I.K DRAM F. K
VAcUv (If mon passt'». kapi^'Ir/ vous ([uc- je vous ai roiité iH'tlc \icilli* liist(»irr. pnvscuu' inalj^ré nous, le j(mr (If noire l'xeuiNion à \ssi>e.
( "est xr.'ii. mon ann. et \'ons a\ez bien fait ; il valait nnCnx (pu- je In^st' avertie.
. -- Je eoninienee ponriant à le re^n'etler.
— l'onripioi ?
— Si je ne \(>us a\ais pas j)arlé de laieile. vous n'anrie/ pn en rê\er... l'.ntni voiei...
\'.{ lentement, il é\()(|ua les ])lus infimes souvenirs (le la liaison passée. A l'air ^ra\e et mystérieux (l'ilélène. aux sous-entendus de ses questions, il sent.iit confusément (pTelle axait du api)ren(lre quelque chose ; il espérait, en rappelant cà sa mémoire des détails auxcjuels il n'avait plus pensé depuis des années. (|u'une lueur jaillirait j)eut-être qui le mettrait ^ur la \()ie.
Mais Hélène. im])atiente d'arrixer au hut et n'apprenant rien de nouxeau par le récit de Georges. l'interrompit :
- Même n'ayant pas ])our cette jeune tîlle la grande passion dont xous rêvez, xous l'aimiez et l'estimiez assez pour l'épouser, n'est-ce i)as ?
— je \-ous avoue cpie jamais encore je ne
\o\ I Ks AM.wrs Kxcn.\i\i-:s
m'étais posé cette question... Liicilc s'était donnée librement, sans arriore-pcn.^ée. sans sonj^er le moins ihi monde au mariage...
Pour la première fois, devant cette femme qui l'interrogeait comme un magistrat, il eut l'idée qu'il axait été léger, cju'il avait peut-être mal agi.
— Que voulez- vous ? Nous étions tous deux des enfants...
Mme l^^onteney se leva, lït quelques pas dans la chambre, la main sur les yeux, pour mieux concentrer son attention. F\ns, elle revint vers Georges, et, d'une voix grave, mais très calme, parla.
— Supposez, mon ami, que Mlle Deray vous aime et vous attende toujours.
— Soit !
— Que feriez-vous ?
Cette fois, il n'y tint plus.
— Mais enfin, ])ourquoi toutes ces questions ? J'ai le droit de le savoir. J'ai l'air d'un criminel devant un juge d'instruction. C'est folie pure de nous torturer ainsi ])our un cauchemar !
— Rh bien ! voici ce que j'ai rêvé. J'étais dans cette chambre par une matinée claire et riante, comme celle-ci, lorsque, de cette fenêtre, j'aperçus,
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sur 1.1 ttTiassc. iiiu« t'ctnnu- cl niu' rillcllc (pu me rci^ar('.'iiciii awc insislancc. Je Icui" dcniandai ce (|n\-llrs me vniilaivnt. Alors, rcllr tCninic nie dit (in'rllc ctait laiciK- I )cra\ et (inc-llc désirait voir M. ( IcMiocs Kicliauil. le piTr de l'enfant qu'elle tenait à la main.
( ieorj^es éclata de rire, heureux de savoir enfin ce (|ue cachait tout ce mystère.
— lu c'est j)our cela c|ue xous êtes bouleversée et ([ue vous venez de me faire vivre des heures d'an«^oisse ! C 'est insensé ! \ ous ne doutez pas de moi. je su])i)ose ? I)e|)ui> ([ue j'ai quitté Lucile. je ne- l'ai jamais revue, je vous le jure. ..Si j'avais un enfant, je le saurais...
— Supposez (pie non.
— C'est al)sur(le. im])ossil)le !
— Non, mon ami. il n'y a rien là d'absurde, ni d'impossible. \(>us m'a\ez dit \-ous-même que vous a\ iez (piitté l)rus([uement Mlle Deray...
(ieor^^es se leva. imi)atienté.
— Soit î ( )ù voulez-vous en \enir ? Xous ne pouvons tout de même pas gâcher notre bonheur parce que vous a\ez eu un rêve...
Hélène comprit ([ue le jeu ne pouvait pas durer
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plus longtemps. Klle sentait, d'ailleurs, que Georges lui avait dit l'exacte vérité. 11 fallait donc maintenant parler sans détour. Tout en marchant à travers la pièce, elle alla s'assurer, de la fenêtre, que Lucile et la fillette étaient bien assises sur un banc du jardin, attendant son ai)pel. Alors, elle s'approcha de Georges, le prit i)ar le bras, l'amena peu à i)eu vers la croisée.
— C'est que. mon ami, ce songe n'était pas comme les autres ; j'apercevais les choses d'une façon aussi précise que si j'avais été éveillée... J'étais là où vous êtes en ce moment... Et brusquement, en regardant là... voyez-vous, là, au coin de la pelouse....
Georges recula d'un bond.
— Je deviens fou... Toutes vos histoires m'ont troublé la raison...
Il revint vers la fenêtre, examina les étrangères, à qui Hélène faisait signe de rentrer à l'hôtel.
— Hélène, dites-moi que je rêve... que je suis le jouet d'une hallucination...
— Non, mon ami... Ah ! moi aussi, j'aurais bien voulu que ce ne fût qu'un songe ! Vous voyez Mlle Deray et votre enfant.
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Il rr L,'.ir(l.'iil <Ic\;iiil Ini, (•••iiitin- Ik'-Ix-Ii- (1 ne put «liK" hiillmtiiT :
l'.st-ro possible "■' l'.st-cc possiMr :
-- llclas ! oui. ("rst possible... I^a vie e>t m>\\- \ent plus étrani,'c (jiie les plus élran^^es romans. 1 )aiis ee tneiiie li(")tel. sur ce même î)alier, elle a réuni les deu.x femmes (|ui se sonl partagées votre t\eur. l'ar une cruelle ironie, là. juste en face de ma chambre, e.st la chambre de .Mlle Deray... l'our aller de l'une à l'autre, xous n'a\ez ([u'à traverser le couloir...
— je \-ous en prie... ne raillez pas ainsi. \'ous n'avez pas le droit d'accal)ler un malheureux... Dites-moi ce ([ue je dois faire... je ne sais plu.s...
— Ce que vous devez faire ? C'est fort simple. .\llez rejoindre celle ([ui vous attend dei)uis cinq ans. Allez i)ren(lre votre fille <lans vos bras : c'est une enfant délicieuse ([ui nous ressemble étonnamment ; rien qu'à son regard, je l'ai reconnue.
Jl demanda, sans oser prononcer le nom : ■ — \ Ous... lui a\ez i)arlé ?
— Mais oui, très longuement.
— Elle a été malheureuse ?
— Certainement... Mais puisqu'elle vous a re-
troinc. ses peines \(mU liiiir... A moi. maintenant... A lH)ut de forces, elle ne j)ut retenir plus longtemps les sanglots (|iii l'étouffaient. Elle fondit en lariSies et s'écroula sur un siège. A son lour, elle balbutia :
— Est-ce possible? Est-ce possible?
Il n'osait s'approcber et se contentait de l'ap- ])eler doucement.
— Hélène ! Hélène !
Comme elle ne répondait point, il fît un- ])as vers elle.
— Hélène! Je vous aime toujours...
Sans le regarder, elle eut un grand geste qui voulait dire : à quoi bon? Puis, dans un sursaut d'énergie, elle se redressa et sécha ses pleurs.
— Mais ce n'est pas le moment de nous attendrir... Soyons courageux. Séparons-nous et disonsnous adieu.
Il la regarda, d'un air atterré.
— Adieu?
— Mais oui, adieu... Vous ne supposez pas que je puisse rester plus longtemps ici, près de vous... et d'elles... Je rentre à Florence- que j'aurais bien dû ne pas quitter... Voyez, mes valises sont bou-