PRINCIPAUX GLACIERS DBS ALPES CENTRALES, ETC. I
Nous renvoyons donc les lecteurs aux ouvrages spéciaux des savants qui ont eu le talent de créer la science des glaciers et de lui donner l'importance qu'elle a acquise aujourd'hui.
Après avoir entrevu rapidement les glaciers des Alpes Centrales et Orientales, nous examinerons plus longuement ceux des Alpes Françaises.
Ces masses de glace que Ton voit maintenant presque toujours blotties dans le fond des plus hautes vallées alpestres, ne sont que les restes énormément amoindris des glaciers tertiaires et quaternaires qui, sous l'influence de conditions climatériques et orographiques particulières, avaient acquis des dimensions considérables.
« Les principaux glaciers de la Suisse * se groupent naturellement autour des trois plus importants massifs montagneux. Ce n'est pas tant un effet de la hauteur absolue des sommets que de leur réunion en grand nombre dans le même district et des vastes déchirures que présentent ces importants massifs. Une pyramide libre et élancée n'offre guère de place aux glaciers ; il. leur faut pour leur formation, des cirques élevés, situés au-dessus de la ligne des neiges, où elles peuvent s'entasser en couches épaisses.
« Le mont Blanc à l'ouest, l'Ortler à l'est, en renferment de vastes étendues ; mais l'un et l'autre restent bien loin en arrière des Alpes Suisses proprement dites>
1 Tschuddl, Le Monde des Alpes, traduit par O. Bourrit, p. 651.
tant pour la grandeur que pour la variété des formes et la beauté de leurs glaciers.
« C'est le mont Rose qui possède les glaciers les plus considérables ; le groupe du Finsteraarhorn en renferme le plus grand nombre. Le mont Rose voit cinq et même huit glaciers se réunir à ses pieds sur son versant nord ; son ossature gigantesque, avec ses gorges et ses hautes vallées, est le théâtre des phénomènes glaciaires les plus merveilleux ! De ce point, des glaciers immenses s'étendent au nord vers la vallée du Rhône, d'un côté, par les Mischabelhôrner jusqu'au Balferinhorn; deTautre, parle Matterhorn et la Dent-Blanche jusqu'à Tourtemagne ; à l'ouest, les glaciers continuent presque sans interruption sur la croupe et les versants de la chaîne jusqu'au mont Blanc; au nord-est, ils vont jusqu'au Saint-Gothard, où le glacier de Cries (2446"*), étroit et aplati, mais allongé, s'appuie aux Alpes Tessinoises. Les glaciers du Finsteraarhorn occupent, sauf un petit nombre d'interruptions, une étendue de 20 lieues de longueur. Dans ce groupe, le glacier inférieur de ï Aar est le plus grand des Alpes Bernoises ; celui à!Aletsch est le plus long de la chaîne entière ; il a près de 8 lieues ; celui du Rosenlaui est le plus pur, le plus beau ; celui du Crindelwald est le plus bas (983""). Vu de la cime de la Jungfrau, cet ensemble immense de mers déglace et de névés, dont Studer évaluait la superficie à 60 lieues carrées, apparaît comme une seule surface continue, un seul centre glacé, rayonnant en tous sens, franchissant toutes les crêtes, toutes les arêtes, et dont les bords restent