Paris, 1789 a 1793, in-S
menades, châteaux et parcs de Paris. Ainsi, Ton y apprend que le ier janvier en peut aller voir à Versailles la marche des princes du sang et des cordons bleus, puis les 11, i5, 18, 22, 25 et 29 du même mois, se divertir au bal de TOpéra. Les grands spectacles ferment pendant toute la durée du carême, et il n'y a d'autre distraction à ce moment de Tannée que le Concert spirituel. Le 6 mai, le Roi passe la revue de l'armée dans la plaine des Sablons. Le 11 juin, grande procession de la Fête-Dieu, à Versailles ; le 5 juillet, jeu des eaux à Saint-Cloud; le i5 août, procession à Notre-Dame, avec l'assistance de toutes les cours souveraines; le 25 du même mois, jeu des eaux à Versailles et visite des appartements du Roi; le 8 septembre, fête à Saint-Cloud; le 9 octobre, fête à Saint-Denis; le 12 novembre, rentrée du Parlement; le 3i décembre, visite au palais Marchand pour y acheter les étrennes, avec rendez-vous, pour l'acquisition des bonbons, rue des Lombards et rue de la Vieille-Boucherie. Voilà les principales distractions de Tannée 1789. Cet almanach, en 1793, indique les mêmes monuments, les mêmes spectacles, les mêmes promenades; mais un erratum curieux le termine. Il est bon de le reproduire :
« Nos lecteurs, dit-il, trouveront dans ce petit
ouvrage quelques articles qui leur paraîtront imparfaits, mais ils sont en très petit nombre : la Révolution du 10 Août est cause de cette inexactitude. A cette époque, la plupart des feuilles de cet almanach étaient déjà imprimées. Quel est celui qui n'excuserait pas ces erreurs, quand la cause en est si légitime?... Elles tombent principalement sur la description des maisons de religieux et de religieuses, et sur quelques églises desquelles on a soustrait tout ce que l'orgueil avait fait élever et que la bonté, la crédulité du peuple d'autrefois avait payé de ses sueurs!... » Ainsi, jusqu'à ce médiocre petit opuscule qui cherche à se prémunir contre les soupçons, qui tremble et qui s'épouvante, tant était grande la liberté des appréciations en 1793 ! Ah! comme André Chénier a eu raison d'écrire son admirable article : les Autels de la Peur !
Le Calendrier de la Cour, qui date de 1700 et va jusqu'à 1792, donne à ses lecteurs la chronologie des rois, la composition de leurs maisons et de celles des princes; Fétat administratif, religieux, militaire, commercial et judiciaire de la France... Il n'est pas jusqu'à Y Almanach royal ', devenu seulement en 1793 Almanach national,