Les amants enchaînés. Illus. de Mayo
niiiK' les jours précédents, il raperçiit près (le riiotel. accoudée à la balustrade de la ^^ terrasse (Vni\ Ton domine la plaine ombrienne et la \allée du 'Tibre. .\])rès avoir lon<T^tem])s contemplé l'horizon ([ue les montai^nies ferment de tous côtés, elle s'assit sur un banc du petit jardin dont les sapins achèxent de donner à ce coin de Pérouse un faux air de \ille suisse.
Il ralentit le i)as. I. 'ombre des arbres était courte et lumineuse, semée de poussières d'or. Des moineaux s'enfuyaient à son ai)proche. d'un \ ol
12 I.KS AMANTS KXClIAlNÉS
pesant, accablés par la chaleur de cette matinée de juillet. Un jardinier, coiffé d'une casquette autour de laquelle flottait un couvre-nuque, arrosait d'un maigre jet d'eau le gazon ras qu'avait roussi l'été. L'n \ eut tiède soufflait, roulant les feuilles mortes le long des allées.
Il fit un détour pour passer devant elle. Très ému. il ne savait quelle attitude prendre. Il s'arrêta un moment et, de loin, la regarda. Elle était nutête ; ses cheveux blonds se détachaient sur les verdures. Elle lui parut plus séduisante encore. Il affermit sa résolution de ne pas laisser finir la journée sans trouver l'occasion de lui parler et il décida d'abord qu'il n'irait pas déjeuner à sa pension. Bien qu'il eût sa chambre au Grand-Hôtel pour jouir de l'incomparable paysage qui s'étendait sous la fenêtre, il n'y prenait point ses repas, détestant la cuisine des palaces, et il mangeait dans une de ces trattoric, dédaignées des touristes, que recherchent les initiés.
— Après tout, conclut-il, joli visage vaut bien mauvais déjeuner...
Il se remit en marche. En arrivant près de la jeune femme, il la regarda avec insistance. Elle