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LIVRE m. — LA. CONSERVATION DES MONTAGNES

barrasses pour dire combien ils en descendent^ par an, de trousses, c'est-à-dire de charges de mulets^ charges dont le poids est fixe^ et parfaitement connu. Supposons qu'un de ces prés produise annuellement 1^800 kilogr. de foin par hectare. La vache moyenne mangeant 10 kilogr. par jour, ce pré pourra nourrir 1 vache pendant six mois. En comparant la densité des gazons et la hauteur des herbes de ce pré avec les mêmes éléments du pâturage que Ton étudie^ on verra si la possibilité dudit pâturage est égale au tiers^ au quarts au sixième de celle du pré choisi pour terme de comparaison^ soit pour trois mois^ durée normale de Tinalpage, égale à 0.66, 0.50, 0.33 de vache, ou à 6.60, 5.00, 3.30 moutons.

Comme, toutes choses égales d'ailleurs, les gazons pâturés deux ou trois fois consécutivement dans un même été, fournissent plus de valeurs alimentaires que les foins fauchés, on est certain^ par cette méthode, d'arriver à des chiffres ne dépassant pas la possibilité réelle.

Un pâturage sera considéré comme évidemment surchargé, quand tontes ses parcelles terreuses et susceptibles de production ne seront pas complètement garnies d'herbes. En fait, on constate que partout aujourd'hui on envoie dans les pâturages d'été beaucoup moins de moutons qu'il y a vingt ou trente ans, et que ces pâturages peuvent généralement continuer à nourrir les quantités de bétail qu'ils recevaient pendant ces dernières années. C'est donc par des dispositions d'aménagement et d'ordre dans le parcours, la mise en défends de certaines parcelles de temps en temps, le meilleur emploi des engrais, etc., qu'il y a surtout lieu actuellement d'améliorer ces pâturages, et de viser à en augmenter insensiblement la possibilité.

Quant aux pâturages de printemps, qui sont partout en déplorable état, chaque fois que la situation du pays le per-

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mettra, on les mettra en défends, et on les boisera. En attendant, la mesure indiquée c'est à'j réduire les nombres d'animaux aux plus strictes limites, eu égard aux besoins des habitants.

La fixation de la durée du parcours prescrite par la loi n'est pas moins importante que la possibilité.

Il est nécessaire de retarder, autant que possible, l'ouverture du pâturage, afin de permettre au sol de se raffermir après la fusion des neiges, et au gazon de se régénérer. Les pâturages de printemps ne devraient jamais être ouverts que du 15 avril au 1" mai; et ceux d'été, du 20 juin au !•' juillet.

La prolongation exagérée du parcours produit les mêmes effets qu'une surcharge. Suivant l'altitude, il convient de supprimer le pâturage d'été du 10 au 20 septembre, et celui d'automne le 15 octobre au plus tard, et de ne pas attendre que les gelées ou les neiges obligent absolument les bestiaux à ne plus sortir de l'étable.

Afin d'éviter les surcharges sur certains points, et le gaspillage de l'herbe, il est essentiel d'adopter un plan d' expiaitaiion, précisant l'ordre suivant lequel devront être successivement parcourues les parcelles.

Les premières parcelles à brouter seront les plus basses et les mieux exposées. Une fois épuisées, le pâturage 7 sera interdit d'une façon complète jusqu'à la rotation suivante. Viendront ensuite les parcelles de la zone moyenne. Enfin celles de la zone supérieure, peu fournies en gazons, que les bestiaux pâtureront rapidement en une seule fois. Dans les montagnes riches, les parcelles basses seront pâturées jusqu'à trois fois, et les moyennes deux fois.

Mais le parcours ne peut être bien dirigé, parcelle par par-

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