FORMATION DU CONTINENT EUROPEEN
sente plus aujourd'hui que des lambeaux d'un ancien continent, dont faisaient partie la Bohême, la Forêt- Noire (ancien ne Forêt Hercynienne), les Vosges, les Cornouailles, la Bretagne, le Plateau Central, une partie de TEspagne. Ces massifs servent encore à indiquer de loin en loin la direction de cette chaîne. Elle forme une vaste zone dans laquelle sont comprises les couches fortement plissées des plus riches bassins houillers de l'Europe.
Une troisième vague de pierre est venue se briser à quatre reprises contre ces Horste, ces régions depuis longtemps immobiles ; et ce troisième système de plissements énergiques n'est vraiment que l'ensemble des soulèvements de la chaîne des Alpes et des massifs subordonnés. Ce dernier groupe de montagnes, le plus récent de tous, a mieux conservé son unité, ses profils, puisqu'il a été, moins longtemps que les autres, soumis aux oscillations, aux torsions de l'écorce terrestre et à l'action continue des agents atmosphériques.
Voilà donc le rôle que les soulèvements alpins ont joué dans la formation du continent européen. Le relief irrégulier de l'Europe semble n'être en définitive que la conséquence de trois grandes contractions de l'écorce terrestre qui, successivement et à de longs intervalles, ont forcé le sol à se soulever, à se sillonner de failles et à se plisser dans certaines régions, délimitées assez nettement.
Les grands plissements alpins et ceux des chaînes qui
en dépendent ont dos la série de ces mouvements orogéniques. Est-ce à dire, pour cela que les contours et les reliefs de l'Europe sont fixés d'une manière immuable ? Nous ne pouvons sonder l'avenir: mais l'histoire du passé et la continuité du refroidissement du noyau central ne semblent-elles pas nous laisser prévoir, pour un temps indéterminé, de nouvelles et profondes modifications du sol ?
Quand on réfléchit à la puissance de la force qui a été capable de refouler le sol primitif des Alpes et de soulever les sommets de ses plissements jusqu'à plus de 5000 mètres, il est impossible de ne pas admettre que, sur certains points, les résultats de ces effets dynamiques aient été exagérés. Dans ces conditions, au lieu desimpies plis anticlinaux plus ou moins serrés et froissés, il s'est produit des renversements de plis qui sont retombés sur le terrain voisin, tantôt subissant une sorte d'étirementetde laminage, tantôt en se repliant plusieurs fois sur eux-mêmes. Puis les érosions ont fait de larges et profondes échancrures dans ces couches sans cohésion, sans dureté; il n'est souvent resté que des témoins, des îlots dans lesquels les terrains et leurs fossiles paraissent avoir les uns avec les autres des rapports anormaux de superposition, les couches les plus anciennes reposant sur d'autres plus modernes et les séries de fossiles se développant en sens inverse. Ces plis cou chés ont recouvert parfois des surfaces considérables de terrain.
Reprenant d'anciennes études d'Escher de la Linth