A GEORGE LAFENESTRE
L'Amour marche à travers les siècles, escorté De deux frères jumeaux fils de la volupté, L'un muet, sourd, aveugle, et que l'autre redoute Qui toujours le regarde, en vain parle ou l'écoute ; L'un, spectre noir dans l'ombre, et l'autre lumineux Dans l'éclair ; une haine effrayante est en eux ; Et sans qu'on voie un choc, un glaive qui se teigne. L'un reste invulnérable et l'autre toujours saigne ; Us repoussent les cœurs que TAmour veut unir ; L'un se nomme l'Oubli, l'autre, le Souvenir.
L'Amour passe à travers l'humanité crédule ; A chaque battement d'on ne sait quel pendule, A sa droite se dresse un obscur combattant, A sa gauche rayonne un guerrier palpitant ;
Ù^àLÂt
L'Ame qu'ils touchent part ou reste inassouvie ;
Le premier c'est la Mort, et le second, la Vie.
L'Amour monte à travers les sphères du ciel bleu ;
Triste, eatre deux reflets, il monte, cherchant Dieu ;
Et tour i tour brisant ou redonnant une aile.
Crie aux astres : « Néant ! » ou bien « Vie étemelle ! :