‹ Les amants de VéroneChapitre 2 sur 38 · LES MÊMES, JULIETTE, LA NOURRICE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, JULIETTE, LA NOURRICE

La foule s'écarte et Juliette parait, suivie de la nourrice.

LE CHOEUR, se retirant un peu.

Juliette.

CAPULET

Nourrice, approchez; qu'on l'admire.

Plus près, encor plus près.

JULIETTE

Mon père bien-aimé de moi se plaît à rire.

CAPULET, tendrement.

Oh! non, fillette.

LA NOURRICE

On l'a parée exprès Pour gagner tous les coeurs... le vôtre aussi, messire.

Elle a seize ans ;

Elle est bonne, elle est belle ; Et rien qu'à voir fleurir son gai printemps.

Mon coeur s'émeut, il reverdit par elle;

Elle a seize ans.

ENSEMBLE

JULIETTE

Mon coeur s'émeut, ô bonté paternelle,

Mon coeur s'émeut à tes accents.

LA NOURRICE

Son coeur s'émeut, il reverdit par elle,

Il reverdit à ses seize ans.

CAPULET

Mon coeur s'émeut, il reverdit par elle,

Il reverdit à ses seize ans!

CAPULET

D'un époux la tendresse Me va bientôt ravir ce gai printemps,

Aux beaux galants,

Toujours va la jeunesse;

Elle a seize ans.

ENSEMBLE

JULIETTE

Mon cher seigneur, bannissez la tristesse,

Il est à vous, mon gai printemps.

LA NOURRICE

Aux beaux galants toujours va la jeunesse,

Toujours, ma fille, après seize ans.

Aux beaux galants toujours va la jeunesse,

Toujours, hélas 1 après seize ans.

• CAPULET

Non, tu n'es plus à moi, car le cousin du prince,

Paris, a demandé ta main.

Regarde-le ce soir; tu me diras demain S'il te plaît, mon enfant.

11 s'éloigne.

LA NOURRICE

* Le parti n'est pas mince.

JULIETTE

Hé quoi ! si jeune encore !

LA NOURRICE

A l'âge où je vous vois, Ma chère enfant, j'étais femme autrefois.

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