ZONES PRINCIPALES DE LA CHAINE DES GRANDES ALPES
Envisagée dans son ensemble, la chaîne centrale est composée d'une série considérable de roches cristallines a^oîques, dont les sommets élevés donnent, sur des lignes de grande étendue, le principal caractère à tout cet ensemble. Des séries de schistes sont adossées à ces roches ; à un niveau stratigraphique supérieur, des grès à anthracite très développés représentent les formations houillères; des dépôts triasiques, relativement peu importants sur les rebords occidentaux, se développent de plus en plus près des parties centrales et offrent alors un faciès particulier, local, le faciès alpin. Puis on voit, appliqués sur les roches anciennes, des placards de lias noirâtre, très mouvementés, souvent peu étendus et fort dénudés. Cette roche, singulièrement modifiée par le dynamo-métamorphisme passe à l'ardoise. Dans certaines régions, le lias est plus puissant, mais les calcaires de Briançon, considérés d*abord comme liasiques, se rattachent maintenant au trias. Les fossiles sont généralement rares et déformés, et dans certaines stations ils semblent appartenir aux divers niveaux de cet étage. Les formations crétacées et miocènes manquent complètement dans la grande chaîne, et les terrains tertiaires n'y sont représentés que par des lambeaux assez étendus de formations éocènes, calcaires à nummulites. M. Ch. Lory a divisé l'ensemble de la chaîne centrale en quatre zones que nous allons successivement passer en revues
sition de la carie géologique détaillée de la France. Ministère destravaux publics, 1889, etc., etc.
* C/. M. de Lapparent, Traité de géologie, 2* éd., p. uo^etsuiv.
74 ALPES FRANÇAISES — GÉOLOGIE DYNAMiaUE
LsL première ione(f\g. 7), la plus extérieure, c'est-à-dire la plus occidentale, sur une direction moyenne N.26*» E. se compose de la chaîne de Belledonne et de celle des Rousses, ainsi que de l'important massif du Pelvoux en Oisans. On peut suivre cette même zone jusque dans le midi, tandis qu'au nord elle comprend les Aiguilles-
I" ZOMB
Allevard Pic du Frênes (2808 m) Rocheray (21421x1)
FiG. 7. — I, Schistes cristallins et gneiss; 3, trias; 4, liac; F, faille. (D'après M. Lory.)
Rouges, le mont Blanc, et va se relieraux Alpes Bernoises et au Saint-Gothard.
C'est tout un ensemble de schistes cristallins, de gneiss, de roches granitoïdes, dont les faux délits sont toujours sensiblement parallèles à la stratification des gneiss. Ainsi qu'on le voit au mont Blanc pour la protogine et sur quelques autres points, les roches granitoïdes franchement éruptives y forment de rares filons. La première zone paraît formée de deux grands plis anticlinaux larges, chacun d'environ 25 kilomètres. La voûte du premier a été rompue, et les lèvres redressées de cette rupture constituent les deux grandes chaînes parallèles de Belledonne et des Rousses, tandis que les Sept-Laux et la vallée qui sépare les deux chaînes occupent le fond de la dépression au pied d'un chaînon détaché de Belledonne.
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