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Les almanachs de modes de 1814 à 1830

Un jour la Nouveauté parut Aux lieux où règne la folie ; Chacun disait : qu'elle estjolie !

De toutes parts on accourut.

Demeurez dans notre patrie O Madame la Nouveauté !

Plus que l'esprit et la beauté Toujours vous y fûtes chérie.

Lors la déesse à tous ces fous Répondit : Messieurs, j'y demeure Et leur donna le rendez-vous Le lendemain à la même heure.

Le lendemain on se montra Aussi brillante que la veille ; Le premier qui la rencontra S'écria : Mon dieu ! qu'elle est vieille.

Pauvre Nouveauté ! pour ne pas mériter chaque jour pareille injure, il lui faut se régénérer dans la mode,

déesse inconstante, incommode

Bizarre en ses goûts, folle en ses ornements Qui paraît, fuit, revient et naît en tous les temps.

(Voltaire).

Bernis la traite de tyran, en tous les cas aimable tyran; mais c'est plutôt une souveraine, une Royne et grande empirière, comme le disait Montaigne, dont le séjour de prédilection esl la France. De Paris, elle dale presque tous ses décrets qui ne vivent que « ce que vivent les roses, l'espace d'un matin »; sa devise est tout lasse, tout passe; aussi chaque jour de l'année voit paraître un ajustement nouveau dans la pairie de la légèreté et de l'inconstance qui est la nôtre.

Les changements de mode sont si fréquents que cela a donné naissance à un charmant conte en vers que voici :

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