‹ Les amants enchaînés. Illus. de MayoChapitre 7 sur 29 · I I UNI. M · texte numérisé non relu

I I UNI. M

l'ar il n'y avait i>ln> à (1«»iiUt. 'lOiis les .syin|>- Inincs de la pa^^iOn. i-llc k'> ^l'^sc'nlait 'Irjà. l^'lle se rctr» «m ail. («•iiunc à sci/v ans, axcc les iiictiics accès (le siMisil)ilitr. l'.ii regardant les maisons routes lassées dans les creux dn terrain, le in<»nt'»nnenient clair des (»li\iers sur les collines, le ciel bleu où couraient de légers nuages souples coinnie des voiles, elle éprouxait des attendrissements subits et sans motif, mêlés d'amertume et de langueur. Tout léniouxait. le silence, le calme de la petite l)lace. les feuilles montes (|ue ses i)ieds froissaient, le soleil (|ui. par moments, tombait jjIus cliaud sur ses épaules.

Une horloge voisine sonna, bdle compta les coups... ( )nze lieures ! Plus de doute : il ne viendrait pas.

— b'ii bien 1 tant mieux !

[•-lie rangea ses affaires d'un air rageur... ( )ui. tant mieux ! N'était-ce ])as la meilleure preu\e (jue M. Richaud axait d'autres soucis ?" Il \oulait bien lui faire la cour (juand cela l'amusait. Agréable passe-temps pour rom])re la monotonie de la \ ie à Pérouse ! Mais elle ne serait i)his dupe. .Xujourd'bui même, elle mettrait ibi à cette folle idxlle... D'un

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pas décitlé. cUnit elle exagérait le martèlement CDmme pour s'encourager dans sa résolution, die descendit rapidement les petites rues qui longent la cathédrale et ramènent au centre de la ville. P^lle fredonna même un air joyeux qu'un gamin sifflait derrière elle ; mais, tout à coup, comme elle arrivait sur la place éblouissante de soleil, elle s'arrêta ; un sanglot lui monta à la gorge et elle entra dans le Dôme pour qu'on ne la vît pas pleurer.

— Regardez, s'écria Mme l'^onletiey. comme tout >em1)le neuf ce malin !

Il axait plu i)en(lant la nuit ; à traxers l'atniosphère laxée. les choses prenaient une netteté extraordinaire. L'azur était de ce Meu transparent (|ue donne la gouache à un ciel d.Kiuarelle. Une himière aiguë accusait les moindres contours. Les feuillages et les prés étaient i)resque aussi verts ([u'au printem])s.

()ui. dit ( ieorges. la helle journée ! Une simple axersc a ^ufli p<>ur faire renaître, comme

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par eiichaïUoiiKMU, Vl'iiihria 'rcrdc des ])()clcs.

Il répéta :

— La belle journée !

l\iis il ne ])arla pins et se replia snr Ini-même en une i;Ta\e méditation.

La voiture descendait vers le Tibre, au calme trot de deux chevaux (|ui i)araissaient déjà las au départ. La route traversait des champs d'oliviers plusieurs fois centenaires, qui comptent parmi les plus vénérables d'Italie.

C'était LIélène. cette fois, qui lui avait demandé de la mener à Assise. Bien qu'elle en sentît confusément le danger, elle n'avait pu résister à la joie de passer une journée entière près de lui. De plus en plus, une \ive sympathie l'entraînait vers cet homme dont le désir était sans cesse sur elle. Ce qu'elle savait de lui, son isolement dans la vie, sa belle conduite à la guerre, sa blessure, ses souffrances à l'hôpital, sa volonté de travail, tout donnait iâ ses yeux de femme un violent attrait. Et comme elle était foncièrement honnête, elle s'abandonnait sans arrière-pensée à ses sentiments, n'essayant pas de les dissimuler ni de jouer à la coquette.

Fdle interrompit sa rêverie.

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