INTRODUCTION
boisement n'est pas du tout leur fait. Il est très ancien, et ne devait-il pas fatalement se produire, il y a quelques centaines d'années, alors qu'aucun pouvoir central ne se préoccupait de la conservation des bois de montagnes, alors qu'en notre siècle même, les forêts des races les plus civilisées semblent ne pouvoir être sauvegardées, qu'à la condition d'être entre les mains de l'État comme propriétaire ou comme gérant, ou de la très grande propriété?
Les reproches immérités qu'on leur adresse ne retentissent jamais sans froissement regrettable et nuisible à toute entente, soyez-en sûrs, aux oreilles de ces sobres et intelligents montagnards, travailleurs admirables, énergiques et méritants, qui peinent et qui souffrent sans réclamer autre chose que le nécessaire pour vivre. Appliquez donc à la région des méthodes d'administration vraiment paternelles, inspirées par le désir d'améliorer avant tout le sort de l'habitant, et vous ne trouverez bientôt plus que des amis et des auxiliaires dévoués parmi les 200,000 cultivateurs alpins.
Toute science qui s'isole se condamne à la stérilité, a-t-on écrit. On pourrait en dire autant de chacune des œuvres spéciales commencées dans les Alpes, reboisements, corrections de torrents, canaux, améliorations pastorales proprement dites, à laquelle on s'attacherait sans développer les autres simultanément. Car constamment on rencontre les fils, qui unissent étroitement toutes ces entreprises, et l'on sent que l'on décuplerait