CHAPITRE VI
LES ACTIONS VOLONTAIRES ET INCONSCIENTES
I. Les relations des consciences distinctes. — Leur étude dans l’exécution des mouvements volontaires. — Définition de l’activité motrice volontaire. — Importance des impressions kinesthésiques.
II. Situation mentale d’une hystérique anesthésique. — Perte des sensations et des images motrices. — Conservation de la faculté de coordination. — Observations de M. Charcot et d’autres auteurs. — Interprétation proposée de ces expériences. — La théorie du courant centrifuge. — Discussion et réfutation de cette théorie. — Rôle méconnu de la division de conscience.
III. Étude détaillée de l’écriture tracée avec une main insensible, les yeux fermés. — Plusieurs catégories de malades. — Les images visuelles directrices. — Correspondance entre les images visuelles et les mouvements.
IV. Autres caractères des mouvements exécutés par les membres anesthésiques. — Diminution dans la force de pression au dynamomètre. — Allongement du temps physiologique de réaction. — Forme particulière de la contraction. — Durée de l’état de contraction.
On a vu jusqu’ici comment chez une même personne plusieurs faits de conscience peuvent vivre séparément sans se confondre, et donner lieu à l’existence simultanée de plusieurs consciences, et même, dans certains cas, de plusieurs personnalités. Nous avons surtout insisté sur la séparation des consciences; c’était le premier fait à bien mettre en lumière. Nous devons maintenant montrer que si ces consciences sont séparées à un certain point de vue, elles peuvent être réunies à un autre point de vue, elles
LES ACTIONS VOLONTAIRES ET INCONSCIENTES 141 peuvent entretenir l’une avec l’autre des relations. Ce sont là des phénomènes très complexes, et très intéressants pour la psychologie.
Cette question n’a pour ainsi dire pas d’historique ; je crois avoir été le premier à la traiter dans mes articles de la Revue philosophique, et M. Pierre Janet l’a enrichie ensuite de plusieurs faits curieux; je montrerai, dans la 3° partie de ce livre, combien l’étude des rapports entre les consciences distinctes éclaire les. suggestions classiques du somnambulisme, dont une foule de détails sont restés jusqu’ici inexpliqués. Les relations de deux consciences peuvent prendre deux formes distinctes, l’antagonisme et la collaboration. Nous étudierons d’abord, dans ce chapitre, leur collaboration.
Si l’on suit avec attention les mouvements et les actes d’un sujet qui a perdu la sensibilité consciente dans un ou plusieurs de ses membres, on n’a pas de peine à saisir sur le fait le personnage subconscient au moment où il intervient pour aider de son travail silencieux la pensée ou la volonté de la conscience principale. Mais on ne peut bien comprendre ce rôle de l’inconscient que si on a une idée de l’activité motrice normale.
Cette activité motrice a été très bien analysée par M. William James dans son remarquable mémoire sur le Sens de l 1 Effort. Lorsque, dit-il en résumé, un sujet normal exécute, les yeux ouverts, avec un membre qui n’est ni paralysé ni insensible, une action volontaire, simple ou compliquée, ce mouvement implique tout d’abord certains états préparatoires, qui soDt : 1° une idée préalable de la fin que le sujet désire atteindre; 2° un fiat , un ictus de la volonté; puis au moment du passage de la volonté à 1 acte, d’autres éléments interviennent; un événement physiologique; 3° les contractions musculaires appropriées; et un événement psychique; 4° la perception sensible du mouvement, à mesure qu’il s’exécute.
Mettons à part les contractions musculaires, qui sont d’ordre purement physiologique; mettons aussi à part le fiat de la volonté, qu’il est difficile d analyser, et dont nous
n'aurons pas à nous occuper par la suite ; il reste deux faits principaux : 1° la représentation du mouvement, avant qu’il s’accomplisse, et 2° la perception du mouvement, à mesure qu’il s’accomplit. C’est sous ces deux formes que notre intelligence entre en relation avec l’activité motrice de nos membres : une représentation antérieure au mouvement et une perception postérieure; un état de conscience modèle , et un état de conscience copie.
La représentation antérieure, à quoi sert-elle? à déterminer la nature et la forme du mouvement ; c’est un modèle mental du mouvement, un modèle que notre membre cherche en quelque sorte à copier; si je veux asséner un coup de poing, et que je réfléchisse à mon acte quelque temps avant de l’accomplir, j’ai la représentation de ma main qui se ferme et de mon bras qui. se lève. En quoi consiste cette représentation de l’acte? en perceptions de mouvement renouvelées ; chez un sujet normal, cette représentation est très riche; elle est composée d’images visuelles, tactiles, musculaires et autres; on voit son poing qui se lève, et en même temps, on a la sensation anticipée de ce qu’on va éprouver dans le bras et dans la main au moment de la contraction. Dans les actes réflexes, les actes idéo-moteurs, l’expression des émotions, les actes associés en série, etc., la notion consciente qui précède le mouvement paraît s’effacer et perdre son importance; ces cas mériteraient une discussion à part, que nous n’avons pas le temps de faire; nous nous en tenons à un acte hautement volontaire, et bien réfléchi, dans lequel on a la représentation de l’acte avant de l’accomplir.
Tel est 1 état de conscience qui précède le mouvement ; celui qui le suit, ou plutôt l’accompagne à mesure qu’il s’exécute, est aussi important que le précédent; car c’est lui qui permet de coordonner le mouvement, de le diriger de le rectifier quand le but est manqué. Gomment se fait ce contrôle?
Supposons, par exemple, que notre main soit posée sur nos genoux, ouverte; nous voulons la fermer, et nous la
LES ACTIONS VOLONTAIRES ET INCONSCIENTES 143 fermons. Comment savons-nous quelle est fermée? D’abord nous le savons parce que nous avons conscience de notre volonté; mais une cause quelconque aurait pu s’opposer à notre mouvement, et notre acte de volonté serait resté identique; avoir conscience de sa volonté, ce n’est donc pas avoir conscience du mouvement lui-même; ce qui nous permet de percevoir le mouvement à mesure qu’il s’exécute, c’est la vue et la sensibilité du membre qui agit. Ces deux ordres de sensations sont de nature centripète; ce sont des faits extérieurs, transmis au cerveau par les nerfs sensitifs; ce sont, de plus, des impressions consécutives au mouvement exécuté; elles sont postérieures au mouvement, elles en sont la copie; elles donnent au sujet le sentiment de l’énergie qui a été déployée.
Le premier et le plus simple moyen d’information est celui de la vue. Lorsque l’individu a les yeux ouverts et fixés sur son membre en action, il est informé par sa perception visuelle de la position occupée par son membre et de l’acte exécuté. S’il écrit, la vue de sa plume lui apprend à chaque instant, et avec une précision parfaite, la lettre qu’il vient de tracer. La vue n’est pas seulement le témoin du mouvement, elle en est aussi, et par voie de conséquence, le régulateur ; elle le précise, le rectifie, le corrige. Lorsqu’on ferme les yeux, les mouvements difficiles ou inusités deviennent incertains, et 1 on sait à quel point une personne qui commence à jouer du piano a besoin du contrôle visuel pour ne pas faire de fausses notes.
Le sens de l’ouïe nous fournit une autre source d’informations, mais de valeur bien moindre. On peut, les yeux fermés, se rendre compte qu’on écrit en écoutant le bruit de la plume sur le papier. Mais c’est surtout pour connaître la qualité des sons émis par la voix que l’oreille nous est utile. Le rôle de direction qu’elle exerce sur les mouvements des organes vocaux est tout à fait remarquable ; on a souvent observé que les sourds ont une parole rude et peu harmonieuse, parce qu’ils ne s’entendent pas parler et qu ils ne peuvent pas régler l’émission de leur voix.
En troisième lieu, des notions sur le mouvement accompli nous viennent des sensations que l’on rapporte à la sensibilité générale; ces sensations, plus obscures et plus mal définies que les précédentes, sont extrêmement nombreuses; tout d’abord, lorsqu’on exécute un mouvement difficile, la bouche se ferme, la glotte se resserre, la respiration s’arrête ou précipite ses mouvements ; ces synergies musculaires doivent contribuer, selon Ferrier et W. James, à la génèse de la sensation de l'effort; en outre, il se produit d’autres sensations, mieux localisées, qui proviennent directement des membres en action; lorsqu’on meut son bras ou sa jambe, les yeux fermés, on sent que le membre se déplace; sans doute on a connaissance du mouvement par le seul fait qu’on a conscience de la volonté qui le commande; mais ce n’est pas tout; il y a une impression spéciale, d’origine périphérique, qui nous avertit de la contraction de nos muscles volontaires; nous connaissons l’énergie, la durée, la vitesse, l’étendue, la direction de nos mouvements; nous connaissons la situation de nos membres et des différentes parties de notre corps; enfin, nous connaissons les mouvements actifs et passifs exécutés par notre corps pris en totalité. Ces impressions de mouvements (sensations kinesthésiques de Bastian) auxquelles la psychologie moderne fait jouer un rôle considérable, dérivent probablement des muscles contractés, des ligaments tirés, des articulations comprimées, de la peau tendue ou relâchée, plissée ou froissée. Ce sont elles qui, indépendamment de la vue, nous donnent la notion de la résistance des corps, de leur poids, de leur consistance, de leur forme. Seulement, on n’est pas encore parvenu à déterminer avec certitude ce qui, dans ces sensations totales de mouvement, revient au muscle, à la peau, aux surfaces articulaires *.
4. Pour l'élude de cette question, je renvoie à l’important ouvrage de M. Beaunis : les Sensations internes. ;Bibl. scient, inter.;.
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Si maintenant on considère un hystérique présentant un membre insensible, on pensera que ce malade est apte à nous montrer, par la méthode de différence, quelles sont les fonctions remplies par la sensibilité de la peau, du muscle et de l’articulation. En effet, les malades de ce wenre, dès qu’ils cessent de voir leurs membres insensibles, n’ont plus de conscience de leur position ; ils ignorent s’ils sont en état de flexion ou d’extension, ils ne sentent pas quels sont les mouvements passifs que l’expérimentateur leur imprime. Briquet parle d’une hystérique, à ce point insensible de tout le corps qu’on pouvait, après lui avoir bandé les yeux, l’enlever de son lit et l’étendre par terre sans qu’elle eût la moindre idée de ce qui s’était passé. Elle comparait la sensation quelle éprouvait ordinairement à ce que devrait éprouver une personne suspendue en l’air par un ballon. J’ai observé à la Salpêtrière un certain nombre d’hystériques qui sont anesthésiques totales et sur lesquelles il est facile de répéter des expériences analogues à celle de Briquet.
Les auteurs ont donc cherché, depuis longtemps, à profiter de l’expérience toute faite que leur offre la maladie hystérique; il a paru important de savoir quels sont les désordres de l’activité volontaire qui sont produits chez les hystériques par la perte des sensations kinesthésiques. Ce mode de recherche n’offre aucune difficulté; on prie le sujet de fermer les yeux, ou mieux encore on lui cache la tète derrière un écran et, ceci fait, on l’invite à exécuter un certain nombre d'actes, simples ou compliqués, avec son membre insensible.
Quand l’expérience est disposée de la sorte, dans quelle situation le sujet se trouve-t-il placé? Pour voir ce qui lui manque, reportons-nous au schéma de 1 activité volontaire et normale. L’hystérique conserve la faculté de vouloir le
A. Bl.NET.
mouvement, ce que nous avons appelé d’un mot sommaire le fiat de la volonté. Les muscles, n’étant point paralysés, peuvent se contracter. Tout ceci subsiste, mais les deux états de conscience modèle et copie sont gravement atteints. D’abord la perception du mouvement, à mesure qu’il s’exécute, est supprimée; plus de sensations visuelles, puisqu’on interpose un écran; plus de sensations tactiles et kinesthésiques en retour, puisque le membre est anesthésique. Ainsi, le sujet cesse d’être en communication avec son membre, il n’en reçoit plus de nouvelles. Voilà pour l’état de conscience copie. Quant au modèle , cette représentation si complexe et si riche chez une personne normale, nous allons voir qu’elle s’est notablement appauvrie.
En effet, le sujet ne peut plus se représenter le mouvement sous la forme motrice ; il a perdu à la fois les sensations kinesthésiques et les images correspondantes; c’est du moins la règle; l’anesthésie d’un sens entraîne en général la perte de la mémoire de ce sens *. A défaut d’image motrice pour se représenter l’acte avant de l’exécuter, l’hystérique peut faire appel à d’autres images, qui jusqu’à un certain point remplaceront les précédentes; il pourra surtout employer les images visuelles, si du moins il a une bonne mémoire visuelle, ce qui n’est pas toujours le cas; il se fera donc tant bien que mal une représentation mentale du mouvement à accomplir. Les images auditives ne peuvent guère lui servir. L’image visuelle est en somme tout ce qui lui reste.
Pas absolument tout, cependant : nous avons mentionné simplement la perte des sensations kinesthésiques; ce n’est pas une perte complète, absolue, ou, du moins, cette perte n’a lieu que pour la personnalité principale ; tout ce qu’on doit admettre, c’est que le moi principal du sujet a perdu la perception de ces sensations; mais à côté et en dehors de ce moi, il y a une autre conscience capable de recueillir et de coordonner les sensations qui sont en apparence per-
1. Il y a, je crois, des exceptions à cette règle : on peut dire seulement que très fréquemment l’anesthésie d’un sens en entraîne l’amnésie.
LES ACTIONS VOLONTAIRES ET INCONSCIENTES 147 dues; nous en avons donné déjà de nombreuses preuves.
Du reste, il suffit de quelques expériences très simples pour mettre en lumière la collaboration des deux personnalités. Il est beaucoup de sujets qui corrigent à leur insu la déviation qu’on imprime à leur main pendant que celleci exécute un mouvement volontaire. Ainsi on leur laisse croire que leur main insensible est sur les genoux; on l’éloigne doucement du corps et on la place dans une position insolite : puis on commande au sujet, qui a les yeux fermés, de toucher son front avec la main insensible, qui est, croit-il, sur ses genoux. Il y a des malades dont la main est désorientée; d’autres au contraire corrigent sans le savoir la déviation, et leur main insensible, qu’on l’élève en l’air, ou qu’on la place derrière le dos, se dirige toujours directement vers la figure.
Il est clair que chaque malade a sa façon propre de réagir, ce qui tient à ce que les deux personnalités ne collaborent jamais de la même façon; chez les unes, la collaboration est tout à fait rudimentaire, chez d’autres elle est au contraire si parfaite qu’il semble n’exister aucun trouble de la sensibilité; entre ces deux extrêmes on trouve tous les intermédiaires.
Dressons, pour finir ces préliminaires, le bilan d une hystérique anesthésique. Elle a pour exécuter des mouvements, quand elle ne se sert pas de la vue :
1° Sa mémoire visuelle, qui peut être excellente, ou passable, ou très mauvaise;
2° Des sensations et images kinesthésiques qui forment une sous-conscience, et cette sous-conscience peut être plus ou moins bien coordonnée; tantôt elle prête un concours très efficace à la personnalité principale, tantôt elle
ne lui sert de rien. . .
Nous voyons déjà toutes les complications que la theone prévoit dans l’exécution des mouvements. Il y en a quelques autres, d’importance moindre, que nous passons sous silence, pour simplifier. Citons maintenant quelques observations.
Les mouvements de l’écriture sont de ceux qui se conservent le mieux chez les hystériques anesthésiques; de plus, ils se prêtent assez bien à l’analyse; aussi feront-ils l’objet de notre première étude; nous allons résumer ici des observations faites avec M. Féré sur une trentaine de malades.
Ce sont ces expériences qui m’ont conduit à reconnaître la division de conscience chez les hystériques. J’avais eu l’idée a priori que si une hystérique écrivait les yeux fermés avec sa main insensible, l’absence de sensations musculaires se ferait gravement, sentir et l’écriture serait tout à fait incoordonnée. J’ignorais complètement, à ce moment, la nature de l’anesthésie hystérique. Je fis l’expérience et le résultat donna tort à mon idée préconçue. Je fus amené alors, avec M. Féré, à étudier les sensations kinesthésiques, et progressivement je constatai avec lui le rôle des images visuelles et la séparation des consciences.
La plupart des malades hystériques peuvent écrire les yeux fermés, avec leur main insensible; pour ces expériences il faut préférer ceux qui ont la main droite insensible. L’écriture tracée les yeux fermés ne diffère pas beaucoup de l’écriture tracée les yeux ouverts; un observateur non prévenu ne les distinguerait pas ; les deux spécimens d’écriture ont la même grandeur, et nous paraissent appartenir au même type graphique ; parfois on, observe le redoublement ou l’omission d’un jambage ou d’une lettre, irrégularités légères que l’on retrouve chez un sujet normal écrivant les yeux fermés ; parfois aussi l’écriture tracée les yeux fermés se distingue par son amplitude. Quand le malade est insensible de la main-gauche et écrit avec cette main, l’écriture peut être renversée de droite à gauche; c’est ce qu’on appelle l’écri-
LES ACTIONS VOLONTAIRES ET INCONSCIENTES 149 ture « en miroir »; mais le plus souvent les malades écrivent de gauche à droite, dans le sens normal.
11 est important de fixer avec précision quelles sont les impressions éprouvées par le sujet hystérique au moment où il écrit avec sa main insensible. Il s agit la, est vrai, d’un état subjectif, qu’on ne peut connaître que par conjecture, en interrogeant les malades et en essayant de comprendre des explications qui ne sont pas toujours claires. Cependant nous sommes convaincu que chez les hvstériques anesthésiques l’état psychique qui dirige> les mouvements de l’écriture n’est pas le meme que d u
scripteur normal. En effet, tous ceux qui ont de 1 ^sensibilité profonde dans le bras et la main s accordent a dire qu’ffe nese sentent pas écrire ; en d’autres termes, ilsn ont pas conscience du mouvement volontaire execute par leur Lin. Aussi, les mouvements de l'écnture exécutes par la main anesthésique, sont-ils à la fois volontaires et incon- “ients. Au contraire, quand le sujet se sert de sa mai sensible, il a la notion des mouvements graphiques qui exécute et il apprécie très bien la différence.
Déplus, chez la plupart des malades, l’ecnture inconsciente de la main insensible est guidée par un état de conscience visuel; les sujets, interrogés avec précision, affirment presque tous qu’ffe se voient écrivant ; cela veut dire qu'ils se représentent dans leur esprit 1 image de leur main qui écrit, ou l’image de la lettre qu’ils écrivent; c est ce modèle que copie le mouvement graphique inconscient Bien entendu, ce fait n’est pas constant, il est seulement assez général, et tient à ce que les malades appartiennent au tvpe visuel *. J’ai pu étudier à cet égard une malade
très intéressante, qui a si peu de mémoire visuelle qu elle ne
peut pas se rappeler la couleur des yeux de ses meilleures amies, à moins qu’on ait fait allusion devant elle a cette couleur (alors, c’est la mémoire verbale qui intervient), cette malade, quand elle écrit les yeux fermes avec sa
- . rn ir ma Psiicholoqie du raisonnement,