SUR LES CÔTES
Regardez ! chaque flot se cabre en arrivant, Se brise, en argentant la grève aux vastes pentes, Et jusques à vos pieds meurt en nappes rampantes Dans les acres embruns dispersés par le vent*
Tel chaque effort perdu d'une âme soulevée En caresse lointaine expire vainement, Et son parfum amer près d'un cœur inclément Passe disséminé dans l'air de l'arrivée.
Vous aimez, dites-vous, la mer ; écoutez-la Mugir ou soupirer, sauvage ou rendormie.
Comme une âme jalouse ou comme une âme amie Palpitant du secret qui jadis la gonfla*
Hurlement ou sanglot, clameur, plainte ou murmure, Ëcoutez-la pousser comme un appel toujours ; Telle une âme trop pleine aux chocs stridents ou sourds Contre un cœur insensible ou bardé d'une armure*
Regardez au soleil onduler les flots verts !
Dans la nuit écoutez la mer, la sœur sublime D'une âme qui se heurte aux conflns d'un abfme ! Entendez-la gronder ou chanter dans ces vers !
Qjie la strophe vers vous parte comme la houle, S'élève, en charriant les débris du passé.
Et noyant les récifs du noir oubli dressé.
Comme un embrassèment infini se déroule !
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