‹ Les Allures cliniques de la Syphilis et les formes de paralysie générale consécutiveChapitre 59 sur 152 · CRAN · texte numérisé non relu

CRAN

avec difficulté à supporter la lumière, et des troubles auditifs avec démi-surdité intermittente.

En 1914,ces troubles sensoriels s’accompagnent de troubles psychiques plus marqués : accès de fristesse, avec crises de pleurs, troubles profonds du caractère et de l'humeur, tendance marquée à voir tout en noir, explosions subites de colère pour des sujets insignifiants. Avec ses amis, irritabilité, agressivité, tendance aux idées de persécution ; chez lui , impulsions irrésistibles à critiquer sévèrement son entourage familial, avec autant d’exagération que de manque d’à-propos devant des étrangers, sans d’ailleurs y prêter attention et cela avec une note d’affectivité émotive anormale et des appellations trop passionnées

pour sa femme et ses enfants.

En 1915, on note de l’insomnie, de l’amaïgrissement, un affaiblissement de l'intelligence avec diminution de l’attention et de la mémoire des faits récents : «il va au Palais un jour pour plaider une affaire qui devait l'être deux jours auparavant »; crises de découragement : « Je vais mourir, je n’ai plus de forces ; » excentricités : un de ses collègues raconta lavoir vu à cheval sur une corde qui servait d'enceinte à une station de tramway et proférant des propos extravagants ; achats anormaux, dépenses injustifiées ; manifestations puériles d’un ‘patriotisme exalté : il prétend remplir un devoir patriotique en soulignant quatre grandes pages du journal Ze Temps. Alternatives d'exci-

tation et d’abattement avec sensation de vide dans la tête ;

pérte de la notion de l'heure.

A son entrée dans la maison où il fut soigné, on a noté: Intelligence affaiblie avec lacunes dans les conceptions, défaut de suite dans les projets ; impuissance de terminer

une chose commencée : hésitation du langage.

Anesthésie superficielle et testiculaire.

Insomnie nocturne. Tendance à la constipation, et troubles digestifs déjà signalés.

Diminution de l'attention, de la volonté, de la mémoire des faits récents ; optimisme exagéré ; il dit parfois qu'il n’est pas malade. Instabilité des doigts ; affaiblissement musculaire léger. Fatigue rapide et lourdeur de la marche qui est lente.

Les réflexes tendineux sont exagérés. Le crémastérien aboli. Pas de Babinski. Clonus du pied droit. La sensibilité cutanée est conservée ; pas de retards des perceptions au toucher, à la piqûre et à la chaleur.

Pas d’analgésie du cubital à la pression.

Appareil digestif. — Boulimie : tendance marquée à la constipation. Le foie ne déborde pas les fausses côtes.

Appareil respiratoire. Légère submatité en avant et à gauche ; exagération du murmure vésiculaire à droite avec retentissement de la toux.

Appareil circulatoire. — Rien d’anormal au cœur ; pouls régulier.

jf

Organes des sens. — Myosis. Signe d’Argyll.

Examen du sang : Wassermann positif. .

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