousse aux actes de -suprême désespoir, constituerait déjà