‹ Les amants: poésiesChapitre 20 sur 60 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Bien vite prends la clé^ ce logis est le tien, Plein du tressaillement des formes familières ! Rentre^ et souris de loin aux tempêtes dernières I Qjii'as-tu donc respiré si tu ne sens plus rien ?

— La serrure disait : Si ta main tremble, appelle L'épqusé délaissée et fidèle toujours

Qui pleure à tes départs et chante à tes retours ! Sous l'idéal reflet de sa lampe immortelle, Elle est seule là-haut qui t'aime et qui t'attend. Celle dont le baiser guérit toute blessure !

Voyageur revenu de la patrie obscure, QjLii restes là dehors, inerte et repentant, Rentre pour contempler en paix hommes et choses Dans le serein mépris des désirs superflus !

Q.u'as-tu donc dit en vain, si tu ne parles pluis?

— Et la maison disait : Des fenêtres mal closes Tous les vieux souvenirs, tous les futurs espoirs Dans l'ombre jusqu'à toi filtrent par mille issues ; Si tu ne peux monter aux murailles moussues, Qjie m'importe ton corps promis aux festins noirs ? C'est l'unique tribut de ta pensée, ô maître I

Qjie je veux, pour remplir mes cellules enfin De trésors plus polis que ceux d-or le plus fin ; Fais qu'elle m'enveloppe et qu'elle me pénètre. Par les fentes du toit, par le seuil lézardé. L'élaboration de l'absence ou des veilles !

O voyageur parti, le front plein de merveilles, Q.u'as-tu donc enrichi, si ton crâne est vidé ?

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