Le Conseil facile à suivre. — 9. Les Folies
Auprès de l'Enfant de Cythère Qui cependant n'est qu'un marmot.
Quand fille est dans l'âge de plaire En vain combat-on son penchant, Nature a parlé la première, Et l'Amour est son élément.
A deux Amans tout sert d'asile Pourvu que le mystère y soit.
Assez souvent d'un pas agile On les voit grimper sur le toit ; Une autre fois c'est dans la cave Qu'ils vont rafraîchir leur ardeur ; En un mot, il n'est point d'entrave Dont l'amour ne soit le vainqueur.
Orgon cherche partout sa Fille ; De la Cave il monte au Grenier ; A l'appeler il s'égosille ; Rien ne répond à THôtellier :
Il fait courir dans le Village, Aux environs... On n'a rien vu.
Il cherche encore... Il fait tapage, Rien n'éclaircit son cœur ému.
XVIIIe SIÈCLE
& Vouaye interrompit
Figure de Dorgez.
Quel est celui qui s'imagine Que, parmi ce trouble effrayant, Dans l'enceinte d'une Berline Lise étoit avec son Amant ?
Tous deux voyageoient à Cythère, Orgon les surprit en effet ; Mais de quoi servit sa colère ?
Le voyage alors était fait.
Cet almanach est suivi du « Nécessaire des Dames. »
Calendrier imprimé pour 1790.
[De 100 à i5o fr., suivant l'état et la reliure.] [Coll. de Savigny.]
979. - ÉTRENNES A LA VÉRITÉ, ou Almanach des Aristocrates, orné de deux gravures en taille-douce et allégoriques. Pour la présente année, Seconde de la Liberté, 1790. [Épigraphe de Cicéron,en latin et en français :] Leurs noms et leurs forfaits gravés sur l'airain, seront en horreur à la postérité. || A Spa, chez Clairvoyant, imprimeur- libraire de Leurs Altesses Royales et Séréntssimes, Nosseigneurs les princes fugitifs, à l'Enseigne de la Lanterne. In-8.
Pamphlet des plus violents, dont les détails sont forts libres, contre le roi, la reine, la noblesse, la magistrature, la finance et le clergé, avec de» notes sur tous les représentants de la Commune. Les
deux gravures annoncées sur le titre et qui ne figurent pas dans tous les exemplaires sont deux compositions allégoriques. La première servant de frontispice a, en haut, un médaillon entouré de fleurs, ornements et attributs, retombant sur les côtés. Dans le médaillon on lit : Dédié à toutes les Nations, amies de la Vérité et de la Liberté. Au bas, un bonnet phrygien planté sur une pique, dominant casques, drapeaux, canons et boulets, avec cette légende, sous forme de palette : Je me ris des despotes. Cette gravure est, très certainement, un ancien cuivre. La deuxième représente une hydre dont les quatre têtes personnifient la noblesse, le clergé, la finance, la magistrature. Sur la gauche, un réverbère, avec l'inscription: Vengeur de la Patrie. Légende: Les fripons craignent les réverbères.
Cet almanach annonce en son calendrier aristocratique les prochaines éclipses de tous les droits féodaux et publics, les noms de ceux qu'il faut supprimer. Ses prédictions sont riches en pendaisons et en mises à la lanterne.
Renseignements amusants sur les foires principales de Paris; «mise en vente de toutes les antiquailleries de l'ancien régime, des Croix de Saint- Louis, du Saint-Esprit, de Malte, de croix pectorales, de cuisses, de jambes, de bras, de cœurs, et même, des prépuces des saints. »
Les Etrennes à la Vérité eurent le sort de YAlmanach des Honnêtes Gens de Sylvain Maréchal. Par arrêt du 2 janvier 1790 elles furent brûlées au pied du grand escalier de la Cour du Parlement de Rouen. (Voir la pièce : Arrêt qui condamne un imprimé ayant pour titre Etrennes à la Vérité.)
[Cat. de 10 à i5 fr. || Vente de La Bassetière, ex. cart. non rogné, 16 fr.]
[B. N. -Le 22, 18.]
980. — ÉTRENNES AUX AMATEURS DE VÉNUS. H A Paphos (Paris), 1790. Pet. in-12.
Almanach également obscène, composé de chansons. Titre gravé, frontispice et 12 gravures libres, non signées.
Quelques exemplaires portent : « A Paphos ou Cythère. »
[Cat. par Cohen de 5o à 60 fr. [| Ex. rel. veau, cat. Morgand : 120.]
981. — ÉTRENNES A UN FOUTEURS DÉMOCRATES, ARISTOCRATES, IM- PARTIAUX, OU LE CALENDRIER DES TROIS SEXES. Almanach lyrique, orné de figures analogues au sujet. |jSodome et Cythère, (A Paris), et se trouvant plus qu'ailleurs dans la poche de ceux qui le condamnent. 1790. Pet. in-12.
Avec 9 figures libres, non signées. AlmMiach
obscène dirigé contre plusieurs personnages de l'époque et, tout particulièrement, contre Marie- Antoinette.
Réimprimé et publié à nouveau en 1792 et
[ Cat. par Cohen 5o à 60 fr. || Vente de La Bassetière, 1892, ex. veau fauve, 25 fr. ]
[Coll. Bégis.]
982. — ETRENNES AUX GRISETTES, pour 1790, [Epigraphe :] Raisonnable ou non, tout s'en mêle, [faux-titre — le titre suit à la première page du texte] : Requête présentée à M. Sylvain Bailly, Maire de Paris, par Florentine De Launay, contre les Marchandes de Modes, Couturières, Lingères et autres Grisettes, commerçantes sur le pavé de Paris. || 5. /. (A Paris). Petit in-8.
Curieuse et rarissime facétie ornée d'une figure gravée représentant un âne conduit par un individu cornu ; une femme est sur l'âne, tournée du côté de la queue, et tenant cette dernière en guise de bride.
C'était, on le sait, la punition infligée penda.it le moyen âge aux maquerelles et femmes de mauvaise vie, lesquelles, en ce singulier « chevauchement », devaient faire le tour de la ville.
Florentine De Launay, ici nommée, était la cessionnaire de Rose Gourdan, propriétaire du célèbre « Grand Balcon », sis rue Croix des Petits Champs St-Honoré. Le but de la « Requête » est de protester contre les marchandes de modes, couturières, lingères et autres grisettes qui, en faisant le commerce permis aux seules filles de joie, portent préjudice à ces dernières et violent les règlements de police.
Suit la liste, noms et demeure, des grisettes pour lesquelles on réclame l'inscription sur le registre des filles de joye. Si les marchandes de modes y dominent, l'auteur cependant ne craint pas d'y inscrire des chanteuses et des actrices (Beaumesnil, les sœurs Colombe et Pitrot des Italiens, les Contât, la Dorival, Desgarcins, la Fleury, la Joly, Raucour, des Français, etc..) Et, à la suite de chaque nom, on peut lire : « entretenue par X..., entretenue par Z... »
M. Paul Lacombe en sa Bibliographie Parisienne (voir n° 324), indique deux éditions originales se distinguant l'une de l'autre par les caractères différents employés pour les mots : Requête et Launay, sur le titre. Ce nom serait même sur l'un des 2 tirages orthographié : De Launay. Une réimpression textuelle de l'édition originale, avec fac-similé de la gravure, a été faite en 1872 à Neuchâtel, par Gay, et tirée à 100 exemplaires pour la Société des Bibliophiles Cosmopolites. Mais, antérieurement
déjà, une réimpression avait eu lieu en i835 sous le titre de Almanach des Grisettes.
[Exempl. relié par Cape, cat. Morgand, 100 fr. [ j Vente de La Bassetière, 1892, 6 fr.
[Edition originale : 18 à 25 fr. — Réimpression : 7 à 10 fr.]
983. - ETRENNES AUX PARISIENS PATRIOTES, ou Almanach Militaire National de Paris, Contenant les noms, demeures et décoration patriotique, de MM. les Officiers, bas - Officiers, Soldats, etc., formant le corps de l'Armée Parisienne. Précédé d'un Précis sur sa composition et organisation, avec un résultat général de ses forces. Rédigé sous l'autorisation de M. le Marquis de La Fayette, et dédié à ce Général. Par MM. Bretelle et Alletz, Soldats Citoyens. Prix 48 s. broché. [Epigraphe :] Ignorant ne datos ne quisquam, serviat enses ? Médaille Patriotique. || A Paris, chez Gueffier Jeune, Libraire, quai des Augustins, n° 17. 1790. In-12.
Ce volume qui a pour frontispice un portrait de Lafayette en profil, dans un médaillon signé Lefebvre fecit, contient .les noms de plus de 3o,ooo volontaires parisiens.
C'est, à proprement parler, le Bottin de la Garde Nationale.
(Vente Faucheux, n°452).
984. — LES ETRENNES DU JOUR DE L'AN OU LE CADEAU SANS PRÉTEN- TION, [j A Paris, chez Le Vachez, marchand de Tableaux et d'Estampes, sous les colonnades du Palais-Royal, n° 258
Très curieux almanach, un des deux seuls publiés, je crois, par Le Vachez, connu comme éditeur d'estampes et non comme libraire. Titre gravé (une table sur laquelle sont des jouets : poupée, cheval de bois, chapeau à plumes, manchon, images, etc.) et 12 illustrations, véritables estampes tirées en couleurs dans le genre des Debucourt et réductions de sujets alors à la mode.
I, Janvier : Le premier jour de l'An. D'après l'estampe de Debucourt, Les Compliments du jour de VAn. — 2. Février : Les Cadeaux (réduction du Bouquet inattendu de M1'9 Gérard). — 3. Mars : L'arrivée du petit frère ou l'amour fraternel, d'après Greuze. — 4. Avril : Eloge de la Campagne, d'après la gravure anglaise The rural Amusement.
XVIIIe SIECLE
— 5. Mai : La leçon du vieillard, d'après la gravure anglaise The Moralist, par Smith. — 6. Juin: La Jardinière, également d'après une gravure anglaise de Morland. — 7. Juillet : La Petite Poste de l'Amour ou le Départ, d'après l'estampe bien connue de Boucher.— 8. Août : La Fête de la Grand-maman, d'après Debucourt. — 9. Septembre : L'Amant, réduction d'une gravure anglaise de Williams. — 10. Octobre : La petite Poste de l'Amour ou l'Arrivé (sic), également d'après l'estampe de Boucher (pendant du n° 7). — il. Novembre : Le Mari, réduction d'une gravure anglaise de Williams. — 12. Décembre: L'Amour Hermite, d'après l'Hermite de Greuze.
Le texte entièrement gravé ainsi que le calendrier, divisé en 2 parties, se compose de chansons.
[Vente de la Béraudière, ex. relié satin blanc avec broderies, 122 fr. |! Cat. 400 fr. en 1890.]
[Coll. de Savigny.]
985. — ÉTRENNES NATIONALES, dédiées à la Liberté françoise, ornées de huit portraits de MM. les Députés à l'Assemblée Nationale, et de sept gravures représentant les principaux événements arrivés depuis l'ouverture des Etats-Généraux jusqu'au mois de Décembre, avec leur explication ; Contenant les noms, qualités et demeures de MM. les Députés par ordre alphabétique de Baillages et Sénéchaussées. || A Paris, Le Mercier, rue des Cannettes, à côté de la rue Guisarde, et chez les Marchands de Nouveautés.
Année 1790. In-12.
Titre gravé signé : Sandoz invenit. Frontispice allégorique: Minerve appuyée contre un piédestal où sont les bustes du Roi et de M. Necker, foule aux pieds l'hydre de l'aristocratie, en dirigeant sur elle une lance ornée du bonnet phrygien.
Les huit portraits sont ceux de La Fayette, Bailly, Pétion, Le Chapellier, Mirabeau, l'abbé Dillon, l'abbé Grégoire, Buzot. Ils sont exécutés à l'aquatinte, en bistre, dans un médaillon rond, avec cadre enguirlandé reposant sur une tablette dont la partie blanche est occupée par les noms.
Les six gravures, — le frontispice constituant la septième, — représentent: 1. La Procession à l'ouverture des États-Généraux. — 2. Le Serment du Jeu de Paume. — 3. La Charge du Prince de Lambesc. — 4. La Prise de la Bastille. — 5. L'Offrande des bijoux faite par les dames artistes, à l'Assemblée Nationale, le 7 septembre 1789. — L'Arrivée du Roi à Paris, le 6 octobre 1789. Toutes ces planches sont gravées au burin, en travers, par Duplessi-Bertaux et accompagnées de longues explications historiques.
Cet almanach qui ne paraît pas avoir eu de calendrier, contient la liste complète, par ordre alphabétique de bailliages et sénéchaussées, des Députés à l'Assemblée Nationale. Il ne doit pas être confondu avec les « Etrennes nationales, » suite du Trésor des Altnanachs, publication annuelle depuis 1779.
[Cat. par Cohen, de 3o à 40 fr.] [Coll. baron Pichon.]
986. — GALATHÉE, PASTORALE. A VOUS QUE J'AIME. || A Paris, chez Boulanger (1), rue du Petit-Pont, à l'Image de Notre-Dame. 1790. In-32.
Ravissant titre dessiné et gravé par Queverdo, avec 12 figures non signées, mais également du même artiste. Suite de romances dans la note pastorale de Florian : couplets entie Elicio, berger des rives du Tage, Tircis, autre berger galant, la charmante Philis, un ermite et autres personnages de circonstance. Les figures se rapportent au récit.
Au verso du titre se trouvent des « remarques pour la présente année 1790 ».
L'almanach entièrement gravé, contient également la musique de plusieurs romances et un cahier de pertes et gains. Il est entouré d'un calendrier se dépliant.
[Cat. Alisié, ex. mar. bl. av. orn., reliure ancienne, 175 fr.]