‹ Les Alpes françaisesChapitre 37 sur 89 · HYPSOMÉTRIE ET COLS PRINCIPAUX. ALPES COTTIENNES IO · texte numérisé non relu

HYPSOMÉTRIE ET COLS PRINCIPAUX. ALPES COTTIENNES IO

établissent une communication entre la vallée de Tlsère et celle de l'Arc.

En parlant de la vallée de l'Arc, nous arrivons au col du mont Cenis (2091"*). Cette ancienne route suit la Cenise, redescend en Italie et va rejoindre la Doire Ripaîre parle Pas-de-Susp.

Au mont Cenis se terminent les Alpes Craies, et commencent les Alpes Cottiennes qui pénètrent pour ainsi dire en France par un grand angle rentrant. C'est précisément le versant italien de cet angle qui forme le bassin de réception des eaux qui alimentent la Doire Ripaire.

Un lambeau de calcaire alpin s'élève au-dessus d'un vaste socle de grès anthracifère et de schistes lustrés, juste au sommet de l'angle qui domine les deux bassins de la Doire et de l'Arc. C'est le mont Thahor (3205"") qui peut servir de jalon à la chaîne des Alpes Cottiennes.

En remontant un peu au nord-est, la chaîne frontière devient encore plus étroite, plus mince près du col et du ^xcàeFréjus (2944™). C'est là que les gouvernements français et italien ont fait forer pendant les années de 1857 à 1871, à une altitude de 1335"", un grand tunnel de 12.220 mètres de longueur qui fut improprement appelé tunnel du mont Cenis. L'exécution de ce magnifique travail, qui coûta 75 millions de francs, fut confiée à MM. Grattone, Grandis et Sommeiller, dont la gloire et les noms doivent être vulgarisés.

Cette voie ferrée est maintenant la grande route entre

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la France et l'Italie, entre la Maurienne ou vallée de TArc et le val de Suse ou vallée de la Doire-Ripaire, le Piémont et Turin.

En aval du mont Cenis, une suite de cimes élevées marque la chaîne des Alpes Cottiennes, et, comme ces cimes sont pour la plupart couvertes de névés et de glaces, nous en citerons bientôt les noms les plus remarquables dans un chapitre spécial consacré aux glaciers, sans avoir à les signaler ici une première fois pour les répéter ensuite.

Plus au sud, les Alpes Cottiennes laissent s'ouvrir le col de r Echelle (1790""), le moins élevé de toute la chaîne des Alpes Occidentales, si l'on excepte les parties méridionales des Alpes Maritimes. On a même pensé à utiliser cette dépression pour y établir un chemin de fer allant de Briançon rejoindre celui qui occupe déjà le fond de la vallée de la Doire Ripaireou Val de Suse.

Au nord-est de Briançon, entre le pic de Chabetion (2138"*) et la masse serpentineuse du mont Gondran {2643'"), '^ route du célèbre col du mont Genèvre (1854"*) {fig. 1 i),le monsjanus des Romains, sert de trait d'union entre le bassin d'un affluent de la Durance et celui de la Doire Ripaire. Cette voie passe au sommet du mons Matrona des anciens; elle était très fréquentée par les Romains; elle le fut encore au moyen âge. Ainsi, elle servit au passage des armées de Charles VIII (1494), de François I" (1524) et de Louis XllI (1629), lorsqu'elles envahirent le nord de l'Italie. Au delà de plusieurs cols il peine accessibles aux piétons et aux mulets pendant

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peu de mois de chaque année, on rencontre le col de la Traversette (2993™). C'est un petit tunnel de 75 mètres de longueur sur 2 mètres de large, appelé dans le pays le Trou de la Traversette ou le Pertus de l^iso. Il fut creusé, en 1 478-1 480, par Louis, marquis de Saluces, pour établir une voie de commerce entre la vallée du Pô et le bassin du Queyras (Dauphiné). Une partie de l'artillerie de Charles. Vlll entra en Italie par ce tunnel. Un duc de Savoie fit boucher ce passage après s'être rendu maître du marquisat de Saluces ; on l'ouvrit de nouveau en 1803 ; mais il n'est praticable qu'à partir du mois de juillet, et des éboulements l'ont en partie obstrué.

Déjà depuis longtemps, à mesure qu'on s'avance vers le Midi, on aperçoit la grenat pyramide du Fiso (fîg. 1 2), masse énorme de serpentine qui s'élève à 3845 mètres sur le versant italien au-dessus des sources du Pô. Le sommet de ce mont, sans rival à 60 kilomètres à la ronde, n'est, dans toutes les Alpes Occidentales, dépassé que par le Pelvoux, la Grande-Casse, le Grand-Paradis et le massif du Mont-Blanc, Par un temps clair on l'aperçoit de la Méditerranée, de toute la plaine du Piémont et même de la Lombardie. Pline, impressionné par la grandeur du contraste de cette immense pyramide dominant de si vastes étendues, croyait que le massif du Mont- Viso était le plus élevé de la chaîne des Alpes. Avant l'ascension qu'en firent deux Anglais, MM. Mathew et jacomb, en 1861, et qui démontra qu'elle était facilement praticable par son versant du midi, au-dessus de Château-Dauphin, cette haute montagne était l'objet

d'une vénération superstitieuse^; c'était un pic vierge, sublime dans son isolement ^!

Du mont yiso et du col de Valante (2810'"), au col de Tende, sur une distance de plus de 100 kilomètres en ligne droite, les sommets les plus hardis de la ligne de faîte n'atteignent pas 3500 mètres.

Le col SAgnel (2700""), muni d'un hospice et celui de Saint-yèran (2900"") sont franchis par les piétons et les mulets pour aller des vallées du Queyras et de Saint- Véran (2010*") (fig. 13), le village le plus élevé de France, à Château-Dauphin (1283'"), bâti au milieu des forêts de la vallée de la Vraita (Piémont). Le col d'Agnel est un des -plus fréquentés de la chaîne des Alpes; il a été franchi en 1515 par une partie de l'armée de François l*'', et en 1702—1743 par le maréchal de Berwick avec un corps de troupe pour envahir la France.

En aval de ce point il y a d'autres cols, mais ils sont difficiles et peu fréquentés. Nous ne dirons même pas leurs noms, pour ne citer que celui du col de Larche, de la Madeleine ou de Largentière (1995"*), illustré par le passage de Bayard, en 1515, à la tête de l'armée française, passage si prompt, si inattendu, que Michelet le trouve plus merveilleux que celui du Grand-Saint-

^ Cf. Elisée Reclus, La France^ p. 186.

2 En 1875, MM. Montaland, Sestier et Benoist, de la Section lyonnaise du Club-ÂIpijij furent les premiers touristes français qui l'escaladèrent. Depuis, on a souvent suivi la route tracée par eux.

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Bernard par le général Bonaparte. C'est aujourd'hui la seule voie qu'on peut suivre en voiture dans cette partie des Alpes ; c'était aussi un des cols les plus fréquentés par les anciens.

A Test de la vallée de la Durance, le Queyras est enfermé entre deux grandes chaînes de montagnes qui se détachent des Alpes Cottiennes et s'avancent à Touest en faisant de cette région un pays isolé.

La chaîne du nord se sépare des crêtes de la Dormillouse à l'est de Briançon et près du Grand-Glai^^a (3286'"). Elle est, de loin en loin, surmontée du pic de Rocbebrune (3324"™), du pic de Côte-Belle (2859""), ^^ pic de Hatite-Mouriare (2810°*), etc., etc., mais dans le milieu de cette chaîne, le col d' Iiouard (240^"°) Mt communiquer le bassin de Briançon avec celui du Guil.

La chaîne du midi se soude aux montagnes delà frontière, entre le col de Sain-yéranetlecol Lofiget(26']2"'). Les points culminants, à partir de la grande chaîne, sont : la pointe de la Font-Saletie (3368"»), le Pic-Signalé (3236 *"), puis le col de Vars (2 1 1 5 "'), entre le Queyras et Barcelon nette. Le Grand-Parpaillon (2990"*), le Grand- Bernard (3048 "") et plusieurs autres sommets élevés se projettent en avant vers le confluent de TUbaye et de la Durance.

Les Alpes-Maritimes y depuis le col de Larche et la vallée de la Sturea se prolongent au sud sur une longueur de 180 kilomètres, jusqu'au col de Cadibone, en dessinant un quart de cercle. Le massif de VEncbastraye, sur le versant français, constitue un centre orographique

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