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SOURCES MINÉRALES

les Pyrénées, avec au moins 300 sources minérales ; le Plateau Central avec 200 environ ; les Vosges avec 80. Après le système des montagnes du nord-ouest, Bretagne, Normandie, qui en renferme 60, viennent les Alpes qui en laissent sourdre au minimum une quarantaine. Sans doute, ces nombres ne sont qu'approximatifs, mais ils peuvent néanmoins nous suffire ; depuis longtemps déjà les sources les plus importantes sont connues et fréquentées, et nous ne pouvons nous occuper que de celles-ci.

Pour abréger et n'entrer dans aucun détail superflu, nous ne citerons que les sources suivantes qui sont les principales des Alpes Françaises, et nous les grouperons d'après leurs caractères les plus importants :

Sources sulfureuses thermales : Aix-en-Savoie, 45 degrés; Dignes (Basses-Alpes), 42 degrés; Gréoulx (Basses-Alpes), 38 degrés.

Eaux sulfureuses froides : Uriage (Isère), 25 degrés ; Allevard (Isèrt), 16 degrés; Marlio^ {Savoie), 14 degrés; la Caille (Haute-Savoie), eaux sulfhydratées et alcalines, 28 à 30 degrés; Chattes (Savoie), 10 degrés.

Eaux alcalines froides : Évian (Haute-Savoie), 9 à 1 2 degrés ; Amphion (Haute-Savoie), 8 degrés.

Eaux acidulées gazeuses : Condillac (Drôme).

Eaux salines thermales : SainUGervais (Haute- Savoie), 41 degrés; Âix-en-Provence (Bouches-du-

Rhône), 36 degrés; la Motte-les-Bains (Isère), 58 degrés, et une autre source dans le Drac même, 6^,50 ; Bridesles-Bains et Salins, près Moutiers en Tarantaise (Savoie), 35 degrés, etc., etc.

Lorsque, au lieu de circuler dans des cavités au-dessus du niveau de la mer, les eaux pluviales et autres s'insinuent le long des failles, elles peuvent pénétrer à de grandes profondeurs, puis remonter au jour par d'autres failles, d'autres canaux, qui deviennent ainsi des siphons renversés. Ces eaux acquièrent alors une température plus élevée que leur température initiale, en raison de la longueur du trajet souterrain qu'elles ont parcouru. Le degré géothermique, c'est-à-dire la hauteur dont il faut descendre verticalement pour constater une augmentation de température, d'un degré centigrade, est en moyenne d'une trentaine de mètres, sauf un grand nombre de variations locales. D'après cette base aujourd'hui adoptée, il est facile de se rendre approximativement compte de quelle profondeur remontent des sources qui ont 12, 20 et 40 degrés centigrades. C'est précisément en suivant ces canaux que les eaux souterraines se mettent en contact avec des substances minérales qu'elles décomposent et qui leur donnent leurs propriétés curatives.

Quelques-unes des sources minérales dont la nomenclature précède sont fréquentées depuis une haute antiquité; d'autres sont connues depuis peu d'années ; plusieurs d'entre elles sont dotées d'établissements monu-

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mentaux ou simplement confortables. Pourtant il en est d'autres, comme la source sulfureuse d*Essoulieux, dans la vallée de la Romanche, près de la Garde, qui se perdent en arrivant à la surface du sol. Mais la facilité toujours croissante des moyens de communication, la vogue des médications thermales, de plus en plus répandue, multiplieront bientôt les établissements destinés à utiliser les richesses hydrominérales du sud-est de la France.

Nous ne pouvons terminer ce chapitre sur Thydrographie sans rappeler les grands travaux d'art qu'on a entrepris pour fertiliser les plaines étalées sous le soleil brûlant de la Provence en y déversant les eaux de la Durance, du Verdon et du Rhône, ces eaux descendues des glaciers et des hautes cimes de la chaîne des Alpes.

En 1558, Adam de Craponne créa le premier grand canal, celui qui porte son nom. Ce canal, prenant les eaux de la Durance en face de Cadenet, a transformé en jardins les environs de Salon, et en terres productives une notable partie de la Crau d'Arles. Le canal des Alpines s'amorce également à la Durance, près d'Orgon, et, après avoir rendu cette petite ville aussi riche que Salon, il va, par ses diverses branches, féconder les plaines deSaint-Remy, de Château-Renard, de Tarascon, etc., tandis qu'une autre branche plus méridionale va arroser une partie de la Crau jusque vers Istres.Plusau nord, un troisième canal d'irrigation dérivé de la même rivière, sur sa rive droite, à Mérindol, enrichit Cavaillon et se dirige du côté de Carpentras pour répandre les mêmes bienfaits le long

de ses rives, en combinant ses eaux avec celles de la Sorgues.

Mais il est temps de mentionner cet autre canal dérivé aussi de la Durance, en face de Pertuis, ce canal qui a transformé en oasis les campagnes poudreuses de Marseille et d'Aubagne, ce canal qui franchit VArc sur le magnifique aqueduc de Roquefavour. Après l'avoir construit de 1842 à 1846, M. de Montricher a eu le droit d'opposer son œuvre aux plus beaux travaux des Romains ; Roquefavour ferait oublier le pont du Gard. Depuis 1875, le beau canal du yerdon complète le réseau provençal ; c'est lui qui abreuve la ville d'Aix et qui fertilise la plaine voisine. Nous ne faisons que citer le canal Zola et le barrage de la Petite-Mer qui alimentent aussi les fontaines d'Aix-en-Provence.

Les eaux du Rhône ont également été mises à contribution, et les canaux de Donière et de Pierrelatle, ainsi qu'une quantité d'autres, arrosent les plaines de Valence, de Montélimar, de Donzère, de Bollène, etc. Mais les besoins impérieux de la navigation luttent contre les intérêts de l'agriculture et forcent à restreindre les emprunts qu'on voudrait faire au grand fleuve ou à ses affluents, la Bourney la Sorgues, etc., etc.

Le département des Hautes-Alpes a fait les plus grands efforts* pour développer, par des irrigations, la richesse agricole de la partie supérieure du bassin de la Durance, ainsi que les environs du chef-lieu. Depuis l'adminis-

* M. David Martin, conservateur du Musée de Gap, in Utteris.

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iration des anciens Dauphins, plus de sept cents canaux ont été successivement établis dans les arrondissements de Briançon, d'Embrun, de Gap, et ont fertilisé 17.000 hectares, en empruntant les eaux de la Durance et des petites rivières voisines. Mais un ensemble de dix nouveaux canaux est destiné à enrichir plus de 1 5.000 hectares, en y déversant 1 1 .400 litres d'eau, tout en complétant l'ancien et magnifique réseau.

Dans les Basses-Alpes, on a formé le projet de faire du pittoresque lac d'Allos un grand bassin écluse, et de se servir de son dégorgeoir, souterrain, le Cbadoulin, pour régler le débit de ses crues périodiques. On établirait ainsi un s)'Stème d'irrigation le long du cours du Verdon.

Cest pour compenser la sécheresse du climat qu'on a multiplié les canaux d'irrigation dans la partie méridionale de la vallée du Rhône et de celle de la Durance. Plus au nord, en Dauphiné et en Savoie, Thumidité naturelle du sol, et de nombreux petits cours d'eau ruisselant sur les pentes montagneuses, suffisent pour entretenir une verdoyante végétation.

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