‹ Les Allures cliniques de la Syphilis et les formes de paralysie générale consécutiveChapitre 139 sur 152 · ÉTAT ACTUEL · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL

Malade amaigri, poids 54 kgr. 800; taille 1 m. 74; système pileux très développé au thorax, àl’abdomen,au pubis, aux membres supérieurset inférieurs ; raréfié au contraire au cuir chevelu avec cheveux rares à la partie médiane de la tête. Facies pâle, triste, traits peu expressifs ; ptosis de la paupière droite; périmètre thoracique 88 centimètres; pas de douleur à la pression à l'épigastre ou à l'abdomen ; pas d'œdème des membres inférieurs; quelques nœvi pigmen-

taires au dos. Double hernieinguinale.

Système nerveux, — En plus des particularités signalées précédemment :

Troubles très marqués de l'équilibre, surtout à l'arrêt brusque. Signe de Romberg positif. Mouvements des membres supérieurs défectueux, les yeux fermés. Démarche désordonnée, avec raideur et projection des jambes et des pieds en dehors avec bras étendus en manière de balancier.

Conservation de la force musculaire aux membres supérieurs, perte de la notion de position des membres. Tremblement léger des extrémités digitales, avec instabilité.

* Tremblement fibrillaire de la langue.

Troubles de la parole très marqués; dysarthrie type ataxique avec arrêts, accrocs, répétitions, suppression de svllabes, secousses de la langue et des lèvres. Parfois, bredouillement presque inintelligible. Troubles très marqués de l'écriture, avec omission de syllabe, de mots, fautes d'orthographe, tremblement des traits, déviation des lignes, lettres mal formées, mots confus, hésitants, illisibles.

Troubles sensitifs, névralgies épigastriques, intestinales, parésie du sphincter anal

Retard des perceptions tactiles et douloureuses. Paresthésie, Diminution de la sensibilité au contact, à la douleur, à la température. Abolition des réflexes rotuliens ; signe Babinski peu apparent ; pas de réflexe crémasté=

rien. Analgésie du cubital à la pression. Insensibilité tes-

ticulaire complète. Pas de trépidation épileptoïde. Troubles psychiques déjà décrits, avec affaiblissement intellectuel, amnésie générale et grossière sans étonnement chez le malade si on lui indique l'erreur. Son père aurait, dit-il, trente-trois ans, sa mère, trente-huit ans, sa sœur vingt et un au lieu de quarante-deux, etc. Diminution notable de l'attention, variations incessantes de l'humeur. État mélancolique avec tendance à l’hypocondrie, larmes faciles quand on lui parle de sa famille ou de sa maladie; il se remonte au | contraire facilement par une parole d'encouragement. Organes des sens. — Mydriase avec pupille gauche ovalaire. Disparition du réflexe lumineux et accommodateur. Ptosis de la paupière droite avec diminution de la fente palpébrale. L'examen du fond de l'œil n’a pas été fait.

Diminution de la vision. Quelques bourdonnements

d'oreilles.

Troubles trophiques. — Eruptions fessières. Atrophie musculaire.

Appareil digestif. — Par intervalles, exagération de

l'appétit, avec amaigrissement.

Diarrhée par intermittence ou constipation. Douleurs vagues à l'estomac, rares vomissements.

Appareil respiratoire. — Irritation laryngée ; un peu de diminution du murmure vésiculaire aux bases.

Appareil -circulatoire. — Pouls régulier, 80. Rien d’anormal au cœur.

Appareil urinaire. — Légère albuminurie.

. Douleurs vésicales plus ou moins aiguës. Parfois pollakyurie. Mictions difficiles par moments. :

Appareil cutané et sécrétoire. — Peau sèche et flasque. Parfois, sueurs profuses.

Sang : Wassermann positif (11 mars).

État actuel (fin mars 1916) rémission très nette et durable depuis l’entrée, avec amélioration pour la marche, devenue moins lourde, moins trébuchante ; parole plus facile, écriture presque normale, amélioration des troubles psychiques, retour de la mémoire, et de l'attention ; caractère plus gai, plus égal.

Le 23 mars 1916 il écrit une lettre bien conçue. Mort dans les premiers jours de juillet 1916.

Renseignements ultérieurs (procurés par sa famille).

Le malade, dans son enfance, n’a pas eu de retard de développement. Convulsions à dix-huit mois. Cauchemars fréquents et fièvres assez fortes dans les périodes d’indispositions. |

Très remuant.Pas irritable Scolarité moyenne influenc ée par la paresse.

‘Pas d'ictus après le chancre.

Trois enfants de douze, neuf, huit ans.

L'aîné très nerveux, inquiet.

Le second plutôt cahne; le troisième apathique, Ilymphatique. Pendant quatre mois après la naissance il a eu une faiblesse du cou il tenait mal sa tête. Sans médication l’état

est devenu normal.

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