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CHAPITRE IV

Suggestions où le but seul est indiqué, le moyen étant confié à l'initiative du sujet. — Hallucinations à point de repère. — Principaux caractères. — Optique hallucinatoire. — Le point de repère est l'objet d'une perception inconsciente. — Démonstration directe de cette perception. — Intelligence du personnage subconscient.

S'il fallait s'en tenir à ce qui précède, les rapports des deux consciences, pendant l'exécution des suggestions, seraient assez simples; un acte est commandé, avonsnous vu; la conscience somnambulique, qui a recueilli la suggestion et s'en rend bien compte, se contente d'iniroduire l'idée de l'acte dans la conscience principale, ou bien elle se substitue à la conscience principale pour réaliser la suggestion. Mais on peut créer, par artifice, des situations assez complexes, qui entraînent une complexité correspondante dans les rapports des deux consciences. En d'autres termes, on a pu obliger le moi somnambulique à collaborer avec le moi normal, de sorte que la suggestion devient leur œuvre commune.

Pour bien comprendre ce point, il faut remarquer tout d'abord que dans beaucoup de cas la suggestion pose un problème; elle indique au sujet un but à atteindre, sans lui en indiquer le moyen ; la question du comment est

laissée à son initiative, elle ne fait pas partie de l'idée suggérée.

Ainsi, on donne au sujet l'ordre d'exécuter un mouvement huit minutes après son réveil, mais on ne lui indique pas comment il doit apprécier le temps pour ne faire le mouvement ni trop tôt ni trop tard. De môme, on lui commande de ne plus voir un objet, sans lui apprendre le moyen qu'il doit employer pour ne pas le voir. De même encore, on lui montre une hallucination sur une carte blanche, qu'il devra retrouver ensuite parmi dix cartes semblables, et on ne lui suggère aucun procédé pouvant le guider dans sa recherche. Yoilà trois exemples typiques : ce sont du reste les seuls dont nous ayons l'intention de parler. Ilsoffrent ce trait commun que le but est indiqué, mais que le moyen de l'atteindre est laissé à l'initiative du sujet. Or, nous allons montrer par une étude détaillée que le sujet, interrogé pendant la veille, ne sait rien des moyens employés. C'est le moi somnambulique qui intervient ici, qui invente les moyens, qui écarte les causes d'erreurs, et qui se charge de mener à bonne fin la suggestion. 11 y a, si l'on veut, collaboration, mais à parts inégales; le rôle inteUigent est tenu par le personnage somnambulique.

Nous commencerons par dire un mot des hallucinations avec point de repère. Nous en avons longuement parlé ailleurs \ et si nous y revenons, c'est pour ajouter à notre description quelques détails complémentaires, que nous avons appris depuis, et qui sont relatifs au dédoublement de conscience.

Une règle paraît dominer les hallucinations visuelles qu'on impose par suggestion verbale aux personnes hypnotisées : c'est que l'objet imaginaire est vu à peu près dans les mêmes conditions que s'il était réel. C'est ainsi que lorsque la suggestion a créé un objet inerte et immobile, cet objet imaginaire occupe à poste fixe la position indiquée par Texpérimentateur; le livre, la clef, pour

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