‹ Les amants de VéroneChapitre 12 sur 38 · DEUXIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TABLEAU

La cellule de Lorenzo. — Le jour est veau.

SCÈNE PREMIÈRE LORENZO, seul; il tient à la maio une corbeille remplie de fleurs et de

plantes mi-diciaales.

A l'aube aux yeux gris quaud l'ombre a fait place,

Dans le ciel baigné de vagues lueurs;

Avant que le jour embrase l'espace,

J'ai cueilli ces fleurs.

J'ai la ciguë avec la menthe,

L'euphorbe avec le citronnier.

Poison subtil et bonne plante,

Mon art saura tout employer.

Ainsi fais-tu, mère attentive,

0 toi, nature, dont la main

Mit le dictame qui ravive,

Tout à côté du noir venin.

A l'aube aux yeux gris quand l'ombre a fait place,

Dans le ciel baigné de vagues lueurs ;

Avant que le jour embrase l'espace,

J'ai cueilli ces fleurs.

Roméo parait sur le seuil de la cellule.

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