‹ Les almanachs de modes de 1814 à 1830Chapitre 2 sur 6 · LE MONARQUE ET LE PEINTRE · texte numérisé non relu

LE MONARQUE ET LE PEINTRE

Un peintre voyageur fut pris par un corsaire

Et conduit au Roi de Salé ; Ça, dit-il fièrement au peintre désolé, Bâtard du Titien, voyons ce que peut faire

Le pinceau dont tu t'es vanté ;

Si tu réussis à nie plaire,

Je te promets ta liberté.

Peins pour orner ma galerie, Toutes les nations et que ton industrie Fasse en sorte que l'œil, dès le premier moment, En distingue chacune à l'air, au vêtement. Le peintre, dans l'espoir de sortir d'esclavage, Dresse son chevalet et pinceau d'imiter

Si bien qu'à n'en pouvoir douter On les reconnaissait à l'habit, au visage.

Mais chaque peuple étant vêtu

Suivant sa diverse manière,

Le seul Français était tout nu.

Portant uniquement sur son bras qu'il replie Une pièce d'étoffe. Où sont donc tes esprits? Dit le monarque au peintre et par quelle folie

Peins-tu le Français sans habits ?

Seigneur, lui répond-il, n'en soyez pas surpris.

Il change si souvent de mode

Que mon œil ne sachant où se déterminer Lui donne de l'étoffe afin qu'il s'accommode Comme il voudra l'imaginer.

Pour suivre la mode dans tous ses caprices, à travers les révolutions qu'elle amène dans les parures, d'innombrables publications se sont succédées, se succèdent encore et se succéderont toujours. Le Cabinet des modes, la Gallerie des costumes, les Courriers de la mode, les échos, les revues etc., etc., nous tiennent au courant des fantaisies éphémères, des créations fugitives de la souveraine. Pour en dresser une liste complète, il faudrait le travail de plusieurs bénédictins, et encore !! Que d'investigations dans le passé, que d'incessantes recherches dans le présent !

Mais dans un vaste domaine, quelle que soit son étendue, l'on peut toujours explorer un petit coin, et c'est dans celui des almanachs de modes que je vais m'aventurer pour en décrire quelques-uns, le dessus du panier, ceux qui sont dignes de l'attention des bibliophiles.

Les éditeurs d'almanachs devaient naturellement en consacrer un certain nombre aux habillements et coiffures de leur temps.

A la fin du XVIIIe siècle, de 1775 à 1790, Valade, Desnos, Boulanger, Jubert, nous avaient donné : le Manuel des toilettes, Y Almanach galant des Costumes Français, le Recueil général des modes et costumes, les Fantaisies aimables, les Lacets de Vénus, les Embûches de Cythère, la Toilette des Grâces, les Modes Parisiennes ou les Dons de la nature embellis par l'art, les Loisirs d'une jolie femme, le Gotha de 1777 avec les figures de Freudenberg, pour le Monument du costume, etc., etc. (Plusieurs d'entr'eux ont été décrits dans le Coup d'œil sur les Almanachs illustrés du XVIIIe siècle.)

De 1790 à 1800, les nouvelles Étrennes curieuses des

incroyables, merveilleuses, inconcevables et des raisonnables de Paris, nous incitent au fait des exagérations de la mode et des trente perruques nouvelles ; Ah ! que c'est drôle ou le Cabinet des modes, contient la description des costumes nouveaux.

Tout à faitau commencement du XIX- siècle, le Suprême bon ton ou Etrennes à la mode aux personnes curieuses de leur parure (1801), les Costumes des dames Parisiennes et l'Ami de la Mode, VAlmanach des Modes de la parure sont conçus comme leurs aînés du XVIIIe siècle, même format in-24, même nombre de gravures.

Plus rien jusqu'en 1814, où l'Almanach de la Mode fait sa réapparition ; le format est in-18, les gravures sont généralement coloriées, la reliure n'est qu'un cartonnage. Ils donnent la description détaillée des toilettes, les adresses des bons faiseurs, passent en revue les théâtres, les promenades et divertissements de chaque saison.

C'est à Rosa, libraire, que revient l'honneur de la publication des neuf années consécutives de ces petits volumes devenus si rares aujourd'hui qu'il est fort difficile d'en avoir la collection complète. Le succès de Rosa excite l'émulation des éditeurs, et Janet, Le Fuel, Marcilly publient à leur tour des livres du même genre, fort recherchés en raison de leur intérêt documentaire pour la vie de 1814 à 1830.

Annuaire des Modes de Paris, orné de douze figures. lre année. A Paris, chez l'éditeur, rue Montmartre, n° 183, au bureau du Journal des dames, et chez Delaunay, libraire, galerie de bois, n° 244, au Palais-Royal.

In-18, 288 pages ; faux-titre, titre imprimé.

Douze figures : « Mode de Paris », très finement gravées et coloriées, non signées, mais que l'on peut attribuer à

Horace Vernet. En regard de la gravure est son explication.

Janvier. Casque de velours plein orné d'aiguillettes de satin et de deux plumes d'autruche. Redingote de velours garnie en cygne. Souliers fourrés.

Février. Toque de gros de Naple garnie en gaze rayée. Bandeau de perles et grains d'or. Robe de grosdeNaples garnie de gaze rayée.

Mars. Toque en corbeille. Robe en gros de Naples. Pardessus de reps.

Avril. Chapeau de tulle et gros de Naples garni de roses boiteuses. Bandeau de velours épingle. Manches de tulle. Robe de levantine.

Mai. Chapeau de gros de Naples. Robe de perkale.

Juin. Coiffure à la Chinoise ornée d'un fichu de gaze. Camisole chinoise en perkale.

Juillet. Bonnet à la Chinoise en tulle. Robe de mousseline brodée.

Août. Chapeau de levantine. Robe de levantine.

Septembre. Bonnet paré en tulle, orné de marguerites. Robe de perkale.

Octobre. Chapeau de reps, fleurs de satin. Canezou de mousseline. Robe de perkale.

Novembrt . Chapeau de velours à mouches orné de deux blondes. Tète de falbala en torsade. Balantine (du mot grec 6«Xavrcov », petite poche, remplaçant les gibecières qui avaient succédé aux ridicules.

Décembre. Chapeau de reps. Robes de mérinos garnie de franges de soie.

Le texe, divisé en douze parties, contient d'intéressantes notices sur les modes de chaque mois, sur tout ce qui doit composer un trousseau, une corbeille de mariage, une layette ; des renseignements relatifs au corail, aux diamants et autres pierres précieuses, aux bijoux, tabatières et breloques adoptés par les élégantes et les petits

maîtres. L'Amour dans une balançoire, l'Amour volage, L'Amour dans une rose, Une petite bascule en or formée d'une (lèche qui offre à l'une des extrémités l'Amour, et à l'autre, un papillon aux ailes azurées taisant pencher la bascule de son côté (ce qui rappelle l'idée ingénieuse : l'Amour est encore plus léger), voilà celles dont on raffole.

Très amusant, le tableau de Tortoni ! que l'on peut citer en entier :

« Il est un petit coin de Paris, où la foule abonde, non « point la foule en sabots, mais la foule en panaches.

« Est-ce un palais, une galerie de tableaux, un cabinet « d'antiquités, un jardin magnifique, un chef-d'œuvre « dramatique enfin, qui attire?

« Ce n'est rien de tout cela.

« Il y a d'abord ce qu'on veut bien appeler une terrasse « avec une barrière en bois et des chaises de paille ; « puis quelques marches incommodes, une rampe de « fer brut, un salon étroit, un autre petit salon, un troi- « sième salon plus petit encore et même un quatrième « dans les infiniment petits.

« On monte par un escalier tortueux. On trouve des « salles un peu plus aérées ; plus un billard dans le demi « jour.

« Je ne vois rien là-dedans de si merveilleux !

« Patience, il n'est que sept heures encore.

« Huit heures sonnent, puis neuf. Alors il n'y a plus « de tabourets nulle part, toutes les tables sont prises, « les femmes sont rangées par files, attendant qu'il y ait « moyen de se placer. On se lorgne, on se salue, on se « dit des choses charmantes.

« Je vous quitte et j'y cours.

(( Vous y courez ? où ?

« Chez Tortoni ».

A la fin de chaque partie se trouve la liste des fournisseurs en vogue avec leurs adresses : tailleurs, couturières, coiffeurs, lingères, parfumeurs, marchands de cannes, fabricants de bronzes, orfèvres, joailliers, graveurs, opticiens, relieurs, etc., etc. (1)

Almanach des Modes, lre année. — A Paris, chez Rosa, libraire, gde cour du Palais-Royal.

Vol. in-18. 276 pages; faux-titre. Sur le titre, jolie petite composition très finement gravée et coloriée, représentant l'Amour apportant un chapeau du dernier goût à une jeune femme assise sur un siège pur style Empire; 1 feuillet pour les articles du calendrier, six pour le calendrier; table des matières et préface, 12 feuillets.

Ire partie. — Modes nationales.

lre partie, lre section : Les quatre Saisons.

Articles sur les modes de chaque saison, accompagnés de figures coloriées, dessinées et gravées par Blanchard ; charmantes compositions à deux ou trois personnages.

Hiver. — Les femmes en casque à la Clorinde et chapeau à la Jockey; dans le lointain, un patineur en dolman et toque rouges, pantalon bleu.

Printemps. — Chapeaux de paille d'Italie ou de tulle, ornés de fleurs. Pour les hommes, redingote verte, culotte et bottes à revers.

Eté. — Le genre chinois domine dans la toilette des femmes. Les élégants portent le pantalon de nankin et le gilet blanc.

< 1 ) C'est grâce à l'extrême amabilité de M. le comte Alexis de Noailles que j'ai pu décrire de visu ce très rare petit volume. Il a bien voulu me le communiquer, mieux encore ! me l'offrir. Qu'il en reçoive ici mes plus sincères remerciements et l'expression de ma reconnaissance.

Automne. — Coiffure à la Chartreux, coqueluchon, calèches.

2e section. Notices sur le Salon, les enseignes, les passages, le boulevard du Temple, sociétés épicuriennes, la nécrologie (Lagrange, Delille, Grétry, Mmc d'Houdetot, Mlle Contât, Mme Fanny de Beauharnais), la littérature, la musique et les théâtres. Renseignements sur les déjeuneurs réunis tous les 15 jours aux Frères-Provençaux, parmi lesquels neuf membres de l'Académie cherchent à faire élire dans leur compagnie leurs collègues du déjeuner.

IIe partie. — Toilette des dames; celle des hommes. Adresses des marchandes de modes, coiffeurs, couturière, tailleurs, etc.

IIIe partie. — Modes étrangères.

Deux gravures de costumes chinois.

Notice sur la Chine, divisée en iv chapitres passant en revue l'état de la Chine au XVe siècle. Costumes des femmes tartares et des Magao-tsés. Renseignements sur les maisons, mobiliers, jardins, politesse, jeux, festins, naissances, mariages, fêtes, spectacles, divertissements, beaux-arts et sciences, productions, manufactures, etc.

U Annuaire des Modes et VAlnmnach des Modes, parus simultanément en 1814, ont été fondus en 1815 sous le titre : Almanach des Modes et Annuaire des Modes réunis. 2e année. A Paris, chez l'éditeur, rue Montmartre, n° 183, au bureau du Journal des Dames; et chez Rosa, libraire, grande cour du Palais-Royal.

Vol. in-18. 288 pages.

En regard du titre, frontispice dessiné par H. Vernet, gravé par Gatine, intitulé La Toilette. Une femme de

chambre met la dernière main à la coiffure de sa maîtresse assise devant une élégante psyché.

Ire partie. — Modes nationales.

lre section. Les quatre parties du jour, avec quatre figures d'Horace Vernet.

Le Matin. Femme en négligé, chevelure enveloppée dans un bonnet de dentelle, longue camisole.

Midi. Promenade aux Tuileries. Le chapeau est à haute forme avec plumet de plumes de coq.

Le Soir. Toilette de Cour, robe à traîne, coiffure en plumes. Le jeune homme porte l'habit à la française, la culotte courte, les bas de soie blancs.

La Nuit. Femme d'un âge mûr en négligé. Jeune fille en toilette de bal.

La fin de la première partie est consacrée au Marché aux fleurs, bouquetières, bains publics, Tivoli, Bagnolles, la littérature, les théâtres et la musique, la nécrologie (Bernardin de Saint-Pierre).

IIe partie. — Manuel des gens du monde. Articles intéressants sur l'habitation, le mobilier, escaliers, antichambres, salons, salles à manger, billards, les appartements des femmes et ceux des hommes, la bibliothèque, les escaliers dérobés, les écuries et remises. Tout élégant de 1815 devait avoir berline, coupé, calèche, landau, voiture de voyage, carishs, boghay, guigue et phaéton. L'intérieur de ces voitures doublé de drap blanc, bleu ou bouton d'or, gris, bordé de galons de soie très beaux. Les caisses devaient être peintes en jonquille, gros bleu, vert d'eau ou vert olive; la couleur du train était différente de celle de la caisse.

IIIe partie. — Modes étrangères. Angleterre.

Une fig. — Deux jeunes femmes en négligé sont à la promenade; elles se donnent le bras et se servent de leurs ombrelles en guise de cannes.

Notices sur les modes arrivant de Paris, les magasins

d'objets de luxe à Londres, la Cité et le quartier ouest de la ville, la saison, la manière de vivre, les raouts, bals parés, Vauxhall, les paris, les courses, combats de coqs, maisons de campagne, jardins et parcs.

L'Almanach des inodes de 1815 se termine par des adresses et annonces parmi lesquelles celles des relieurs qui peuvent intéresser les bibliophiles :

MM. Bozérian, rue de Tournon, n° 31 ;

Bozérian jeune, quai des Augustins, près la rue

Git-le-Cœur; Courteval, rue des Carmes, 5; Simier, rue Saint-Honoré, 152 ; Lefèvre, quai des Augustins, 27 ; Doll, rue Mazarine, 16 ; Thouvenin, rue de l'École-de-Médccine ; Rosa, grande cour du Palais-Royal ; Purgold, rue Dauphine, près celle Christine.

Almanach des Modes, suivi de V Annuaire des Modes, 3e année. A Paris, chez Rosa, libraire, au Cabinet littéraire, grande cour du Palais-Royal et rue Montesquieu, n° 7 ; et chez Madame Veuve Perronneau, quai des Augustins, n° 39.

Sur le titre-frontispice cette deuxième adresse n'est pas donnée, mais il est orné d'une petite vignette représentant l'Amour ayant sur les épaules une écharpe, assis à côté d'un beau vase garni d'une guirlande de fleurs.

2 feuillets de table et d'errata, 208 pages, enfin le calendrier de 1816.

Même division que dans les précédents volumes.

Modes. Hiver, printemps, été, automne, avec jolies figures non signées, mais très finement exécutées, à deux ou trois personnages vêtus suivant la saison ; les cou-

leurs claires dominent; les gants montent jusqu'aux épaules ; les coiffures de ville et du soir sont ornées de plumes et aigrettes. Les hommes en pantalon et habit, col très haut.

A la suite de ces notices, petite revue des théâtres, tribunaux, journaux, littérature et promenades, peinture de mœurs dans trois anecdotes : L Antichambre, Les Portraits de famille. Mémoires dune blanchisseuse.

IIe partie. — Modes étrangères. Ecosse.

Deux très jolies figures de costumes.

Renseignements sur les costumes, manière de vivre, hospitalité, les clans, la poésie, sur l'aspect du pays dans la plaine, Edimbourg, les châteaux, la manière de vivre des seigneurs écossais.

Enfin, de la page 181 à 208, annuaire des modes pour chaque mois et liste des fournisseurs.

Almanach des Modes, suivi de Y Annuaire des Modes. 4e année. A Paris, chez Rosa, grande cour du Palais- Royal, et au Cabinet littéraire, rue Montesquieu, n° 7.

1 vol. in-18. 216 pages. Faux-titre et titre imprimé : autre titre gravé, avec une jolie vignette : deux cygnes attelés à un traîneau, font voguer la déesse de la mode.

Le texte se compose d'un article « Modes nationales » appliquées aux âges de la vie : enfance, jeunesse, âge mur, vieillesse. Quatre figures dessinées et gravées par Blanchard, représentent des personnages de ces différents âges, habillés à la mode du jour.

Puis des notices sur les usages : étrennes, baptêmes, mariages, enterrements, deuils, billets de faire-part, cartes de visite, conversations, repas, affaires d'honneur.

Enfin plusieurs chapitres ornés de deux gravures de costumes sont consacrés aux mœurs étrangères des Hindous, bijoux, pèche des perles, ablutions, barbiers, fards et parfums, habitations, nourriture (carry, bétel, houka), mariages, naissances, jongleurs, bayadères, industrie (mousseline, madras, cachemires).

De la page 193 à la page 216, annuaire des modes, adresses et annonces.

Almanach des Modes et Mœurs Parisiennes, suivi d'une description des caractères, des mœurs, des costumes et des danses espagnoles. 5e année. Paris, chez Rosa, gd* cour du Palais-Royal.

1 vol. in-18. Faux-titre, titre imprimé, 215 pages, et à la fin le calendrier pour 1818.

De la page 195 à la page 215, table et adresses.

6 fig. de Blanchard dont les quatre premières servent à illustrer les nouvelles ou petites études de mœurs, publiées dans ce volume ; elles sont intitulées : Toilette du matin d'une femme à la mode, Une Soirée d'été, La Journée de chasse, Un Bal paré ; les deux dernières figures représentent des costumes catalans et une danse andalouse, peut-être la Magualena y torrero.

Quelques mots sur les modes anciennes, sur l'art de coiffer les femmes, le luxe, l'amour dans le mariage, complètent le texte de l'almanach de 1818.

Almanach des Modes et Mœurs Parisiennes, suivi d'un coup d'œil général sur la Sicile, d'un abrégé de son histoire, des mœurs et costumes de ses habitants, de leur industrie et d'une anecdote sicilienne. 6e année. A Paris, chez Rosa, etc.

Vol. in-18. Faux-titre, titre imprimé, calendrier pour 1819, 211 pages. De 187 à 211, annuaire des modes de Paris.

6 figures non signées : Promenade à Longchamp.

L'usage en remontait déjà loin ; ainsi en 1801, il était adopté, et d'après une chanson du temps, un merveilleux reprochait à sa compagne d'avoir changé l'ébène de sa chevelure contre un ornement étranger :

C'est ce qu'en courant à long-champ Ces jours derniers dans la prairie, Monté sur un char élégant, Disait Dorèlas à Zélie.

2e figure, illustrant le 2e chapitre, les Draisiennes à Tivoli, dans lequel il est intéressant de trouver le très amusant passage que voici : « Les Draisiennes ont été annoncées après la Canne à naviguer, et les curieux n'ont pas été moins dupes. Au reste, il est fâcheux que ces deux découvertes n'aient rien valu ; car on aurait pu faire le tour du monde son vaisseau sous le bras et sa voiture sur l'épaule». Les draisiennes s'appelaient aussi vélocipèdes, et si l'auteur de l'article précité revenait au monde, quelle ne serait pas sa stupéfaction de voir courir des milliers de cyclistes, hommes et femmes, sillonnant les boulevards, les Champs-Elysées, les avenues, le bois de Boulogne, et en province, donc ! dans les campagnes, dans les villes, aux bains de mer, aux stations thermales, partout en un mot, partout. Racine passera comme le café, écrivait Mme de Sévigné ; on lit encore Athalie et Les Plaideurs, plus que jamais on prend du café ! et plus que jamais le succès des vélocipèdes est assuré! Errare humamim est ! N'en déplaise aux mânes de ceux qui se riaient des Draisiennes en 1818.

Fig. et chapitre III. Un Concert.

Fig. et chapitre IV. Une Soirée à Rhanelagh. C'est la fin du petit roman ébauché dans les premiers chapitres. Puis viennent une revue des pièces nouvelles, un article sur la mode, un autre sur son origine, un poème en deux chants par L. Ernoult, enfin la Petite Poste et Jadis et aujourd'hui.

Deux figures, Costumes siciliens de la société élégante et des campagnards, accompagnent la notice sur la Sicile.

Almanach des Modes et Mœurs Parisiennes, suivi dune description des caractères, des mœurs et des costumes portugais. 7e année. A Paris, chez Rosa, etc., etc.

In-18. 196 pages et le calendrier; faux-titre et titre imprimé en regard duquel une gravure de chapeaux et coiffures.

Texte. — Les quatre saisons avec des figures de costumes pour chacune d'elles.

Pendant le printemps, on assiste beaucoup aux jeux chevaleresques, « Ces jeux ont quelque chose de noble et d'élégant qui doit plaire aux Français. Le boulevard qui entoure l'arène est un salon qui se compose de deux mille personnes, l'élite de toutes les sociétés. Les femmes y font assaut d'équipages, de voitures, enfin de tout ce que la richesse et le bon goût offrent de plus nouveau. C'est là que le Journal des Modes devrait dorénavant être rédigé, etc., etc.. » et c'est là aussi que l'on peut se faire une idée juste de la véritable élégance des voitures et des chevaux, etc., etc.

L'été, l'on va au jardin de Tivoli, l'automne se passe dans les châteaux.

Parmi les beaux tableaux, dont le salon de 1819 est enrichi, citons : La duchesse d'Angoulème s'embarquant à Pauillac le 1er avril 1815 (de M. Gros) ; le Massacre des

Mamelucks au château du Caire, avec seize autres compositions ; un Portrait de la duchesse d'Orléans, par Gérard ; le Naufrage de la Méduse, de Géricault ; Scène de la Guerre d'Espagne, par le général Lejeune ; Portrait de la Csse d'Osmond, par Robert Lefèvre ; la Galatée, de Girodet.

Les produits de l'industrie ont aussi leur exposition au Louvre.

IIe partie. — Notice sur les Portugais, 2 fig. de costumes, gens de la ville et gens de la campagne.

Table des adresses et table des matières de la page 168 à la page 196. Calendrier de 1820.

Almanach des Modes et Mœurs Parisiennes, suivi d'une description des mœurs, des costumes et des usages russes au commencement du XIX0 siècle. Huitième année. A Paris, chez Rosa, etc.

In-18, 212 pages. Faux-titre, titre imprimé en regard duquel une gravure de modes (chapeaux et bonnets). Le texte se compose de cinq parties. Dans la première, revue critique de l'année 1820. — Les quatre saisons avec une figure pour chacune d'elles.

Hiver, grande toilette; — Printemps, négligé de ville; — Été, négligé de campagne ; — Automne, un laquais annonce les personnes qui entrent dans un salon.

L'année 1821 voit apparaître à la promenade de Longchamp une Voiture à voiles, et en été à la fête de Tivoli, les lunettes du Bon de Drais appelées survoyantes et faisant découvrir 22° 1/2.

Dans la deuxième partie, il est question de concerts, théâtres, procès, de Walter Scott et Byron, de Ch. Nodier.

Dans la troisième partie : mœurs parisiennes racontées dans de petites nouvelles, entr'autres : La journée d'une

petite maîtresse, dont la fin est celle-ci : « L'aube commence à paraître, tout Paris s'éveille, Amélie s'endort ».

La quatrième partie est intitulée Macédoine. On y parle ainsi de la lithographie (1) : « Elle a commencé par des batailles, elle continue par des portraits et elle finira par des modèles de dessin, arbres, chevaux et tètes académiques. C'est là notre prédiction ; qui vivra verra. » L'on a vécu et Ion a vu.

Philippon, Grandville, Raffet, Daumier, Charlet, Gavarni, Célestin Nanteuil, ont porté au plus haut degré l'artde la lithographie un peunégligéduresteaujourd'hui. Reviendra-t-elle à la mode? Dans tous les cas, l'aimable et très intelligent éditeur bibliophile L. Conquet, vient de faire une heureuse tentative en faisant illustrer un Cas de jalousie par douze lithographies de A. Lunois.

On trouve encore dans cette macédoine le récit d'un voyage au Mont-Blanc et de la catastrophe où trois guides, Pierre Balmat, Aug. Ferraz et Pierre Carrier ont perdu la vie. Les excursionnistes étaient Hamel et Selligue.

Cinquième partie. Notice sur les Russes avec une fig. de costumes. Petites tablettes des gens du monde. La table des adresses de la page 209 à la page 212.

La sixième figure de l'almanach de 1821 est une toilette de mariée.

Almanach des Modes et Mœurs Parisiennes, suivi d'un coup d'œil général sur la Grèce, de la description des mœurs de ses habitants, de leurs costumes, de leurs usages et de leur industrie. Neuvième année. A Paris, chez Rosa, etc.

(1) Importée en France au commencement du siècle par André et Senefelder.

In-18 ; faux-titre, titre imprimé en regard duquel une planche de coiffures et chapeaux. 198 pages et le calendrier pour 1822. Table des adresses de 195 à 198.

lTe partie. Réunions publiques. — Longchamp, avec une figure : femme assise et jeune homme lorgnant chevaux de selle et voitures passant au deuxième plan.

Bals de société. — Fig. : grande toilette et négligé.

Fête du Baptême. — Fig. représentant le nouvel habit des chambellans et une toilette de cour pour une grande dame. — C'est du baptême de Msr le duc de Bordeaux qu'il s'agit et il est fort intéressant d'en lire le cérémonial.

Jardins publics. — La vogue est à Tivoli et Beaujon. L'on trouve cependant Tivoli un peu guinguette.

Deuxième partie. — Variétés, pièces nouvelles, débuts, les enfants célèbres, avec figure : petite fille coiffée à la Léontine, sautant à la corde à côté de ses parents.

Nouvelles inventions avec fig. représentant une petitemaitresse en pelisse et un élégant en manteau andalou. Littérature et voyages.

Troisième partie. — Mœurs parisiennes. Le jargon des coulisses. Le bal de l'Opéra.

Enfin notice sur la Grèce. — Gravure dont le sujet est une scène de brigands. Prisonnier décapité; deux autres s'enfuient.

En résumé, les neuf années de l'almanach Rosa sont fort intéressantes; leurs jolies gravures et la façon dont le texte est composé les rendent précieuses pour tous ceux qui aiment à revivre dans le passé et à savoir comment s'habillaient nos grand-mères et quel était le genre d'existence de la société élégante de 1814 à 1822.

L'Empire de la Mode. Paris, chez Janet, libraire, rue Saint-Jacques, n° 59.

Vol. in-24 de 48 pages, orné de six ravissantes figures dessinées par Horace Vernet et 1res finement gravées par F. Janet. Elles servent à illustrer les anecdotes intitulées : la Toilette, la Promenade, l'Équitation, la Marchande de modes, la Danse, l'Ofiïe dune rose.

Sur le titre gravé, une petite vignette représente une élégante à chapeau empanaché se regardant dans un miroir.

En regard du titre se trouve une dédicace également gravée :

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