HYPSOMÉTRIE ET COLS PRINCIPAUX. ALPES MARITIMES III
important et présente des cimes élevées entre autres le Timbras (3031 "*), qui les domine toutes. Puis, la ligne de partage des eaux se trouve sur le territoire italien. Les sommets de la Colla Lunga (25 1 "»), le Matto (3087 ™), la Rocca delï Argentier a (3297 ™), la Cima de Gelas (3 1 3 5"^), le Clapier de Pagarin (3046 "»), avec leurs glaciers, et le Mercantour (3 1 67 ™) sont campés au point de flexion vers le sud-est de la chaîne des Alpes-Maritimes.
Les cimes de la ligne de faîte s'abaissent ensuite jusqu'au ^0/ de Tende; néanmoins, sur cette ligne continue de montagnes, les cols gardent une hauteur moyenne de 2500 mètres et ne sont que des sentiers à piétons. Pourtant, au nord de Vintimille, il en est un, le col de Tende (1873 ""), qui met la vallée de la Roja en rapport avec celle de la Stura. Depuis le xviii^ siècle, une bonne route permet aux voitures de le franchir.
Au delà des montagnes du Var, dont TEnchastraye constitue un des trois groupes principaux, commencent les Alpes Liguriennes, A Touest du col de Tende, se dresse le sommet le plus élevé, le Mongioie (2374 ""). L'abaissement de la chaîne se manifeste ensuite rapidement, et, vers le point le plus bas (495 ""), passent la route du col de'Cadibone et le chemin de fer de Savone à Mondoviet à Turin, Là, les montagnes se rapprochent du littoral, mais ce ne sont plus les Alpes Occidentales, ce sont les Apennins.
x< Bonaparte profita de cette dépression, en 1796, pour tourner l'armée austro-piémontaise qui lui faisait face au col de Tende; il fit passer le gros de ses troupes par
le col de Cadibone qui conduit à Millesimo, pendant qu'une partie prenait plus au sud-ouest, le col de Saint- Jacques (San Giacomo) ou débouchait à Montenotte derrière le monte San Giorgio (833""), premier sommet des Apennins.
« Cette partie de la chaîne n'a guère du côté de Savone que 20 kilomètres d'épaisseur *. »
En résumé, les routes carrossables du Petit-Saint-Bernard, du mont Cenis, du mont Genèvre, du col de Larche, du col de Tende, enfin la belle route de la Corniche, qui côtoie le littoral méditerranéen, ainsi que le chemin de fer de Nice à Gênes, sont les principales voies de communication entre la France et Tltalie. La route de la Corniche a remplacé la voie Aurélienne que parcouraient les légions romaines. D'ailleurs, dès la plus haute antiquité, tous ces grands chemins ont servi de passage aux armées, aux voyageurs, aux commerçants. Pour pénétrer en Italie, il n'y a qu'une voie réellement nouvelle, c'est le tunnel de Modane à Bardonèche !• Il a fallu le génie moderne pour ouvrir cette route à travers le sein même des Alpes sans en franchir les sommets !
Sans doute, nous avons laissé notre plume énumérer trop de détails, et nous avons été entraîné à décrire avec trop de complaisance la longue suite de cimes, de crêtes, de cols, qui dessinent, dans les Alpes Occidentales, la ligne de partage entre le bassin de la Méditerranée et celui de l'Adriatique. Mais pouvions-nous négliger cette
* Levasseur, op. cit,y p. 393.