‹ Les amants: poésiesChapitre 11 sur 60 · L'ÉPERON · texte numérisé non relu

L'ÉPERON

L'iasaiiable instinct de vivre nous harcelle Jusqu'au bout, cependant qu'à l'angoisse nouvelle Nous marchons précédés par le nouveau souci, Et mordus en secret sans trêve ni merci Par l'hydre que déroule et nourrit la mémoire. O Nature I A la nôtre asservissant ta gloire, De nos vils bruits troublant tes muets entretiens, Sans honte nous versons nos rêves dans les tiens. Fiers de tes -flancs rongés, trouant tes saintes voûtes, Sous l'éperon fatal nous reprenons nos routes Vers le labeur des jours ou le repos des nuits, A travers nos remords, nos dégoûts, nos ennuis.

-Kw*-^^

l'éperon

Nos désespoirs, hélas ! nos amours, ô misère !

Qui de tout Thorizon font une fondrière,

Et plus noirs, plus stagnants que les marais croupis

Infestent la moisson de nos futurs épis.

Et c'est a peine encor sur cette flaque infâme

Si flotte une blancheur arrachée à notre âme,

Comme un dernier faisceau tombé du haut des cieux

Du poitrail pantelant d'un oiseau fabuleux.

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