ALMANACH DES ENFANTS
Premier et deuxième recueils. | Amsterdam et Paris, chez la Veuve Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, au Temple du Goût. 1767-68, 2 vol. In-18.
Recueil de fables et de contes en vers, de nouvelles en prose, et de petites pièces de théâtre. « Le second volume que nous avons eu entre les mains, n dit Quérard, « est composé en g: partie par Villemain d'Abancourt, ce qui nous porte à croire qu'il est l'auteur de cet almanach. »
« On trouve dans le deuxième volume la Mort d'Adam, poème dramatique, imité de l'allemand de Klopstock, en vers, par Villemain d'Abancourt.
« Cet almanach a été reproduit pour l'année
;// [Quérard.]
395. ALMANACH PHILOSOPHI- QUE, en quatre part, suivant la division naturelle de l'espèce humaine en quatre classes, à l'usage de la Nation des Philosophes, du Peuple des sots, du petit nombre des Scavans et du vulgaire des Curieux, par un auteur très-philosophe. Première partie. H A Goa, chez Dominique Férox, Imp. du Grand -Inquisiteur, A l'Auto-da-fé, rue des Foux. Pour l'an de gràceM.DCC.LXVII.Pet. in-12.
Par Jean-Louis Castillon. Pamphlet contre les philosophes, qui, ceci est un comble, fut attribué à Voltaire. Il s'ouvre par une épitre dédicatoire « à Mme Geneviève Sara, à M1'8 Catherine sic l'Etoile, à Messieurs Félix Jéricho, Claude l'Egout, Antoine Gomorrhé etc. .tous descendant de l'illustre Mathieu Laensberg, en son vivant, prophète de la noble Cité de Liège ». Calendrier pour chaque mois, awc, toujours, une appréciation quelconque dirigée contre les philosophes. Ainsi : « Fmois de Mars indiquées ici à la demande des Philosophes. Fêtes du mois d'Avril chantées par les Philosophes. Fêtes du mois de Mai, ob~à la grande... satisfaction des Philosophes, : Une amusante préface s'élève contre les philosophes qui, «entre autres mauvais offices qu'ils onr rendus à la société, ont proscrit les almanachs. Ils ont tant déclamé, contre ces livres excellents, ils les ont si cruellement dénigrés, déchirés, calomniés, que tout le monde s'est soulevé contre eux, en sorte que, au scandale de la raison, aujourd'hui.
un faiseur d'almanachs est regardé ou comme un imposteur ou comme un imbécile. » — Suit un chapitre sur l'antiquité, l'excellence et la nécessité desalmanachs, des notices sur l'origine et l'histoire dechaque mois, puis des dissertations soumises aux philosophes. Qu'il me suffise de citer la suivante : « Quelle est la qualité naturelle qui distingue essentiellement l'espèce humaine, brute ou civilisée, de l'espèce animale ? Tiré des manuscrits de Mlle Levasseur, gouvernante de J.-J. Rousseau, de Genève ».
L'ouvrage, divisé en deux parties, se termine par des observations générales sur ce qui s'est passé de plus intéressant du Ier janvier au Ier juillet 1766. L'auteur, vu le succès étonnant, prodigieux, inconcevable que devait très certainement rencontrer son almanach, prenait « l'engagement de le continuer pendant un siècle seulement, soit jusqu'à fin décembre 1867 ».
Hélas ! les souscriptions qu'il demandait n'abondèrent très certainement point, car je ne connais que l'année 1767.
396. —ÉTAT ACTUEL DE LA MU- SIQUE DU ROI, et des Trois Spectacles de Paris. || A Paris, chez Vente, Libraire, [des Menus-Plaisirs] au bas de la Montagne de Ste-Geneviève [près les R.R. P.P. Carmes]. M.DCC.LXVII. 1767-1778. 12 années. In-12, (de 1767 à 1774), puis in-j6.
Reprise du précédent Etat (voir n° 278), avec un titre composé et gravé par Moreau le jeune, daté 1766 ; colombes se becquetant comme motif de milieu. Le premier volume a une dédicace à Mgr. le duc de Fronsac, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi. Calendrier théâtral indiquant les jours de relâche, avec lignes en blanc pour l'inscription des notes personnelles. Observations sur le costume, histoire abrégée de la musique en France, Etat de la musique du Roi, Académie de Danse, Opéra, Comédie française, Comédie italienne, « alors la plus fréquentée».
— A. 1768. Titre tiré en rouge. L'article sur la Comédie italienne dû au sieur Poinsinet malmène assez vivement les acteurs de ladite Comédie, qui se plaignirent, à ce que raconte Bachaumont, et ce qui donna lieu à un carton.
— A. 1769. Nouvel encadrement pour le titre, également gravé par Moreau le jeune. En outre l'almanachest illustré de quatre gravures allégoriques. La première, servant ici de frontispice, représente, dans un jardin, deux femmes, l'une jouant de la viole devant un clavecin, l'autre, debout à ses côtés, et chantant. Elle est signée C. P. Marillié, inv., C. Baron, sculp. Les trois autres sont placées en guise de titres gravés, devant les articles : Opéra, Comédie française, Comédie italienne. Elles sont
également de Marillier : cependant la dernière ne porte pas de signature.
— A. 1770. Frontispiced'Eisen gravé par Baron : composition allégorique à peu près identique à celle qui figure en tête du poème de Dorât sur la Déclamation théâtrale (1766). Autre composition, d'Eisen également, femme jouant de la harpe, pour l'Osera. Le frontispice de Marillié pour l'année 1769 se trouve placé en tête de La Musique du Roi. Les deux autres figures sont à la même place.
— A. 1773. Au verso du titre, se lit la notice suivante, curieuse à plus d'un titre : « Le magistrat de police a fait faire devant lui par le sieur Mora, Commandant des Pompiers,répreuve d'une Pompe établie dans l'intérieur de la Comédie Italienne pour prévenir tout incendie. On va prendre les mêmes précautions pour les autres Spectacles ».
A signaler également, les notices, assez complètes, sur quelques musiciens de la Cour, et un article nécrologique sur Mm8 Favart.
— A. 1774. Frontispice de Cochin gravé par Masquelier, composition allégorique très chargée, faisant allusion au grand événement de l'année passée,c'est-à-dire à l'arrêt de Louis XV abolissant les privilèges de la corporation des musiciens tant hauts que bas. ■ On y voit l'Ignorance, une viole près d'elle, un rebec à trois cordes à la main, foudroyée par la Justice et écrasée sous des décombres, en compagnie d'un ours et de deux chiens savants, tandis que la Musique, lyre en main, s'élève vers le ciel où elle est accueillie par des anges exécutant un concert sous un soleil à trois fleurs de lys ».
xviiic siècle
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Dans le texte se trouve un article historique assez étendu sur la Ménestrandie.
— A. 1775 (lre du format réduit). Le titre grave est remplacé par un titre imprimé. Les gravures servant d'allégories aux parties du volumeont disparu. Le frontispice, signé Gravelot inv.% C. Baron, sculp., est une scène de la Partie de Chasse de Henri IV, de Collé, représentée pour la première fois au Théâtre Français, en 1774.
— A. 1776. Le frontispice reproduit une scène du Pygmalion de J.-J. Rousseau, joué en 1775 à la Comédie française.
«— A. 1777. En tête de cette année qui reprend le premier titre gravé de Morcau, on lit : « La nouvelle forme donnée à cet Almanach en 1770 a paru plus commode et plus portative, et l'honneur que l'auteur a de le présenter tous les ans à Leurs Majestés et à la Famille Royale est un motif bien puissant pour lui de chercher à rendre son Ouvrage de plus en plus utile et agréable ».
Dans le texte est un intéressant article pour l'histoire des Musiciens de la Cour, extrait de Pierre de l'Etoile.
Le volume a le frontispice d'Eisen pour 1770 et les quatre autres figures des années antérieures.
— A. 1778. La notice de Tannée précédente ne porta pas bonheur à la publication, car elle disparut avec ce volume. Le titre de Moreau est, comme en [768, tiré en rouge, mais les gravures intérieures n'y figurent plus.
Le texte donne, au complet, le personnel du Concert spirituel.
La collection de 1' « Etat Actuel de la Musique » est non seulement difficile à rencontrer, mais la plupart des exemplaires isolés que l'on trouve sont incomplets des titres gravés et des planches au burin. Tel est le cas, par exemple, pour les années faisant partie des collections de la Bibliothèque de l'Arsenal. Coll. complète cat. 200 fr.
[B. N. A. 1777. |j B. Ars. Années diverses. || Coll. Ernest Thoinan. A. 1773, aux armes du duc de Richelieu. || Coll. Arthur Pougin.]
3q7. — LES LOISIRS DE LA RAISON.
Almanach chantant, par M. Gr... || A Paris, chez la veuve Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, au Temple du Goût.(i7Ô7)
Très probablement, un recueil de pièces de Grandval.
[B. Ars.]
3g8. — LE MAGAZIN DES MODERNES.
Almanach curieux, Où l'on trouve autant d'esprit qu'il en faut pour se faire une réputation auprès des femmes. L'an de Grâce 1767. [Épigraphe:] De me supercilio nubem. Horat. Epist. 18. || A La Haye,
chez Propice, Imprimeur; et se trouve à Paris, chez la veuve Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, au Temple du Goût.
17G7 et suite. Jn-24.
Recueil de déclarations de toutes sortes, adaptées, comme le dit l'avertissement, à tous les caractères, pour les savantes, pour les prudes, pour les te: pour les coquettes. On y trouve, en plus, quelques vaudevilles, des couplets galants « que l'on pourra chanter en se grattant le front, pour retirer des gages que l'on aura fourni à dessein dans les jeux de société, et quelques énigme
[Coll. de Bonnechose. |j Le même pour 1768 à M. Weckerlin.] [Catalogué : 7 et 8 fr.]
399. — LE PROVINCIAL. Almanach chantant. || A Paris, chez la veuve Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, au Temple du Goût. (1767) In-24,
Recueil de chansons diverses.
[B. Ars.]
400. — ALMANACH RECRÉATIF ET INGENIEUX.ParM.Turben.il Paris, 1768.
François Turben, auteur de : Les Faveurs du Sommeil, les Songes du Printems, etc., et également fournisseur de couplets pour almanachs.
[D'après la France Littéraire.]
401. — CALENDRIER DE L' ALMA- NACH SOUS-VERRE, avec l'Indication des Articles de la Grande Notice des Associés, pour l'année 1768. || A Paris, chezDemoraine, puis» chez F.G. Deschamps, Libraire, rue Saint-Jacques, aux Associés, en dernier lieu chez Demoraine et Boucquin. M.DCC.LXIX (i768-i83i).
Le calendrier de Y Almanach SotiS'Verre, appelé quelquefois, suivant la mode de l'époque, « calendrier curieux » se distribuait avec une brochure, grand in-4 de quarante colonnes, dite « Notice de l'Almanach Sous-Verre » et qui paraissait : lièrement, les premiers jours de décembre de chaque année.
Qu'était ce calendrier? un simple almanach qui. au lieu d'être collé sur le recto et le verso d'un carton, constituait un fascicule broché en hauteur (24 centimètres en hauteur sur S de large), par colonnes de mois. Mais il avait un titre et donnait. en outre, le répertoire indicatif des articles de la notice.
Et maintenant, pourquoi était-il appelé u Sous Verre » ? Simplement, parce que chaque mois se plaçaient sous glace, ainsi que cela se rencontre encore quelquefois dansles campagnes, ces colonnes
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« calendaires » ayant, de loin, l'aspect de quelque thermomètre. Peut-être aussi, les éditeurs le livraient-ils sous verre, mais ceci est une simple supposition.
Les dix premières années de la « Notice de TAlmanach Sous Verre », déjà épuisées au xvill* siècle, ne se trouvent dans aucun dépôt public; force m'est donc de donner le titre de la réimpression de 1778 :
— Notices [des dix premières années] de ÏAlmanach sous Verre des Associés, rue du Petit- Pont, à Paris, contenant les Découvertes, Inventions, ou Expériences nouvellemment faites dans les Sciences, les Arts, les Métiers, l'Industrie, etc., etc. |] Chez Demoraine, Imprimeur-Libraire. 1778. In-4.
Un avis, en tête, porte ce qui suit : « Ces notices des dix premières années, qui formaient une petite brochure oblongue, se trouvant épuisées, on vient de les réimprimer du même format in-4. Celles de 1778, jusques et compris l'an sixième sont du prix de 24 sols. Elles se vendent ensemble ou séparément, pour la facilité des personnes qui ont les premières et qui désirent compléter la collection. — Il reste encore quelques notices aérostatiques avec fig. Le prix est de 3o sols. »
Cette intéressante publication, due au sieur Deschamps libraire, peut être considérée par son format et par son texte comme une sorte de journal d'industrie et d'annonces. On y trouve, en effet, une quantité de documents précieux et de recettes pratiques, de secrets en matière d'invention, de physique, d'histoire naturelle, de chimie, de médecine, de chirurgie, de pyrotechnie. Les arts libéraux et les lettres y ont également leur place, ainsi que la géographie, l'art militaire, l'économie domestique.
En parcourant les notices de ÏAlmanach sous Verre on rencontre l'origine de la plupart de nos industries. C'est ainsi, par exemple, que l'année 1768 mentionne la « Flatterie Anglaise, c'est-à-dire la vaisselle de cuivre revêtue dans son extérieur d'une lame d'argent de peu d'épaisseur », autrement dit le doublé. En 1782, il est question d'une lampe brûlant de l'air inflammable, c'est-à-dire du gaz inventé par un M. Fûrstemberger, physicien très éclairé de Bâle (sic), etc.
Chaque fascicule avait une table annuelle donnant les noms, qualités et demeures des artistes, des inventeurs, des mécaniciens dont il était question dans les noiices. En plus de cela, il existe une Table alphabétique et analytique de la « Notice historique » depuis l'origine, publiée en i8l3 par J. B. Nougaret. Le nombre total des pages de la publication, de l'origine jusqu'en 1810, est de l3Ô4 (numérotation par colonnes).
h'Almanach sous Verre est-il antérieur à la date ici donnée, ou a-t-il eu un prédécesseur? C'est la question qu'il faut se poser après avoir lu la note suivante du Censeur Hebdomadaire de 175g : « L'Almanach sous Verre est de deux prix différents, 3o sols et 18 sols. Il se trouve à Paris, chez
Doury, imprimeur-Libraire, et chez l'Auteur, au bas de la rue St-Jacques, à l'enseigne des Associés. L'année révolue, on fournira aux mêmes adresses un livret nouveau pour la suivante. » Serait-ce un premier essai qui ne réussit point et fut repris en 1768 ?
[B. Carn. |j Coll. Paul Lacombe. || L'exemplaire de Carnavalet s'arrête à l'An IX : celui de M. Paul Lacombe va de 1 768 à 1810. Les 36 premières années et les suites 44, 48, 49, 5j se sont vendues 35 fr. à la vente Eugène Piot.]