‹ Les Alpes françaisesChapitre 8 sur 89 · DIVISIONS PRINCIPALES DU MASSIF ALPIN · texte numérisé non relu

DIVISIONS PRINCIPALES DU MASSIF ALPIN

qu'au mont Viso. Viennent ensuite, depuis le Viso jusqu'au mont Cenis, les Alpes Cottiennes. Elles sont ainsi nommées en mémoire du roi Cottius qui régnait sur cette contrée au temps d'Auguste. On croit que ce fut lui qui, le premier, établit la route du mont Genèvre. Enfin, entre le mont Cenis, le Valais et le lac de Genève, s'élèvent les Alpes Graies ou Grées, qui renferment le mont Blanc, le dôme culminant de la chaîne. D'après M. LevasseurS les Alpes Graies tireraient leur nom du Grains mons (Petit-Saint-Bernard), qui aurait lui-même pour étymologie le mot latin gradus (degré) ou le mot celtique craigh qui aurait signifié crête.

Les Alpes Centrales ou Suisses ont été subdivisées en plusieurs groupes.

Les Alpes Pennines s'étendent du mont Blanc au massif du Saint-Gothard ; puis parallèlement à cette chaîne se développent, au delà du cours du Rhône, en Valais, les Alpes Bernoises et à leur suite les Alpes Centrales proprement dites ou IJpontiennes. De ces dernières se détachent, au nord, les Alpes d'Uri, des Grisons, de VAlgau; au sud, les Alpes du Bergamasque et du Trentin.

Au delà du Bernina, près du Stelvio et de l'Ortler, la chaîne centrale se bifurque en deux longues chaînes qui, après être restées parallèles entre elles et à la direction moyenne de tout le massif, s'avancent vers Test en

i Levasseur, Les chaînes et les massifs du système des Alpes (y4nn. du Club Alpin français ^ t. XH, p. 383, 1885).

divergeant de plus en plus. Au nord, ce sont les Alpes Rbétiques, Noriques, Styriennes, qui vont rejoindre le Danube; au sud, les Alpes Tyroliennes et Cadoriques, les Alpes Carniques jusqu'au col du Tarvis, enfin les Alpes Juliennes et Dinariques qui courent au sud-est et vont rejoindre les Balkans,

Quand il s'agit d'établir des divisions naturelles dans une chaîne aussi complexe, aussi étendue et même, au premier abord, aussi confuse que celle des Alpes, on doit mettre en œuvre le plus de ressources possible ; ce ne serait pas trop de recourir à la géologie, à l'orographie, à l'hydrographie et même à l'histoire ethnographique, pour arriver à saisir le véritable caractère de chaque groupe régional. Ainsi, M. le D' Bôhm*, au lieu de se baser simplement sur la disposition des bassins hydrographiques, comme on le faisait généralement, a préféré suivre un système plus en rapport avec la composition minéralogique et géologique des chaînes, ainsi qu'avec leurs formes orographiques ou leurs plissements. Comme l'a dit M. Er. Favre^, ce savant a cherché à faire prévaloir une classification oro-géologique et c'est un grand pas de fait pour arriver à un classement rationnel des Alpes en régions naturelles.

En suivant cette méthode, M. le D' Bôhm a établi dix-huit groupes principaux dans les Alpes Autrichiennes, sans parler des subdivisions secondaires. Nous ne pou-

* Bôhm, Einibeilung der Ostalpen^ 1887. Çf- ^^ texte et la carte. 2 Favre, Revue géologique suisse, 1889, t. XX, p. 248.

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GROUPEMENT BES I^ORMATIONS GEOLOGIQpËS DÈS ALPES ^J

vons entrer dans ces détails ; il nous suffit de signaler cet essai ingénieux.

En consultant la belle carte géologique générale des Alpes, que vient de faire paraître M. le D' F. Noé ^ de Vienne, on voit rapidement que, dans son ensemble, au point de vue général et malgré une confusion apparente, la chaîne des Alpes se compose de^ zones parallèles, symétriques, dans toute sa longueur, sauf des irrégularités locales. Au centre, un axe allongé dans le sens de la direction moyenne du massif et participant à ses grandes inflexions, se compose de gneiss et de schistes siliceux cristallins, micaschistes, schistes argileux, etc., accompagnés, comme toujours, de marbres, de serpentine, d'amphibolite, etc. Parfois des roches granitoïdes se sont fait jour à travers des boutonnières plus ou moins larges, au milieu de ces masses, contre lesquelles viennent s'appuyer des terrains paléozoïques, phyllade, silurien, dévonien, carboniférien, permien et verucano.

De chaque côté de cette puissante dorsale, au nord et au sud, s'étend une zone parallèle composée de trias, de lias, de terrains jurassiques et crétacés. On appelle ces deux zones subalpines, Préalpes, Alpes calcaires, chaînes secondaires. Des roches éruptives, relativement récentes, ont pénétré au milieu de ces dépôts sédimentaires fortement mouvementés. Une formation détritique, mal

* Noë, Geologiscbe Uebersicbtskartcdcr Alpen, Wien, Ed. Holzel,

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