‹ Les Allures cliniques de la Syphilis et les formes de paralysie générale consécutiveChapitre 148 sur 152 · Cf. phrase déjà citée dans l’{ntroduction · texte numérisé non relu

Cf. phrase déjà citée dans l’{ntroduction

mais les viscères et surtout les artères, produit des symp-

tomes qui ne sont pas psychiques, mais somatiques et

principalement d’ordre artériel. s.

Influence de l'hérédité sur le spirochète

dans la paralysie générale

Un fait intéressant est mis en évidence par les observations que nous avons présentées : celui de l'influence sur le spirochète de l'hérédité nerveuse ou toxi-infectieuse que les malades portent en eux-mèmes.

Chez nos paralytiques généraux de la première forme, on remarque que les ascendants ont présenté des troubles de l'humeur et du caractère, avec toutes les variations possibles de la nervosité: irritabilité, colères sans motifs proportionnés, etc. Cet état d’'hyperexcitabilité est transmis au futur paralytique général qui de bonne heure en manifeste les effets. Nous voyons dès sa première enfance un développement neurologique en dysharmonie, avec une précocité marquée de telle ou telle fonction, comme la marche, la poussée dentaire ou les premiers mots parlées. L'intelligence est habituellement vive et souvent très précocement éveillée.

Cette hérédité nerveuse, rencontrée avec beaucoup de

constance chez les malades de notre première forme,

montre bien comment l'exaltation pathologique des cellules cérébrales, produit d’une irritation chronique qui peut-être a influencé les échanges intra-cellulaires, dénote un cerveau plus sensible et moins résistant que les autres organes, et qui a dû, comme tel, attirer à lui le tréponème et le fixer, en lui imprimant un biologisme particulier.

Chez les malades de la deuxième forme, nous ne trouvons pas dans leur ascendance et chez eux-mêmes cette hérédité nerveuse ; mais une autre y joue un rôle certain, c'est l’hérédité toxi-infectieuse. Les parents ont été d’ordinaire calmes de caractère, ainsi que les collatéraux en général; mais on trouve chez eux de la tuberculose, du cancer, des maladies organiques. Chez le malade, héritier de ce terrain morbide, nous trouvons un développement neurologique en dysharmonie, par retard de telle ou telle grande fonction comme la marche ou les dents, une fragilité organique associée à une humeur tranquille et souvent même à un caractère apathique, l'intelligence en retard dans son éveil et non en avance comme dans le premier cas. |

Chez ces malades, la fragilité du terrain n'est point nerveuse mais organique : et le spirochète trouve en cette fragilité organique un terrain propice à son développement. Ici la barrière infranchissable est le cerveau, qui est organiquement solide, tandis que les vaisseaux, le foie, la peau, les os, favorisent, par leur propre fragilité, un libre déve-

loppement du spirochète en eux, qui donne ainsi toutes

les manifestations habituelles de la syphilis et conduit le sujet à la paralysie générale par usure de l'organisme, usure très rapide ou très lente, selon les complications méningo-artérielles. Dans la première forme, les phénomèênes mentaux persistent dans leur ton et leur exaltation; la démence est transitoire, cri passager de souffrance par altérations nutritives organiques que le traitement peut souvent encore améliorer en des rémissions temporaires. C’est cette hérédité différente, que nous trouvons à l'origine de nos deux formes de paralysie générale, qui prépare les conditions d'influence et de transformation du spirochète, permettant de prévoir avec beaucoup de probabilité quelle direction prendra le bacille, s’il se fixera sur le système nerveux (hérédité nerveuse, première forme) ou sur les organes et les artères surtout (hérédité par toxiinfection, deuxième forme). Les conditions du terrain ont cette précise importance, sans devoir amoindrir la valeur de la nature du spirochète et le spirochète sans lequel aucune condition de terrain ne pourrait suffire à donner une

paralysie générale.

Influence du spirochète sur les rapports sexuels chez le paralytique général

et sur sa descendance.

Le biologisme de l’agent de la syphilis, que nous avons vu comment il pouvait être influencé par l'hérédité et par le terrain qu’elle détermine, de telle façon que son évolution en dépend, montre une différence selon qu'il est devenu neurotrope ou qu'ilest demeuré l’agent banal de la syphilis.

Le neurotréponème semble s’épuiser, se stériliser dans la substance nerveuse, et y perdre son pouvoir de contagion. ;

Chez les malades de notre première forme en effet, le conjoint n'est pas contaminé; la femme ne présente aucun signe de syphilis, et la réaction de Wassermann est chez elle négative. La descendance de ces malades y apparaît indemne; les enfants ont aussi un Wassermann négatif, n'offrent aucun signe d’hérédo-syphilis, sont chétifs, mais en assez bonne santé. L'irritabilité nerveuse, qui est la marque de leur cellule cérébrale et comme son cachet, se manifeste chez eux comme chez les ancêtres ; ils sont intelligents, ils ont souvent de la dysharmonie dans l’établissement de leurs fonctions neurologiques, ils font des convulsions cloniques, des rêves, des terreurs nocturnes, de l’énurésie émotive; ils sont irritables, turbulents, etc.

Chez les malades de la deuxième forme, le spirochète est

resté l'agent banal de la syphilis, il ne s’est pas stérilisé dans un organe qui ait changé son biotropisme; et il passe, dans les rapports sexuels, chez la femme qui est contaminée, donne des signes extérieurs de syphilis, et chez qui se rencontre toujours une réaction de Wassermann positive. Cette infection passe au produit de la conception, et l'enfant présente le tableau complet de l'hérédo-syphilis ou certains stigmates au moins de syphilis héréditaire. Le Wassermann chez lui témoigne de l'infection transmise. Le caractère de cet enfant, en général, est calme, apathique, déprimé; l'intelligence n’est point vive ; le développement neurologique s'est fait en dysharmonie avec retard; la santé générale est toujours fort compromise.

Le spirochète montre ainsi son pouvoir différent de virulence et de contagion, témoignant de son biologisme spécial, La connaissance de ce fait a une portée évidente en ce qui touche la famille du paralytique général, sa femme et sa descendance, et il offre de précieuses indications pour les soins à donner aux enfants et à la femme du malade,

dans l’une et dans l’autre forme de la paralysie sénérale. E à g

Synthèse schématique

Pour mettre mieux en évidence, dans un résumé Synop-

tique, toutes ces différences et influences diverses que

nous avons soulignées, nous essayons d'en établir plusieurs tableaux graphiques.

Dans le premier, nous résumons l'influence que l’hérédité paraît avoir sur le paralytique général.

Dans le deuxième, celle de la nature et de l’allure spéciale de la syphilis sur la maladie de Bayle.

Dans un troisième, l'influence de cette nature de la

syphilis chez le conjoint etla descendance.

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