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2. M. Babinski est arrivé d'une façon indépendante à observer plusieurs des faits que je vais maintenant décrire. Il en est de même pour M. OnanofT. {Avch. de neurologie, 1890.)
simple mouvement réflexe. Pour arrêter l'expérimentateur au moment voulu, il faut qu'il y ait dans le sujet une intelligence qui laisse fléchir le doigt, compte le nombre des flexions, puis quand ce nombre est égal au nombre pensé, raidit le doigt dans l'intention évidente d'arrêter l'expérimentateur dans sa numération.
M. Onanoff a cherché à mesurer le temps de réaction de ces mouvements inconscients produits par des idées conscientes. Voici comment il a disposé l'expérience. On propose au sujet de penser à un nombre. Supposons qu'il ait pensé au nombre 2. On touche le membre une première fois; le moment du contact est marqué sur le cylindre enregistreur; le doigt du sujet ne bouge pas; on touche une seconde fois, le doigt du sujet se déplace; le contact de l'expérimentateur et le mouvement du sujet s^inscrivent sur le même cylindre et la distance entre les deux marques donne la mesure du temps de la réaction subconsciente. La lecture des tracés a montré que le temps de la réaction subconsciente est moindre que le temps de réaction d'un même sujet accomplissant un mouvement volontaire, avec son membre non anesthésié. En effet, le temps est de 0",07 à 0",11, chez des sujets présentant dans les mouvements volontaires un temps de réaction de 0",127 à 0",196. Cette expérience fournit un bon signe objectif contre la simulation ; elle s'accorde du reste avec celle que nous avons rapportée plus haut relativement à la réaction subconsciente qui accompagne un mouvement volontaire d'un membre anesthésique.
En appendice à la série d'expériences précédentes, nous devons noter un fait un peu diff'érent, qui prouve avec quelle complexité de formes parfois se réalise la collaboration des deux consciences. Dans l'écriture automatique que nous avons décrite, une des consciences représente l'idée et l'autre l'exprime. Il est possible que la conscience principale, au lieu de provoquer le processus d'un acte dans le domaine de l'autre conscience, provoque seulement une tendance, une orientation particuhère des idées; voici
dans quelles circonstances se produit cette sorte d'induction psychique, que je crois très intéressante, car on la retrouve en dehors de l'hystérie, et dans des cas très nombreux. On demande au sujet le nom d'une personne ou d'un objet qu'il a peine à se rappeler; on peut faire l'expérience sur une date, sur un événement quelconque; le sujet cherche a se rappeler, mais n'y parvient pas; il dit qu'il a le mot sur le bout de la langue, mais ses efforts pour le prononcer ne servent à rien. Si alors on met un crayon dans la main anesthésique, qui est habituée déjà à l'écriture automatique, il peut arriver que celle-ci écrive sur-le-champ le mot que le sujet cherche vainement. Ceci nous prouve : d'abord que la seconde conscience peut avoir une mémoire plus étendue, sur certains points, que la mémoire de la première conscience; l'observation est intéressante, et vaut la peine d'être enregistrée, car des expériences très bien faites ont conduit au même résultat d'autres observateurs, et ont montré également que la mémoire inconsciente est plus étendue que la mémoire consciente \ Mais ce n'est pas pour mettre en lumière ce fait que j'ai rapporté l'expérience précédente; c'est pour donner un nouvel exemple de collaboration des deux consciences. Dans cette recherche d'un mot oublié, la première conscience donne l'impulsion à la seconde; il y a donc eu là une influence complexe et assez difficile à définir, réelle pourtant, entre les deux consciences.
Il est bien curieux que malgré ces communications si directes et si intimes, les deux consciences restent séparées, et que l'une d'elles au moins, la conscience principale, continue à ignorer complètement l'existence de l'autre. Il m'a semblé qu'une telle situation ne se prolonge jamais longtemps, et que si on multiplie expérimentalement les points de contact de ces deux consciences, l'une d'elles, l'anormale, tend à se développer aux dépens de l'autre; nous avons déjà assisté une fois à ce développement des