LIVRE V. — QUESTIONS DIVERSES
8 II. — Ijc Crédit mutuel agricole.
Une autre œuvre, très étroitement corrélative de la précédente, s'impose au zèle des hommes de bonne volonté.
II est indispensable que le crédit agricole mutuel vienne compléter Faction dirigeante de nos Sociétés d'économie alpestre, destiné, lui, à offrir au simple particulier, au plus petit montagnard, l'argent nécessaire aux achats de semences, d'engrais et de bétail, ainsi qu'aux travaux de nivellements, de rigoles d'arrosage, etc., sur ses propriétés, qui devront suivre la transformation des communaux, les créations de fruitières et de chalets, les constructions de canaux et autres travaux.
Deux types principaux de sociétés de crédit mutuel s'offrenf! au choix de notre région, comme de toute autre.
L^un, connu sous le nom de Caisse rurale Reiffeissen, très répandu en Autriche, en Italie et en Russie, mais surtout en Allemagne, où il a pris un essor prodigieux.
L'autre, fondé sur notre loi spéciale du 5 novembre 1894, qui accorde aux syndicats agricoles, et à ces syndicats seuls, le droit de s'ériger en Banques agricoles.
La Caisse Reiffeissen est une société en nom collectif, à capital variable, fonctionnant dans les limites d'une seule commune, et pouvant être constituée par acte* sous seing privé.
Tous les sociétaires doivent appartenir à la commune, et y posséder une propriété. Ils ne font aucun versement, mais ils garantissent solidairement, par tous leurs biens, les capitaux que la Caisse emprunte pour fonctionner.
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516 ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.
à la Banque agricole^ mais celle-ci^ sans toucher à sa caisse, le réescomptera à Tune des Banques ordinaires locales qui se seront engagées à accepter son papier. Avec un capital très modeste, la Banque agricole pourra donc arriver à faire des opérations très nombreuses.
Plus de motif, on le voit, pour que Ton ne trouve le Crédit agricole organisé, à sa portée, dans toutes nos montagnes : — dans les communes, où quelques personnes dévouées se sentiront en mesure de faire prospérer des caisses Reiffeissen, qu'elles en établissent, rien de mieux ; — dans celles où les conditions voulues, pour cela^ ne sauraient être réalisées^ on recourra aux syndicats agricoles, que l'on va voir très probablement engendrer partout des Banques de crédit mutuel, avec la rapidité merveilleuse qui a caractérisé dans toute la France leur propre développement.
Nous donnons comme modèle aux annexes (annexe E) les statuts de la Société de crédit mutuel agricole créée à Rémiremont, immédiatement après le discours de M. Méline*.
Cézanne a affirmé à l'Assemblée nationale, le 19 février 1873, que le perfectionnement des méthodes d'exploitation^
1. Un très intéressant projet de loi a été déposé tont récemment an Parlement par M. le sénatenr Calvet, dans le bat de fayoter davantage encore l'extension du crédit mutuel, à Taide de Tassurance agricole. Des comités communaux provoqueraient des souscriptions d'assurances contre les risques agricoles ordinaires, incendie, mortalité de bétaU, grêle, gelées, dommages des eaux, insectes, maladies cryptogamiques, etc. Une caisse nationale centraliserait les fonds, fixerait les indemnités dues aux sinistrés, constituerait un fonds de réserve, et répartirait les bénéfices entre les comités locaux. Ces bénéfices seraient alors consacrés au service du crédit agricole en faveur exclusivement des assurés. On arriverait ainsi à faire profiter du crédit mutuel, outre les cultivateurs qui oflBrent des garanties personneUes suffisantes, tous ceux aussi, qui, moyennant certaines primes fixes, s'assureraient contre les risques agricoles que court toute propriété.