I. IDN I.I.K
|)"»ur rntrrr ;m toiuciit. rcalisant ainsi un lointain (U'sir de soii adolescence \é(MU- en province, chez une pareille iro pieii>e. Mais, en pleine h)rce. en pleine sè\e. à \ini;t-cin(| ans. il Ini arri\ail ans>i de rexcr à 1 nne de ces ^^randes passions (|ni transliL;ni"eni den\ êtres an point (|n'il snft'it de les voir |)«)nr de\ iner lenr honlienr ; elle tressaillait tonte (|nand elle apercexait snr des \isaj^es. dans des \enx. ce ie ne sais (pi'»i d'inexprimable (jni illnnnne des amants... 1 V'n de temps après l'arnnstice. elle axait }\\u d'nne amie, mariée à l'd<»rence, l'invitation de \enir passer (piekjnes semaines dans la \'ille (les llenrs. Libre, sans proches ])arents, en possession de rentes snftisantes ])onr ])on\'oir snixre ses fantaisies, elle s'était empressée d'accepter. Son amie Un axait ironvé. près d'elle, nne pension de famille dont les jardins s'étageaient en terrasses snr le cotean de h'iesole. Dans nn raxissement chaqne jonr renonvelé. elle axait <.^n)nté la joie dn j)rintemps toscan. 1-Ji jnillet. sonffrant d'nn été torride cpii desséchait les rives de l'Arno, elle s'était réfugiée à Pérouse. pour x- jouir de la traicheur des .\i)ennins. Ses amis. é.t,\aleiuent obligés de ([uitter Morence et d'.'dlcr ré''ler dt-^ atïaires en 1 .ombardie. devaient
;S I.KS AMANIS KXC'HAINKS
la rcj'^^inilrc eu (hnhric. au mois de septembre.
Ses désirs cle solitude et de paix l'avaient tout d'abord reprise dans cette contrée encore baignée de l'atmosphère franciscaine, l^iis. peu à peu, elle avait subi à nouveau l'emprise de l'Italie où, si facilement, les moindres sensations deviennent extases, où l'on \it dans une sorte d'accablement délicieux, où l'on savoure, comme des voluptés, un souffle qui passe, une fleur, une chanson, une glace, un fruit juteux. Autour d'elle, une conspiration muette des êtres et des choses la ramenait insensiblement à l'amour. Mais ce qu'elle voulait, c'était ne pas aimer à la légère et sans la certitude de cette profondeur de sentiment qui pouvait seule lui assurer, l'ardent bonheur qu'elle rêvait... Et voilà qu'une simple rencontre avait brisé toutes ses résolutions !
— Ah ! pensait-elle, qu'il faut peu de chose pour bouleverser une vie ! Quelques pas de plus ou de moins, le hasard d'une promenade, une parole inconsciente, un regard suffisent pour enchaîner deux existences ; et les plus rudes efïorts ne peuvent séparer ce qu'une seconde a lié. Parce c^ue ce M. Richaud est descendu au même hôtel que moi, ma tranquillité est à jamais détruite...
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Comme elle arrivait sur la place éblouissante de soleil, elle s'arrêta ; un sanglot lui monta à la gorge et elle entra dans le Dôme. . (page Al)