‹ Les amants enchaînés. Illus. de MayoChapitre 10 sur 29 · I I DN I II · texte numérisé non relu

I I DN I II

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( hii. jv sais - Vous ne me \';i\c/. d'ailleurs pas carlu' — \<>us me ini^c/ pareil à ces jeunes j^ens (jui ne peuvent approcher une teninie sans lui faire la ctinr. l'.h bien ! \ nus \nns tmiiipc/. je ne suis pas un coureur daxentures : je n'ai pa^ éparpillé mon cieur sur (ous les chennns.... < )li ! je ne p()>e |)as à rh(»ninie vertueux ; je ne nie crois ])as meilleur que les autres. Mais ce ([uc je puis vous jurer, c'est que je n'ai eu (pi'une liaison dans ma vie. il y a lonj^temps. avant la guerre... J'étais étudiant...

l'-lle l'interromi)it.

— je vous en prie... je ne vous demande rien : cela ne me regarde pas.

— Mais moi. je tiens à vous le dire ; je veux que vous me connaissiez tel que je suis... Depuis, pendant mes permissions ou ma longue convalescence, j'ai pu avoir (juelques banales aventures sans conséquence et sans intérêt ; mais jamais, vous m'entendez, jamais plus je n'ai dit un seul mot de tendresse à une femme... je n'ai aimé ([u'une fois. comme on aime à vin^t ans... C'était une jeune tille, employée dans une l)an([ue. ([ui loi;eait à la pension

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clc tamillo où in'a\;iicnt ciuoyé mes parents...

l--lle til seinl)lam de vouloir l'arrêter encore ; mais, au fond, elle était \ivement intéressée par cette ctuîfession (ju'elle sentait sincère.

— Pourquoi me racontez-vous toutes ces choses? Je n'ai aucun droit à les connaître.

— Cela me fait plaisir de vous ouvrir mon cœur ; et c'est déjà une si vieille histoire, que, vraiment, il n'y a pas d'indiscrétion... Qui sait ce qu'est devenue la pauvre Lucile ? Elle ne m'a plus donné signe de vie, depuis la mobilisation qui m'appela brusquement en Algérie, où j'avais fait mon service. Envoyé en Orient, je lui écrivis deux ou trois fois, mais ne reçus point de réponse. Gravement blessé, comme vous le savez, je restai plusieurs mois à Salonique ; puis je vins à Alger, où mon père était mort pendant mon séjour à l'hôpital. Il me fallut deux ou trois mois pour régler les affaires de la succession. Les formalités de ma mise en réforme me retinrent encore plusieurs semaines. Quand je pus venir à Paris, je demandai des nouvelles de Lucile ; à la banque où elle travaillait, à la pension où nous étions tous deux, on me ré])ondit qu'aux premiers jours des hostilités, elle avait quitté Paris pour

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