Le nouveau Don-Quichotte, ouïe Preux Chevalier
Pour venger ma belle outragée Armez-vous, sensibles mortels.
Texte entièrement gravé avec « Nécesaire des dames et des messieurs. »
[De i5o à 200 fr. suivant l'état et la reliure.] [Coll. de Savigny.]
880. — LE PETIT ALMANACH DE NOS GRANDS-HOMMES. 1788. [Épigraphe :] Dis Ignotis. |] S. I. ni ind. (Paris.)
Titre gravé, ayant comme ornements un autel, un encensoir, des couronnes de laurier. Dédicace satirique à M. de Cailhava de L'Estandoux (1), président du grand Musée de Paris. « Si l'Almanach Royal», disent les auteurs,Rivarol et Champcenetz, « seul livre où la vérité se trouve, donne la plus haute idée des ressources d'un Etat qui peut supporter tant de charges, croit-on que notre Almanach puisse être indifférent à votre gloire et à celle de la Nation, quand on y prouve qu'un Président de Musée peut prélever plus de cent mille Vers par an sur la Jeunesse Françoise, et marcher dans la Capitale à la tête de cinq ou six cents Poètes? » — Avec calendrier.
Qu'ils l'aient voulu ou non, Rivarol et Champcenetz ont bien réellement « élevé un monument à l'honneur de tous les Ecrivains inconnus » — quoi que nombre de connus figurent, toutefois, dans leur amusant dictionnaire — c'est-à-dire de ceux qui ne sont jamais sortis des petits recueils. La fin de la préface, — chef-d'œuvre de fine ironie, — porte: «Cet Almanach paroitra chaque année, et afin que la Nation puisse juger de notre exactitude, le Rédacteur, armé d'un microscope, parcourra les recueils les moins connus, les musées les plus cachés et les sociétés les plus obscures de Paris. Nous nousflattons que rien ne lui échappera. On invite tout Homme qui aura laissé tomber son nom au bas du moindre couplet, soit dans les journaux de Paris, soit dans les affiches de Province, à nous envoyer des renseignemens certains sur sa personne ; nous
recevrons tout avec reconnaissance, et, selon notre plan, les articles les plus longs seront consacrés à ceux qui auront le plus écrit. Un compliment, un placet, un mot, seront de grands titres à nos yeux.
« Les gens de Lettres qui auront été oubliés pourront se faire inscrire à notre petit Bureau qui sera ouvert, à toute heure, au Palais-Royal. On n'exigera qu'un sou par tête, afin qu'on ne nous accuse pas d'avoir estimé les objets au-dessus de leur valeur. »
Nombre de gens de lettres malmenés dans le Petit Almanach par Rivarol et Champcenets devaient réellement compter quelque jour, si ce n'est parmi les grands hommes du xvin* siècle, tout au moins parmi les écrivains marquants. Et il ne faudrait point accuser les auteurs d'avoir, en s'exprimant ainsi sur leur compte, manqué de flair. C'est volontairement, sachant leur valeur, que leur ironie les poursuivait. Signalons, entre tous, Baculard d'Arnaud, Berquin, M. Chénier, La Clos, Fabre d'Eglantine, Gingucné, Legouvé, Legrand d'Aussi, Philipon de la Madelaine, Vigée, Mercier, Rétif de La Bretonne.
Mais, par contre, que d'illustres nullités spirituellement raillées! Voici un M. Pruneau qui a fait une pièce aux Français, puis s'est tenu coi. «Il a juré », disent les auteurs de l'almanach, « qu'il ne ferait une seconde pièce que lorsqu'on aurait oublié la première. » Voici un M. Lalleman, poète erotique et anacréontique, « dont les œuvres sont très rares » ; un M. Langon dont les couplets et les impromptus ont une grâce si particulière « qu'il faudrait faire une poétique exprès pour bien les analyser d ; un M. Sainte resté inconnu malgré argent, travaux, menaces même, les journalistes ayant déclaré qu'ils n'étaient pas délateurs ; un M. de Pilhes, laborieux commerçant de poésie ; un M. Perreau, dont les « œuvres sont déposées aux Français » ; un M. Gaigne qui « a fait une chanson à lui seul. »
Le Petit Almanach de nos Grands Hommes a droit à toute une bibliographie spéciale. La première édition — celle avec le titre gravé — est suivie d'un supplément, avec l'épigraphe « Plus on en loue et plus il s'en présente », et d'un errata (en tout 236 pages). La même année, parut une édition avec titre imprimé ayant, en tête, un « Avis sur cette nouvelle édition, ou Lettre d'adieu à nos amis et lecteurs », et répondant déjà aux nombreux pamphlets suscités pa' le Petit Almanach. a pierre à aiguiser, qui ne coupe pas. mais qui fait couper ».
D'autre part, voici les titres des différents opuscules qu'il fit naître et dont plusieurs sont, également, de Rivarol :
— 1. Supplément delà nouvelle édition du Petit Almanach de nos Grands Hommes, Considérablement augmenté de l'Arche de Noé et de plusieurs Pièces fugitives ; Adressées aux estimables Rédacteurs du Petit Almanach. || A Liège, chez Bollen. Libraire 1788. = Même avis, même épitre que la 2" édition du P^tit Almanach. Biographies nouvelles
XVIIIe SIÈCLE
également satiriques. Pamphlet rédigé par P. L. Manuel et se terminant par le quatrain suivant : « Vers adressés à la brocheuse du Petit Almanach des Grands Hommes, fille d'un Relieur » :
Vous avez beaucoup de fraîcheur, La gorge belle et la peau blanche ; Mais votre sourcil, par malheur, Annonce un C... doré sur tranche.
— IL Sur le Petit Almanach de nos Grands- Hommes. A mon cousin L. O. N. C. H. A. M. P, dit Comte de R. I. V. A. R. O. L, et audit sieur Marquis de C. H. A. M. P. C. E. N. E. T. Z, son ami.
— III. Dialogue au sujet du Petit Almanach de Nos Grands-Hommes, par M M. Briquet et Braquet.
— IV. Recueil d'Epigrammes;Chansons et Pièces Fugitives contre lAuteur ou les Auteurs du Petit Almanach de nos Grands Hommes (1788). — Série de pièces mordantes et fort spirituelles.
— V. Lettred'une Muséenne à M. Manuel, auteur du Supplément au Petit Almanach des Grands Hommes, adressé à M M. de Rivarol et de Champcenetz.
— VI. La Confession du comte Grifolin. Facétie en dialogue. Par M. de Maribarou. 1788.
— VIL Dialogue du Public et de TAnonyme. Par M. J. de Chénier.
Ajoutons enfin que Le Petit Almanach de nos Grands Hommes a été réimprimé en 1808. (Paris, Léopold Collin, in-8), avec tous les suppléments et autres pièces de Rivarol formant le tome V des Œuvres du célèbre écrivain.
[Edit. orig. avec les pamphlets, cat. de 7 à 9 fr.] [B. Carn. Coll. de l'auteur.]
881. — LE TROTTOIR DU PERMESSE ou le Rimeur Fantastique. || A Paris, chez Jubert, Doreur, rue St. -Jacques, la Porte cochère, vis-à-vis les Mathurins (1788).
In-24.
Titre gravé et 12 ravissantes figures par Dorgez entièrement dans la note de Binet, c'est-à-dire avec les figures en lame de couteau et les petits pieds. Voici, d'autre part, les titres des chansons et les vers servant de légendes aux compositions :