SUR LES CÔTES
Q^e chacun de ces vers s'en aille tour à tour, Comme le flot d'une âme ou de la mer montante, Briser sa rime sourde ou sa rime éclatante Contre un cœur sans mémoire ou fermé pour l'amour !
Vous aimez, dites-vous, la mer, et les spectacles De son angoisse auguste ivre d'autres échos ; N'y revoyez-vous pas les semblables assauts D'une âme débordant sur de pareils obstacles ?
Mais non 1 Qii'importe au cœur qui s'est un jour durd Le fracas de la mer sur les remparts des côtes ? Qii'importe le retour des lames les plus hautes Au cœur indifférent comme le sable aussi ?
ENCORE
ENCORE
Une femme a passé dans ta vie 1 Un sourire, Un regard lumineux a suffi, n'est-ce pas ?
Que de destins pendus à ces frêles appâts !
Cest assez pour l'ivresse, et cela peut suffire Aussi pour le martyre !
Quelques mots bien connus qu'on échange à l'écart T'ont fait comme à l'amour croire à la perfidie I Et la fin d'une idylle est une tragédie !
Et tu crois au néant pour avoir eu ta part D'un bonheur quelque part !
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ENCORE
Les aveux, les serments, les baisers, tout s^envole ! Pourquoi dans un regret vouloir les retenir?
Dans un nouvel amour cherche leur souvenir !
C'est leur espoir qui fait Tétemelle auréole De l'éphémère idole !
Tes rêves reboiront le philtre empoisonneur Au sourire, aux regards, aux mots toujours les mêmes. C'est assez pour changer en chansons les blasphèmes ! Et pour avoir pressé le néant sur ton cœur, Tu croiras au bonheur I
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LE POSSÉDÉ
LE POSSÉDÉ
L'angoisse d'ua remords, tu ne la connais pas, Un regret tendrement ne t'a jamais mordue, Et tu m'es pour toujours taciturne et perdue Sans qu'un seul souvenir ait chanté sur tes pas.
Je sais que le soleil s'éteindra dans l'espace Avant que se rallume un éclair sous ton front, Et je sais que les morts à la fois renaîtront Avant que ton oubli pour un instant s'efface.
Mais je sais que ta bouche aux clartés de tes yeux M'a dit ces mots qui sont Téternelle magie, Et que sur tous mes sens règne encor l'effigie L'odeur ou la vertu de ton corps langoureux.
LE POSSÉDÉ
Ni le vin, ni l'amour, ni la mort usurpée, Rien ne saurait dissoudre un jour, ni l'apaiser. Le poison qui me fut le miel de ton baiser, Et mon âme en sera pour les astres trempée.
Mais ce breuvage en moi distillera du moins A jamais la douceur d'un philtre de jouvence. Et d'ici je t'emporte et te souris d'avance Dans ces brillants enfers que tu pris pour témoins !
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A UK'E AMIE