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CARTES GÉOLOGIQ.UES DES ALPES FRANÇAISES

feuilles de la carte géologique au 80.000* pour la France et la partie des Alpes qui n'est pas achevée *.

Enfin on s'occupe de dresser une carte géologique au 320.000% en' tenant compte des travaux les plus récents.

En 1889, MM. Carez et Vasseur achevèrent de faire paraître une autre carte géologique de la France au 150.000*, d'après la carte des fortifications, en quarantehuit feuilles ; par son format elle peut servir de carte de détail et d'ensemble.

L'année dernière, 1890, M. le D' Franz Noé a publié à Vienne une carte synoptique et géologique au i .ooo.ooo* de la chaîne des Alpes, et pour l'exécution de laquelle il a su résumer avec talent les meilleurs travaux parus avant le sien. L'étude des formations géologiques des Alpes a donc fait de grands progrès ces dernières années, et l'impulsion donnée ne saurait se ralentir.

Après ce coup d'œil jeté légèrement sur la cartographie géologique des AlpesFrançaises, nous allons étudier le plus brièvement possible les dispositions relatives, imposées aux diverses roches des Alpes Occidentales par les efforts dynamiques qui ont opéré les plissements et le soulèvement de la chaîne.

L'étude de la paléontologie stratigraphique sera renvoyée dans un autre volume avec celle de toutes les manifestations anciennes et modernes de la vie.

* Les feuilles actuellement terminées sont les suivantes : Grenoble, Vizille, Orange, Saorge, Avignon, Pont-Saint-Louis, Arles, Aix, Draguignan, Antibes, Marseille, Toulon.

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Nous n'avons pas à répéter ici ce que nous venons de dire sur Tailure de la chaîne des Alpes et sur les causes qui ont empêché son prolongement rectiligne à l'ouest pour la faire infléchir au sud en France, puis au sud-est. Il nous suffira de dire que c'est la résistance de la chaîne des Gévennes et du Plateau Central qui a modifié ainsi l'allure du massif alpin. Enfin au sud, c'est Timmobilité d'une autre masse de roches anciennement consolidées, les Maures et TEsterel, qui s'est opposée au développement linéaire des Alpes Françaises et a forcé les petites Alpes Provençales à se tordre sur elles-mêmes pour dévier à l'ouest et se diriger vers le Rhône.

C'est donc en avant des groupes cristallins de la Provence que les pressions se sont exercées avec le plus de violence. Par conséquent, c'est là que M. Marcel Bertrand * croit avoir découvert les débris de gigantesques plis renversés sur eux-mêmes, couchés sur le sol, à la base et en face des montagnes de la Sainte-Baume, du Gros-Cerveau, près de Toulon, et des autres montagnes qui, jusqu'au delà de Draguignan, entourent le massif cristallin de la Provence. C'est au moyen de ces plis renversés et profondément attaqués par les érosions, que ce savant pense pouvoir expliquer les anomalies apparentes de certaines buttes triasiques qui s'élèvent isolées au milieu de la plaine du Beausset. Mais la question n'est pas encore complètement vidée. Pourtant les plissements

1 Marcel Bertrand, Ilot triasique du Vieux-Beausset (Var), etc. (Bull. Soc, géoL de France, 3« sér., t. XV, p. 667, 1887).

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PLISSEMENTS A l'OUEST DES ALPES 7I

admis en Provence par M. Bertrand, ne seraient pas plus exagérés que ceux qui ont été reconnus dans les Alpes Vaudoises par M. Renevier* ou par M. Maillard' autour d'Annecy l

Mais les efforts énormes de compression latérale ne se rencontrent pas seulement dans les chaînes secondaires des Alpes et près du mont Blanc. Leur champ d'action a été plus vaste, et il faut attribuer au même genre d'efforts la configuration générale de toute la vaste contrée qui s'étend à leur pied à l'ouest, jusque vers le Charolais et le Plateau Central. Voici comment, d'après M. Michel Lévy^ on peut exposer à grands traits cette disposition orographique : à l'ouest du massif du Mont-Blanc apparaît le grand synclinal dans lequel s'étend le plateau de la mollasse, d'Annecy au Rhône ; puis viennent les plissements du Jura qui semblent résulter de la décomposition d'un grand anticlinal. Des mouvements de torsion ont produit, en face du mont Blanc, des failles transversales, analogues aux fissures produites par M. Daubrée dans des blocs de verre soumis à d'énergiques pressions. Au Jura succède le grand synclinal de la vallée de la Saône, rempli par les alluvions pliocènes de la Bresse et des Dombes. Enfin, à partir de la rive droite de cette rivière,

* Renev'ier y Matériaux pour la carte géologique de la Suisse y XV I« livraison, p. 311-324, 1890.

* Maillard, Bulletin du service delà carte géologique delà France, n« 6, nov. 1889, p. 21, pi. V, fig. 23.

3 Michel L,évy, Bulletin du service de la carte géologique de la France, n» 9, février 1890, p. 23 et 24.

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de Mâcon àCharolles, il s'est formé un immense anticlinal à grande courbure, dont la clef de voûte s'est effondrée et dont les bords découpés par des failles constituent des gradins qui sont devenus les principaux chaînons de la contrée.

Au moment du dernier soulèvement des Alpes, le Horsi du Plateau Central n'est pas resté complètement immobile, comme on serait tenté de le croire tout d'abord ; il a subi en quelque sorte des actions réflexes. II a été luimême ébranlé par le contre-coup des grands soulèvements alpins, et on y a reconnu des failles, des ondulations du même âge.

Ces considérations sont trop générales pour nous suffire, et nous allons essayer d'étudier un peu plus intimement la structure géologique de la grande chaîne des Alpes Occidentales, en en donnant une coupe passant par des stations décrites depuis longtemps par Ch. Lory* et étudiées avec ses amis l'abbé Vallet, M. Louis Pillet et par leurs continuateurs. Nous commencerons par la chaîne centrale, et nous exposerons ensuite rapidement les dispositions des terrains des chaînes subalpines ou secondaires, ainsi que celles des plateaux et des plaines du bas Dauphiné \

1 Cf, Ch. Lory, Essai sur la structure géologique de la partie des Alpes comprise entre le morit Blanc et le mont Viso (Bull. Soc. géol, de France, a© sér., t. XXHI, p. 482, 1866). — Carte géologique du Dauphiné, 1858; Description géologique du Daupbiné, 1860. — Ch. Lory, M. L. Pillet et l'abbé Vallet, Carte géologique du département de la Savoie, 1869. — Ch. Lory et ses continuateurs. Carte géologique de la France au 80.000^. — M. Marcel Bertrand, Notice ^ur l'expo-

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