‹ Les amants: poésiesChapitre 40 sur 60 · SUR LES CÔTES · texte numérisé non relu

SUR LES CÔTES

Regardez ! chaque flot se cabre en arrivant, Se brise, en argentant la grève aux vastes pentes, Et jusques à vos pieds meurt en nappes rampantes Dans les acres embruns dispersés par le vent*

Tel chaque effort perdu d'une âme soulevée En caresse lointaine expire vainement, Et son parfum amer près d'un cœur inclément Passe disséminé dans l'air de l'arrivée.

Vous aimez, dites-vous, la mer ; écoutez-la Mugir ou soupirer, sauvage ou rendormie.

Comme une âme jalouse ou comme une âme amie Palpitant du secret qui jadis la gonfla*

Hurlement ou sanglot, clameur, plainte ou murmure, Ëcoutez-la pousser comme un appel toujours ; Telle une âme trop pleine aux chocs stridents ou sourds Contre un cœur insensible ou bardé d'une armure*

Regardez au soleil onduler les flots verts !

Dans la nuit écoutez la mer, la sœur sublime D'une âme qui se heurte aux conflns d'un abfme ! Entendez-la gronder ou chanter dans ces vers !

Qjie la strophe vers vous parte comme la houle, S'élève, en charriant les débris du passé.

Et noyant les récifs du noir oubli dressé.

Comme un embrassèment infini se déroule !

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