L LIVRE UI. — LA CONSERVATION DES MONTAGNES
quartiers seront réunis en une seule série, que Ton divisera en deux affectations : Tune affectable à la période de printemps et d'automne, Tautre à la période d'été.
Les autres détails d'aménagement ressortiront de l'exemple donné plus loin.
Ce travail d'aménagement sera établi une fois pour toutes, et son application sera en principe d'une durée illimitée.
La description des séries indiquera leurs contenance, limites, altitudes, expositions et pentes ; — la nature et l'état I superficiel du sol, les éboulements, ravins, places vides, etc. ;
— le genre de l'exploitation actuelle, les surcharges, la durée de rinalpage; — les étables, fosses à purin, chalets, abreuvoirs, bouquets de bois existants; — les plantes inu- I tiles, nuisibles et les pierres et broussailles à faire dispa-
! raître; — les rotations de parcours et les fumures praticables.
g nr. — Plan.
Les plans ne nécessiteront aucun levé spécial, et seront dressés d'après le cadastre et l'État- major, à petite échelle, afin que le maniement en soit facile. L'échelle du ^^ est la plus commode. On voit même, par le spécimen inséré dans notre chapitre XVI, que pour traduire simplement un aménagement pastoral par un plan colorié, sans y tracer ni chemins, ni emplacements précis de travaux, on peut se contenter de simples extraits de la carte de l'État-major.
g IV. — Règleiïieiit proprement dit.
Le Règlement proprement dit exposera :
1"* Sous forme d'articles, les dispositions administratives permanentes, telles que les droits des habitants, Tépoque des
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déclarations des propriétaires^ les amendes et indemnités à percevoir en cas d'infractions, les méthodes à appliquer pour la fumure des gazons, etc. ;
2* Sous forme de tableaux, les prescriptions d'ordre révisables chaque année, telles que la possibilité, les dates du commencement et de la fin du pâturage, la désignation des parcelles à améliorer, par des mises en défends temporaires, des fumures et des travaux quelconques, etc.
On appelle possibilité la quantité de bétail que peut nourrir un pâturage de contenance donnée, sous la condition, sinon de s'améliorer, au moins de se bien conserver. C'est une des conditions réglementaires qu'il importe le plus d'étudier.
La possibilité dépend du sol, de l'altitude, de l'exposition, etc. Elle varie avec chaque canton, chaque quartier. Il serait oiseux de chercher à la déterminer d'une façon absolument mathématique et rigoureuse, d'autant plus qu'elle change d'une façon appréciable d'une année à l'autre, et souvent même dans le cours d'une saison, suivant qu'il tombe plus ou moins de neige ou de pluie.
On se contentera de faire adopter constamment par les communes des chiflFres plutôt faibles que forts; les exploitants ne feront qu'y gagner. S'ils sont pourvus de bonnes races de bétail, leurs animaux s'en trouveront mieux nourris; ils épuiseront, quoique peu nombreux, toute l'herbe disponible, et produiront plus de lait et plus de viande, tout en représentant un capital moins considérable.
Il est nécessaire, cependant, de savoir contrôler et vérifier les usages existants, et par des calculs simples, se rendre compte approximativement des chiffres qu'on peut tolérer. A cet effet, on s'enquerra de la production des prairies hautes, voisines des pâturages à aménager. Il sera facile d'être renseigné exactement, car leurs propriétaires ne sont jamais em-