‹ Les alterations de la personaliteChapitre 35 sur 119 · I. Op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Op. cit., p

LKS IDEES D OUIGINE SUBCONSCIENTE PJii

pathologie mentale et nerveuse; ainsi, nous négligeons complètement l'étude des aliénés, pensant que sur ce point rien de décisif n'a été fait depuis l'ouvrage de M. Ribot, qui a bien montré dans quelle mesure ces malades peuvent présenter des personnalités multiples. Il faut cependant franchir ici, une fois seulement, les limites que nous nous sommes tracées, car les faits que nous venons d'étudier trouvent dans la pathologie mentale une application tellement directe qu'on ne peut se dispenser de la signaler.

En effet, s'il est exact qu'on rencontre fréquemment chez les aliénés et dans une foule d'autres conditions morbides des séparations de conscience, on doit rencontrer bien plus fréquemment encore des consciences qui, quoique séparées, continuent à agir les unes sur les autres, ce qui produit des résultats d'une grande complexité.

Nos expériences, qui ont porté presque uniquement sur des suggestions d'images visuelles, ne donnent pas une idée du nombre considérable de formes que la communication de consciences peut revêtir; il peut se produire non seulement des hallucinations visuelles, mais des hallucinations de tous les autres sens et des idées fixes; la volonté et les sentiments peuvent être également affectés, et c'est là probablement ce qui expliquerait un certain nombre des impulsions irrésistibles que le malade subit sans perdre la conscience de son identité.

Dans ces derniers temps M. Séglas * a montré plus clairement qu'on ne l'avait fait jusqu'ici que certains malades peuvent contenir des groupes distincts de phénomènes psychologiques, et qu'il peut y avoir entre ces groupes, à des moments donnés, des communications d'idées; ces idées prennent chez les aliénés de préférence la forme auditive ou la forme motrice; le plus communément, ce sont des voix qui se font entendre au malade; les voix

1. Progrès médical, n°' 33, 34, 1888, et Annales médico-psycho., janv. et juillet 1889. Voir aussi un très intéressant article de F, de Sarlo [Rivista di Freniatrla, II et III, 1891).

prononcent des paroles ayant un sens, et répondant, comme on a pu s'en assurer, à un état de préoccupation dont le malade n'a point la conscience claire; parfois, le malade n'entend pas distinctement le son, mais il perçoit un mouvement d'articulation qui se produit dans sa bouche, et il comprend le sens des paroles qui sont sur le point d'être émises; c'est l'hallucination motrice verbale; d'autres fois, sa main écrit spontanément sans qu'il en ait conscience. Il n'est pas besoin d'insister longuement pour montrer l'intérêt de ces observations et leur analogie avec celles que l'on fait sur les hystériques.

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