LES NUAGES
Comme ils glissent vite ! — Et je pense aux femmes Dont la vague image en nous flotte, et fuit. — Le vent amoureux qui de près les suit Disperse ou confond leurs fluides trames ; On dirait des âmes !
Rassemblant l'essor des désirs épars, Ivre du céleste et dernier voyage, A quelqu'âme sœur unie au passage, Mon âme ! lâ-haut tu me fuis, tu pars Conome un blanc nuage !
Comme un reflet clair, comme un écho frais, Comme un chaste encens du jardin des anges Parmi nos ennuis, nos laideurs, nos fanges, Ofïre^ ô jeune fille encor sans secrets !
Tes yeux transparents, ton rire suave, Ton âme légère, à la fois chassant Tout, regret, tristesse et souci pesant !
Ton regard contient l'eau pure qui lave.
Ta voix est un chant plus mélodieux.
Ta candeur fait croire à celle des dieux !
O clarté lointaine ! ô chanson ravie !
Qeur d'inQOcencç ! éçloses en nous,
jf-
Répandez parfums, joie, édat sur tous, Dispersez remords, lassitude, envie !
Vous êtes l'étoile à notre secours, L'extase égrenée en nos cœurs paisibles.
Le baume divin des pleurs invisibles !
Réveillez en nous, dans l'ombre des jours.
Comme uo chaste espoir d'un ciel sans colère, Comme un frais appel, comme une aube claire !