‹ Les Alpes françaisesChapitre 10 sur 89 · INCIPALC^S DIVISIONS DES AI.PES · texte numérisé non relu

INCIPALC^S DIVISIONS DES AI.PES

s ET LA NATURE DE LEURS ROCHES

Allemagne Autriche

Alpes Orientales ou Autrichiennes,

ENE

Li et du Vorarlberg. A. du Tyrol allemand. A. de Salzbourg. A. Autrichiennes.

tires €t tertiaires. T. second, et tertiaires. T, second, et tert. Sel. T. second, et tert, S

Rhétiques.

''es et secondaires.

A. de Salzbourg. A. des Trois Seigneurs. A. Sfyrlennes. ^ Schistes et sel gemme. R. silicatées, R. silic. t. sec. tert. ;fer.

•es Grisons.

second, et tertiaires.

:rgamasques.

'es et secondaires.

A. du Tyrol italien.

Dolctnieet porphyre.

A. Cadoriques.

R. second,, fcr/hjre, basalte.

A. Noriques.

R. silicatées; t. paléo.

A. Carniques.

R. silicatées; t. paléo,

et tertiaires.

lie

DE LA LOMBARDIE PLAINES DE LA VÉnÉTIE ET DU FRIOUL

u Pô.

ONTS APENNINS

erranée

dbyGoogk

30 CONSIDERATIONS GENERALES SVk LA CHAÎNÉ ÛES ALPES

déterminée, le flysch, qu'on a rapportée au tertiaire inférieur, mais dont la composition physique révèle l'influence de grands mouvements orogéniques, enveloppe extérieurement et d'une manière aussi régulière que symétrique, tout le système central, en se combinant avec des terrains tertiaires moyens ou miocènes. Ces deux dernières zones extérieures sont naturellement d'un âge plus récent que les Préalpes. Elles ont participé aux derniers soulèvements des Alpes et elles émergent des couches pliocènes et des alluvions qui sont restées en place sans être dérangées violemment et qui n'ont subi que des soulèvements lents et généraux.

Si, à l'étude de la carte de M. le D'Noê, on, joint celle de la carte géologique de la Suisse au ioo.ooo% et de la carte géologique de la France aU 1.000.000% dressée sous la direction de MM. Jacquot et Michel Lévy, on voit rapidement que, malgré certaines irrégularités, les formations géologiques conservent constamment les mêmes allures sensiblement symétriques, jusque vers les bords de la Méditerranée. Ainsi, à Fouest, la grande chaîne se dédouble en deux chaînes, celle de Belledonne et du Pelvoux et celle du mont Blanc ou chaîne de partage des eaux, mais chaque chaîne se compose toujours de gneiss, de schistes silicates, de granité et 'de protogine, disposés de manière analogue et flanqués de chaque côté d'une zone calcaire. Seulement, il faut ajouter que, pour la chaîne frontière, la zone calcaire, devenue interné et concave après sa flexion en demi-cercle, à l'ouest du lac Majeur, semble s'être effondrée au pied

GROUPEMENT DES FORMATIONS GEOLOGiaUES DES ALPES 31

de la grande muraille de gneiss qui se dresse en amphithéâtre autour du bassin supérieur du Pô. Plus loin, au sud-est, on en voit reparaître des lambeaux sur le flanc nord des Alpes Maritimes et vers les Apennins. Malgré l'irrégularité de cette disposition et l'importance de ces accidents, il n'y a là que des faits orographiques locaux qui ne peuvent détruire la symétrie avec laquelle sont disposés les éléments constitutifs du massif des Alpes et qui ne peuvent voiler l'unité de la chaîne tout entière.

Elie de Beaumont et Dufrénoy, en écrivant la Description de la carte géologique de la France, ont démontré si clairement les rapports intimes qui unissent toujours la composition du sol d'une contrée et ses formes orographiques avec l'agriculture, l'industrie, les arts, le degré de civilisation, les mœurs de la population qui l'habite, et de plus les formations géologiques des Alpes sont groupées si régulièrement que nous pensons que, en suivant la méthode du D"" Bôhm, il serait possible d'arriver à un classement naturel des différentes régions alpestres.

D'ailleurs, pour les Alpes comme pour nos anciennes provinces françaises, les divisions territoriales consacrées par l'usage n'ont presque rien d'arbitraire, comme les divisions simplement administratives de nos départements le présentent si souvent. Elles se rattachent ordinairement à des conditions particulières du sol et du climat qui imposent à certaines contrées un caractère qui leur est propre. Dans une chaîne peu compliquée et régulière, comme, par exemple, les Alpes Occidentales,

les divisions naturelles, ainsi que nous venons de le dire, sont limitées par les massifs les plus puissants, et les cimes les plus élevées leur servent de jalons.

Ne pouvant même pas donner une carte tant soit peu détaillée des Alpes, nous devons nous borner à dresser le schéma précédent, dans lequel nous avons cherché à disposer méthodiquement les noms des principales divisions des Alpes, en leur conservant grossièrement leurs situations relatives. A ces noms qui se rapportent à l'histoire ou à la géographie, nous avons ajouté un renseignement sur la composition géologique du sol. Nous avons indiqué approximativement les pays limitrophes. (Voir le tableau, p. 28-29).

Des difficultés techniques, à notre grand regret, nous ont empêché de tracer cette esquisse avec plus d'exactitude.

Simplement pour se rendre compte des formes et des allures orographiques, si l'on jette un coup d'oeil sur une carte de la Savoie, de la Suisse, du Tyrol ou de toute autre contrée limitée des Alpes, on est d'abord étonné de la confusion qui semble régner au milieu de ce chaos de montagnes et de vallées qui s'entre-croisent ou se mêlent de la manière la plus imprévue. Du sommet d'une haute montagne cette confusion semblerait encore plus complète ; on n'apercevrait que des pics, des aiguilles, des sommets, en nombre infini, dont on ne pourrait saisir les systèmes de groupement. La vue des détails masquerait celle de l'ensemble. Mais, dès qu'on étudie la chaîne dans toute son étendue, comme nous venons

GROUPEMENT DES FORMATIONS GEOLOGIQyES DES ALPES })

de le faire avec la carte géologique du D"" F. Noé, pour comprendre comment les roches et les terrains sont disposés dans le massif alpin, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'une certaine régularité existe au milieu de ce désordre plus apparent que réel ; chaque forme orographique est le résultat d'un fait qui n'est lui-même que la conséquence d'une loi. Ainsi, il est facile de voir que, depuis le lac de Genève jusqu'à Vienne et les plateaux de la Hongrie, les Alpes ne se composent que d'une série d'ondulations, de plissements, de synclinaux et d'anticlinaux, généralement parallèles à la direction moyenne de la chaîne, mais les voûtes ont été rompues, faillées, et les arêtes, aux bords des fractures, sont déchiquetées et minées de mille façons depuis des séries de siècles. Aux actions mécaniques primordiales, il faut ajouter la puissante influence des agents atmosphériques qui ont modifié les contours de ces lambeaux, les ont corrodés, les ont dénudés. Ainsi s'expliquent cet aspect délabré que nous avons déjà signalé et ces anomalies qui voilent de prime abord la régularité des formes orographiques, si bien conservée dans les chaînons parallèles du Jura.

Quoi qu'il en soit de ces accidents, de cette incohérence apparente, on peut facilement admettre avec M. Marcel Bertrand * que les grands plissements de la chaîne des Alpes ont été produits par le refoulement d'une portion d'un fuseau de l'écorce terrestre, écrasée

* Marcel Bertrand, Bull. Soc, géol.,t.XVf p. 697, 1887. Falsam, Les Alpes Françaises. 3

entre l'Afrique et l'Europe septentrionale. L'effort se serait produit au sud et serait venu se perdre contre le massif de la Forêt-Noire, de la Bohême et sous les plaines de la Bavière et de l'Autriche. Cette uniformité d'allure, cet alignement des vallées principales, formées par les grands plissements qui se maintiehnent assez régulièrement sur toute la longueur des Alpes Orientales et Centrales, font parfaitement saisir l'unité delà chaîne. Cette unité n'est pas même détruite, pour les Alpes Françaises, par leur brusque inflexion au sud, ainsi que nous l'expliquerons plus loin. C'est en raison de ces faits que le cours du Rhône en Valais, celui du Rhin inférieur ou occidental qui suit la même direction, ceux de VAdda en Valteline, de VInn supérieur^ de la Sal^a, de YEnns en Styrie, de la Muhr, de la Drave, ont été, dès leur origine et sur une partie de leur développement, forcés de suivre une direction unique O.-S.-O. — E.-N.-E., parallèle à la direction moyenne des plissements alpins. La Muhr, la Drave, la Save se détournent ensuite vers le sud-est, en suivant l'orientation nouvelle du grand rameau des Alpes Dinariques.

Mais, comme le Jura qui lui ressemble sous tant de rapports, la chaîne des Alpes a été brisée, de distance en distance, par des mouvements de torsion, par des cassures transversales, de véritables cluses, et les rivières alpines ont profité de ces accidents orographiques, de ces échancrures, pour s'échapper de ces plissements réguliers, en faisant un brusque détour, soit au nord, soit au sud, et pour ainsi dire perpendiculairement à Ten-

Page 1