LES GOUFFRES
Je cherche un infini comparable à Tamour, Qpi nous roule éperdus dans d'effrayants mystères Où nous nous débattrons,. victimes volontaires, Sans remonter jamais vers la clarté du jour.
La nuit ? Non ; sous la nuit le ciel est plein de phares ; La plus longue à coup sûr a son aurore enfin ; Et Taff^y^é qui dort peut oublier la faim ; Et le vaincu blessé peut rêver de fanfares !
Pour l'assassin aussi peut venir le sommeil ; L'aube au moins chassera le spectre qui le hante ; Sa blancheur rassérène une âme haletante ; Et le remords lui-même est joyeux au soleil !
Je cherche pour l'amour une sinistre image, Comme un gouffre sans fond ouvert traîtreusement, Où tout s'engloutira dans un effondrement, Dans l'irrémédiable et lourd et noir naufrage I
La mort ? non ; son secret nul n'en peut rien savoir :
Peut-être la splendeur des étoiles ouvertes,
Ou le néant épars dans les formes inertes ;
Mais malgré tout, pour tous c'est le sublime espoir I
Sous le coup du hasard ou frappé sur un ordre, Après ton dernier râle, en ramenant tes draps, Calme et: transfiguré, frère, tu descendras Dans l'empire où l'amour ji'a plus de cœurs à tordre !
Wi><'..'