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RUE HAUTEFELMLI.E, I9, PRES DU BOULEVARD SAINT-CERMAIN

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La grande chaîne des Alpes, au lieu de se développer suivant une direction rectiligne, constitue un système orographique plus complexe. Un coup d'œil jeté sur une carte montre que les Alpes Françaises ou Occidentales s'infléchissent brusquement vers le sud, à partir du lac de Genève et du mont Blanc ; mais ce changement d'allure, malgré son importance, ne brise pas l'unité de la chaîne de cette longue suite de montagnes, qui, de la Dalmatie et du bassin du Danube, vont aboutir au delà de Nice, pour se souder ensuite à l'Apennin.

Les plus récents travaux scientifiques ont fait ressortir jusqu'à révidence les rapports intimes et profonds qui unissent les Alpes Occidentales aux Alpes Centrales et Orientales. Partout on constate le synchronisme des soulèvements; partout on reconnaît des formations

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similaires, des séries de fossiles à peu près identiques, des indices climatériques presque pareils.

Même dans une étude aussi abrégée que la nôtre, il a été impossible d'isoler complètement les Alpes Françaises des Alpes Suisses et Autrichiennes. Tout en ayant exclusivement en vue les premières, nous aurons en quelque sorte compris Tensemble de la chaîne des Alpes dans nos aperçus généraux.

Aussitôt après avoir accédé, imprudemment sans doute, à l'appel de MM. Baillière, nous avons vu surgir de toutes parts des difficultés inattendues, de nature à nous décourager, en face d'un sujet aussi vaste, aussi complexe. L'espace restreint qui nous était accordé nous interdisait, il est vrai, les longs développements et les détails nombreux; pourtant, même en ayant recours à nos souvenirs personnels, à nos études spéciales et à nos explorations, la somme des matériaux que nous pouvions réunir était bien loin de suffire à l'exécution de notre plan.

Sans les encouragements d'un ami dont l'aide nous était acquise, nous aurions peut-être renoncé à poursuivre notre premier projet. Mais enfin les hésitations surmontées, il fallait, avant tout, prendre un parti sur la façon d'envisager le sujet; il nous a paru que la première chose à faire consistait à le diviser pour le traiter avec méthode, en échappant à une confusion inévitable sans ce procédé. D'un côté, effectivement, nous pouvions

considérer les phénomènes dont la nature inorganique a été ou est encore le théâtre dans les Alpes ; de Tautre, il était question des diverses manifesiaiions de la vie, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

Conformément à ce principe, nous avons classé dans un même groupe, les mouvements de Vécorce terrestre, les montagnes avec leurs richesses minérales, les eaux, les glaciers, les phénomènes de V atmosphère. Puis notre attention s'est portée sur les débris de végétaux et di' animaux fossiles, pour étudier ensuite les flores et les faunes alpestres qui en sont les dérivés plus ou moins directs. Enfin, pour terminer, il restait à faire quelques recherches sur le rôle de V homme dans les Alpes.

Nous ne pouvions suffire à cette tâche ! Nous n avions donc qu'à recourir à l'obligeance et au savoir de plusieurs savants qui nous étaient dévoués. Ils ont répondu à notre désir, si bien que les pages se sont ajoutées aux pages et que, au lieu de publier un seul volume, nous en avons réservé un à chacune des deux parties principales de notre travail collectif.

Maintenant nous avons hâte de remercier M. de Saporta, non seulementde nous avoiraidédeson expérience, mais encore d'avoir rédigé trois chapitres entiers. En effet, nul mieux que lui ne pouvait s'occuper de la paléophytologie alpine, et c'est avec le même talent qu'il a retracé le rôle de l'homme dans les Alpes. La transhumance et le reboisement des montagnes sont, pour la

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Provence et le Dauphiné, des questions capitales. Notre ami s'en est donc occupé depuis longtemps, et il s'est empressé de résumer pour nous ses idées à cet égard, en s'aidant de documents inédits, communiqués par son parent, M. de Ribbe, secrétaire perpétuel de l'Aca" demie d'Aix, et en consultant les savants ouvrages de M. Demontzey, de Tlnstitut.

M. le D"" A. Magnin nous permettra de le remercier iimicalement d'avoir bien voulu enrichir nos notes de quelques-unes de ses observations faites dans les Alpes. En s'arrachant à ses occupations absorbantes de professeur à la Faculté des sciences de Besançon, il a bien voulu nous remettre un chapitre sur la météorologie et un autre sur la flore moderne des Alpes Françaises.

M. C. Rey, le savant entomologiste lyonnais, a consacré quelques pages aux coléoptères les plus remarquables qui vivent dans les Alpes et près de leurs glaciers ; de son côté, M. César Chantre a raconté avec entrain quelques-unes de ses chasses aux papillons dans les mêmes montagnes. Ces deux naturalistes ont ainsi comblé une lacune que nous ne pouvions remplir, et nous les remercions vivement de l'intérêt qu'ils ont ajouté à nos esquisses.

L'étude des mollusques alpins revenait de droit à M. A. Locard, dont les travaux ont tant de notoriété et qui nous avait obligeamment permis de compter sur son concours d'ami et de parent.

Ces dettes une fois payées, nous aurions a citer les noms des auteurs dont les ouvrages nous ont fourni les matériaux variés qui pouvaient seuls nous permettre d'entreprendre et de mener à bien notre tâche. Si nous n'avons pas obtenu leur concours immédiat et personnel, nous avons du moins puisé largement à la source de leur science et profité de leurs recherches. Ces noms, nous les retrouverons bientôt dans le cours de notre premier chapitre dont ils relèveront l'intérêt. La gloire des savants qui ont le plus étudié les Alpes est devenue inséparable de ces montagnes, dont on ne saurait parler sans évoquer le prestige de leurs travaux. Il serait donc inutile de faire ici leur énumération.

La collaboration de nos amis nous rend moins inquiet au sujet de l'accueil réservé à ces deux volumes.

Nous serions satisfait, si nous étions au moins parvenu à ménager le temps de nos lecteurs, et à leur donner une idée générale des Alpes Françaises, en leur évitant la peine que nous avons prise pour réunir et brièvement exposer des documents puisés à bien des sources.

A. FALSAN.

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, près Lyon, le 14 mai 1892.

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