‹ Les amants magnifiquesChapitre 22 sur 48 · CLIMÈNE, PHILINTE · texte numérisé non relu

CLIMÈNE, PHILINTE

PHILINTE

Quand je plaisois à tes yeux, J'étois content de ma vie, Et ne voyois roi ni dieux Dont le sort me fît envie.

CLIMÈNE

Lors qu'à toute autre personne Me préféroit ton ardeur,

J'aurois quitté la couronne Pour régner dessus ton coeur.

■ - PHILINTE

Une autre a guéri mon âme Des feux que j'avois pour toi.

-.■•'■ " CLIMÈNE

L7/Î autre a vengé ma flamme

Des foiblesses de ta foi.

■ -'. PHILINTE

Cloris, qu'on vante si fort, M'aime d'une ardeur fidèle ;

Sisesyeux,vouloientmarnort,

Je mourrois content pour elle.

CLIMÈNE

Myrtil, si digne d'envie,

Me chérit plus que le jour ;

Et moi, je perdrois la vie

Pour lui montrer mon amour.

PHILINTE

Mais si d'une douce ardeur

Quelque renaissante trace

Chassoit Cloris de mon coeur

Pour te remettre en sa place...

CLIMÈNE

.Bien qu'avec pleine tendresse

Myrtil me puisse chérir,

Avec toi, je le confesse,

Je voudrois vivre et mourir.

Tous DEUX ensemble.

Ah ! plus que jamais aimons-nous, Et vivons et mourons en des liens si doux.

Tous les Acteurs de la Comédie chantent

Amants, que vos querelles

Sont aimables et belles !

Qu'on y voit succéder

Déplaisir, de tendresse!

Querellez-vous sans cesse

Pour vous raccommoder !

Amants, que vos querelles

Sont aimables et belles! elc. .';■ DEUXIÈME ENTRÉE "DE BALLET.

Les Faunes et les Dryades recommencent leur danse, que les bergères et bergers musiciens entremêlent de leurs chan-sons, tandis que trois petites Dryades et trois petits Faunes" font paroitre dans-l'enfoncement du théâtre tout ce qui se passe sur le devant.

LES BERGERS ET BERGÈRES, Jouissons, jouissons des plaisirs innocents Dont les feux de l'amour savent charmer nos sens.

Des grandeurs qui voudra se soucie:

■". Tous ces honneurs dont on a tant d'envie

Ont des chagrins qui sont cuisants.

Jouissons, jouissons des plaisirs innocents Dont les feux de l'amour savent charmer nos sens.

En aimant, tout nous plaît dans la vie :

Deux coeurs unis de leur sort sont contents;

Cette ardeur, de plaisirs, suivie,

Dejous nos jours fait d'éternelsprintemps.

Jouissons, jouissons des plaisirs innocents.

Dont les feux de l'amour savent charmer nos sens.

Page 1