‹ Les Alpes françaisesChapitre 82 sur 212 · LIVRE m. — LA CONSERVATION DES MONTAGNES · texte numérisé non relu

LIVRE m. — LA CONSERVATION DES MONTAGNES

jours infiniment mieux songer à augmenter celle-ci et à rélever à la hauteur des besoins et des ambitions légitimes de la population alpine.

I m. — lExexnples à créer.

L'ensemble des pâturages communaux s'est appauvri sans cesse jusqu'à présent^ mais lentement^ et leur détérioration n'est jamais assez rapide pour qu'il 7 ait péril à retarder de quelques années^ pour mieux faire ensuite^ l'intervention administrative. Il faut donc prendre le temps de créer des exemples capables de séduire et d'entraîner^ par des démonstrations palpables^ les administrateurs communaux. L'avenir de l'œuvre en dépend, c Usera sage^ disait un des promoteurs de la loi, de prendre pour point de départ les choses telles qu'elles sont, de les perfectionner peu à peu, d'opérer par éclaircies prudentes et successives. ^ Pendant dix ans, peutêtre plus, certaines communes choisies, après une étude sur les lieux des hommes et des choses, une par arrondissement ou par canton, devraient être l'objet de soins spéciaux de la part de l'administration. Quelles communes préférer? Évidemment celles du sommet des vallées, qui sont formées par de vastes cirques de montagnes étagées des bords de la rivière aux glaciers, pourvues de belles eaux en abondance, surgissant des sources, des lacs, des neiges éternelles, pouvant être captées de tous côtés et conduites partout par des canaux peu coûteux. C'est là qu'on trouve le plus de ressources naturelles, et en même temps les populations les plus énergiques, les plus intelligentes, les plus désireuses du mieux.

Afin de conquérir auprès de ces communes cette confiance et ce concours indispensables, sans lesquels le texte peu rigoureux de la loi ne permet de compter sur aucun succès

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important; on commencera par y exécuter toutes les améliorations pastorales possibles ^ et Ton réglementera les pâturages après. On préparera ainsi un régime d'entente et de paiX; sur la base de Tamélioration pastorale.

Inutile de perdre son temps à souhaiter ou à solliciter une nouvelle loi^ moins libérale. La parole ^ la plume^ le zèle^ Texpérimentation^ des subventions^ voilà les moyens que la loi nous permet d'employer, ou nous oflFre dès maintenant. Ils suffisent.

J'ajoute que, si les mêmes motifs conduisent à reconnaître la nécessité de la tutelle administrative en matière pastorale et forestière, la même rigueur ne se trouve aucunement justifiée dans l'exercice de ces deux tutelles, parce que, s'il faut un siècle pour remédier à nos fautes en sylviculture, les abus de pâturages, à moins qu'ils n'aient produit de véritables destructions, peuvent être réparés en beaucoup moins de temps; parce qu'en outre, la question pastorale tient tant au cœur et à la vie des populations, qu'on se trouve absolument obligé de compter avec l'opinion, et conduit par là même à user de procédés d'encouragement, plutôt que de voies coercitives.

Nous allons, dans le chapitre suivant, donner un exemple d'étude et de réglementation pastorales appliquées à une commune alpestre, en choisissant pour type la commune de Ristolas (Hautes-Alpes), qui nous offre l'avantage de renfermer des pâturages de toute nature sur un territoire assez restreint pour être représenté tout entier au gç^ dans le format de notre livre.

Plan d'Aménagement des Pâtitat- Major.

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