BOHÉMIENS
Le royal archer, le divin soleil.
Dispersant du ciel les frêles barrières, Ruisselle en traits d'or le long des clairières ; Et tout resplendit sous le chaud réveil Du divin soleil.
Du sentier rocheux ouvert sur la plaine, Fourmillant au fond de l'ombre du bois.
Descend la tribu sans ville et sans lois Qjii sous la lumière, heureuse, à voix pleine, Chante dans la plaine.
Les bruns voyageurs aux pompeux haillons Comme un dais vermeil traînent leur poussière; La troupe aus grands yeus proscrite et sordère Fait comme des Dieux vêtus de rayons Briller ses huilons.
Proscrits fiers aussi des lambeaux de gloire, Comme eux voyageurs et magiciens.
Au soleil comme eux les rêves anciens Changent leurs linceuls dans notre mémoire En éclairs de gloire !
CROISÉE OUVERTE
CROISÉE OUVERTE
Qu'elle est jeune ! — Ses doigts se posent sur les touches^
Et les parfums d*avril sont devenus des chants.
Mots vides, autour d'elle expirez sur les bouches !
<*-- Un vol de blancs ramiers plane au loin sur les champs I
Qu'elle est fraîche ! — Ses doigts voltigent sur l'ivoire, Et tout désir se fond en préludes sacrés.
Ne montez plus, soupirs dont nous taisons l'histoire ! •^ Vn vqI d'oiseaux de paix glisse ea rasant les prés !
12 CROISÉE OUVERTE
Qu'elle est douce ! — Ses doigts sont des ailes magiques, Et tout se fait sonore au fond des cœurs surpris. Jours lointains, revivez en célestes musiques ! — Un vol d'oiseaux divins emporte nos esprits !
Qu'elle est blonde ! — Ses doigts volent à tire-d'aile, Et la foi nous revient avec l'hymne perdu.
Sourire intérieur, éclairez-nous près d'elle ! — Un vol éblouissant du ciel est descendu !
Qu'elle est belle ! — Un vol blanc sur le clavier roucoule, Et des accords d'odeurs mêlent leurs tourbillons. Mots d'amour oubliés, sortez de nous eti foule ! — Des doigts d'anges au loin font chanter les sillons !
«M^^WriJk»
UN SOIR
UN SOIR
Une étoile d'or plus brillant Nous annonce la nuit sereine.
Ah ! tournons-nous vers TOrient Pour voir venir la douce reine !
Elle arrive des chauds jardins D'une odalisque paresseuse ; Lentement, par de bleus gradins, MpQte la nuit mystérieuse I
14 UN SOIR
Elle ondule en nous caressant, Fascinante comme une aimée; Aux lueurs fines du croissant, Nous sourit la nuit bien-aimée !
Elle filtre et rayonne en nous, Et notre âme en elle s'abrite ; Elle porte au front les bijoux D'une sultane favorite.
Elle a la claire profondeur Des yeux de la hourî docile ; Elle répand au loin l'odeur D'un paradis d'amour tranquille !
!Ff'
isiLEircB rs