‹ Les amants: poésiesChapitre 10 sur 60 · SAISONS BROUILLÉES · texte numérisé non relu

SAISONS BROUILLÉES

Quand saignent au soir les bois dépouillés, L'odeur de ta main laisse dans la mienne L'odeur des printemps d'une étoile ancienne, Et je sombre au fond d'espoirs oubliés.

Es-tu donc un monde au rebours du nôtre Changeant et mortel, où je vis aussi ?

Soumis à lui seul, insensible id.

Si je meurs dans l'un, survivrai-je en l'autre ?

Je regarderai dans tes yeux ouverts Qpand viendront le froid, la neige et la pluie. La perdrai-je encor, mon âme éblouie.

Dans tes yeux brûlants comme les déserts?

CHEMINS DES RUINES

CHEMINS DES RUINES

Quand Vénus au reflet d'opale Filtrera de loin sur les fronts, Qjiand viendra l'heure, nous irons, Comme au hasard, dans le soir pâle !

Je marcherai dans les sillons, Tu t'en viendras par la prairie, Moi, sous un vol impur qui crie, Toi, sous l'essaim des papillons.

CHEMINS DES RUINES

Tu suivras le sentier qui chante Au crépuscule doucement ; Je longerai le bois donnant Où flotte une âme frissonnante.

Ensemble, par les deux versants.

Nous monterons sur la colline.

Moi, déchiré par chaque épine, Et toi, parmi les vers luisants.

Et dans les ogives béantes

Sur. la transparence du soir,

En même temps nous pourrons voir

Surgir nos têtes souriantes !

l'éperon

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