‹ Les amants magnifiquesChapitre 34 sur 48 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Je devrais vous faire peut-être, pour orner mon

récit, une description étendue, du sanglier, dontje

parle, mais vous vous en passerez,, s'il vous plaît,

et je me contenterai de vous dire que c'étoit un

fort vilain,animal. Il passoit son chemin, et il étoit

bon de ne lui rien dire, de ne point chercher de

noise avec lui;, mais là princesse a voulu égayer sa

dextérité, et de son dard, qu'elle -lui.a-lancé'un

peu mal à propos, ne lui en déplaise, lui a fait au--

dessus, de l'oreille une assez petite blessure. . Le

sanglier, mal mùriginé, s'est impertinemment dé--

tourné contre nous ; nous étions là deux ou trois

misérables qui avons pâli de-frajreur; chacun ga--

gnoit son arbre, et la princesse, sans défense, de--

meurait exposée à la furie de la bête, lorsque

Sostrate a paru, comme si les dieux l'eussent en--

voyé.

ERIPHILE.

Hé bien, Clitidas ? .

. CLITIDAS. :

Si mon récit vous, ennuie. Madame, je remet-- ■ irai le Teste à une autrefois. .

. ERIPHILE.

Achève promptement.

CLITIDAS.

Ma foi, c'est promptement, de vrai, que j'achè--

verai, car un peu de poltronnerie m'a empêché de

voir tout le détail de. ce combat ;-et tout ce que je puis vous dire, c'est que, retournant sur la place, nous avons vu le sanglier mort, tout vautré dans son sang, et la princesse, pleine de joie, nommant Sostrate son libérateur et l'époux digne et fortuné que les dieux lui marquoient pour vous. A ces pa-roles, j'ai cru que j'en avois assez entendu, et je me suis hâté de vous en venir, avant tous, apporter la nouvelle.

ERIPHILE.

Ah ! Clitidas, pouvois-tu m'en donner une qui me pût être plus agréable ?

CLITIDAS.

Voilà qu'on vient vous trouver.

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