LA LANTERNE MAGIQUE OU FLÉAUX {sic) DES ARISTOCRATES
Étrennes d’un patriote dédiées aux Français libres. Ouvrage dans lequel on verra tout ce qui s’est passé de plus remarquable depuis l’Assemblée des Notables jusques à présent. Orné d’estampes et de couplets analogues.||A Berne, (Paris) 1790. In-32.
A la fin de cette rarissime plaquette on lit : « Se vend chez Madame Dubois, Libraire, boulevard du Temple. »
Avec 1 2 estampes gentiment gravées, chacune étant suivie d’une notice et d’une chanson. En voici les sujets: 1. La déesse de la Vérité levant le rideau qui couvre la lanterne. — 2. Les aristocrates appliquant un bandeau sur les yeux de Louis XVI et la Polignac mettant la main sur ceux de la Reine. — 3. Le Char de la prodigalité conduit par une
(1) J'ai eu sous les yeux un exemplaire avec l’indication: o chez Blanmayeur » lequel fut, on le sait, le successeur de Boulanger.
; femme qui sème l’or autour d’elle. — 4. Aristo- : crates forgeant sur une enclume des fers pour la : Nation. — 5. Le Roi rendant à Necker son porte- | feuille. ■ — 6. Aristocrates aiguisant des poignards : et broyant des poisons. — 7. Les arcades du café ; de Foy (la scène historique de Camille Desmoui lins, au Palais-Royal). — 8. Aristocrate arrêté | dans sa fuite par le peuple armé. — 9. Le génie | bienfaisant arrachant à Louis XVI le bandeau : qui couvrait ses yeux. — 10. Louis XVI remettant j à M. de Liencourt 6,000 livres pour la veuve du ; boulanger François. — 11. Le Génie de la Liberté terrassant l'hydre de l’aristocratie. — 12. La Constitution placée sur un piédestal élevé et tenant ; les balances de l’Egalité.
Comme les gravures, le texte s’efforce de démon- : trer que le roi et la reine ne voient pas les dépré- ; dations de leurs courtisans et qu’il est du devoir ! des citoyens de les leur signaler.
Ces gravures existent en trois états : 1° avec la tablette blanche ; 2» avec la tablette couverte de traits au burin ; 3° avec la lettre.
[Cat., en bel état, de 5o à 60 fr. ||Ventede la Bassetière, 1 déc. 1892, ex. mar. ch. violet, 3o fr.] [Coll. Victorien Sardou ||Coll. de Bonnechose.]
988. — LE NOSTRADAMUS MO- DERNE, Almanach national et patriotique, Avec des changemens notables dans le Calendrier, et des Prédictions pour chaque mois ; Enrichi d’anecdotes et de traits remarquables, etc. Pour la présente année 1790. [Épigraphe :J Ecce apum stimulus et mel. || A Liège, et se trouve à Paris. In-18.
Cet almanach, avec une couverture aux trois couleurs, peut être considéré comme une imitation de l'Almanach des Honnêtes Gens. Il donne, en effet, les mois de l’année d’après la réforme préconisée par Sylvain Maréchal, c’est-à-dire que chaque mois porte le nom d’un personnage illustre : Voltaire pour Janvier, Montesquieu pour Février, Turenne pour Mars, J. -J. Rousseau pour Avril, Jeanne d’ Arc pour Mai, Corneille pour Juin, Louis XVI pour Juillet, Henri IV pour Août, Bernardin de Saint- Pierre pour Septembre, Bayard pour Octobre, Fénelon pour Novembre, Sully pour Décembre. D’autre part, le Bélier se transforme en Vicomte de Mirabeau, le Taureau en Foucault l’Ardim, les Gémeaux en Lally et Mounier, L’Écrevisse en Malouet, le Lion en comte de Mirabeau, la Vierge en cardinal de Rohan, la Balance en Boisgelin, le Scorpion en d’Esprémesnil, le Sagittaire en Gouy dArcy, le Capricorne en De Virieu, le Verseau en Duc d Orléans, les Poissons en Marquis et Baron de Juigné. Il en est de même des planètes: Saturne se transforme en Meaupeou, Jupiter en Broglie, Mercure
La déesse de la Vérité levant le rideau qui couvre la lanterne d’où vont sortir les tableaux. — Frontispice de La Lanterne Magique).
Les arcades du café de Foy. — Figure de l’almanach La Lanterne Magique.
XVIIIe SIÈCLE
Titre et Compositions de Queverdo pour l’almanach « Le Prix du a l'Amour. » [D'après un exemplaire appartenant 'a M. Paul Eudel.]
La double Joniasaxice
en Vermont, Vénus en Agnès B"*, Mars en Lambesc, La Lune en d’Entraigues, Herchell en Luxembourg. Seul le Soleil, pleurant la mort du grand Roi, n'est représenté par personne.
A chaque nom de saint on a substitué un nom de député. C’est ainsi qu’au nom de Guillotin on lit : « Ce brave docteur ne suit point du tout la route ordinaire. Il a inventé une machine ingénieuse pour ôter promptement la vie aux criminels. » A la fin d'un préambule rédigé dans un esprit quelque peu satirique, se trouve l'avis suivant : « Le Nostradamus Moderne paroîtra régulièrement chaque année, vers la midécembre. Il parviendra franc de port dans toutes les villes du monde et l'on recevra les souscriptions chez tous les Libraires de l’Europe. On aura soin d'en faire tirer 1200 exemplaires, en papier fin, pour MM. les Députés. »
[Voir, plus loin, n° 1027, un autre « Nostradamus. »]
[B. N.] [Cat. de 8 à 10 fr.]