‹ Les Alpes françaisesChapitre 11 sur 89 · UNITÉ DE LA CHAINE. OROGRAPHIE. HYDROGRAPHIE · texte numérisé non relu

UNITÉ DE LA CHAINE. OROGRAPHIE. HYDROGRAPHIE

semble de la chaîne. Citons simplement pour exemples le coude du Rhône àMartigny; celui du Rhin, de Coireau lac de Constance; le détour de YAdda qui délaisse la Valteline pour fuir vers le Pô par la cluse du lac de Corne ; enfin celui de Vlnn, de la Sal^a qui après avoir coulé de rO.-S.-O. — E.-N.-E, franchissent les Alpes bavaroises et autrichiennes au travers d'une fracture et vont arroser les plaines qui s'étendent au nord des Alpes. Cette disposition hydrographique est assez générale pour être caractéristique. Pour en finir avec ce genre de considérations, nous ajouterons qu'en laissant de côté le Rhône et le Rhin on voit que tous ces cours d'eau, une fois échappés des cassures transversales N.-S., se laissent entraîner à Test par la pente des bassins du Danube et du Pô dont ils sont tributaires. Il en est de même du Tessin, de VOglio, de VAdige, etc. Le Rhône et le Rhin se déversent, le premier dans la Méditerranée, le second dans la mer du Nord, en fuyant le massif du Saint-Gothard qui est le point central de dispersion des fleuves de l'Europe. Parfois les cluses transversales atteignent, près de leurs débouchés, une grande profondeur et servent alors de lits à des rivières qui s'épanouissent en lacs superbes, tels le Tessin et le lac Majeur; l'Adda et le lac de Côme ; l'Oglio et le lacdlseo; le Mincio et le lac de Garde, Les grands lacs, enfermés dans les immenses et pittoresques parois qui les sertissent comme des diamants, brillent parmi les plus belles parures des Alpes.

Le massif du Saint-Gothard forme une protubérance de

3000 mètres environ, allongée de Test à l'ouest, qui domine le plan moyen de l'Europe. Pourtant cette sorte de dôme ne constitue qu'une masse de hauteur secondaire par rapport aux autres groupes alpins, et il est entouré de sommets qui ne s'élèvent en moyenne qu'à 2870 mètres ; le plus important, le Pi^ Rotondo atteint à peine 3 1 97 mètres. « Mais la vraie citadelle des Alpes, celle qui par la forme de ses montagnes, le nombre de ses pics, l'ampleur de ses glaciers, mérite, plus que tout autre groupe, le titre de massif culminant, c'est le puissant rempart bastionné du mont Rose dont la hauteur moyenne n'est pas moindre de 4102 mètres. Le diadème terminal de cet ensemble de monts se trouve à 4638 mètres, tandis que le mont Blanc se dresse à 4810 mètres; mais le groupé des sommets qui entourent ce point suprême de l'Europe n'a que 3837 mètres d'altitude moyenne, 245 mètres de moins que la hauteur du massif du Mont-Rose. Ensuite viennent par ordre d'élévation les groupes de la Jungfrau (4167™), du Bernina (4052"), des Alpes Grisonnes (3226'"), du Tôdi (3623"). Pris dans leur ensemble, les divers groupes des Alpes Centrales décroissent en hauteur de l'ouest à l'est etdusudau nord; leur versant méridional est uniformément plus abrupt que les déclivités du nord et de l'occident qui s'abaissent en longs rameaux vers les vallées du Rhône et du Rhin *. »

* W. Huber, Bulletin de la Société de géographie ^ février et mars 1866.

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