SCÈNE II
T u L L I A , entrant à droite.
Dieu I la chose ennuyeuse et sotte infiniment Pour une femme au bal, que cet empressement Autour d'elle de fats venant faire la roue I Comme leur vanité s'étale sur leur joue l La fade comédie et l'insipide assaut!
Mais le plus ridicule encore et le plus sot Est l'homme qui se fait du silence un mérite I Dans sa discrétion emphatique s'abrite,
Elle indique d'un geste un des hommes qui passent.
Et, vainqueur confiant qui se tient à l'écart,
Veut se faire envier de chacun, avec art !
C'est celui qui se dit mon amant ! Si nous sommes
Coquettes, après tout c'est la faute des hommes I
Mais leyr amour vaut-il la peine, en vérité,
Qu'on en change? L'amour par tous est récité
De la même façon, comme la jalousie !
Le même homme à nos pieds froidement s'extâsie.
Et par convention débite un madrigal
A l'une comme à l'autre, avec sourire égal;
Et, trompé, se guérit par une impertinence.
Ou soufflette un rival heureux, par contenance!
Même il en est encor qui n'en montrent pas tant|
Sans honte et sans regrets ils s'en vont, emportant
mmmm
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LA RENCONTRE
Tout l'oubli qu'on fait d'eux dans leur oubli rapide, Ressemblant, je suppose, à la bouteille vide Que le marin lassé qui s'éloigne du port Dans le sillage au loin jette par-dessus bord ! On ne les revoit plus ! Et j'étais insensée Quand je ne sais quel rêve à ce bal m'a poussée! Le mieux est à coup sûr d'en rire, je le vois !
Après un silence, en regardant les groupes s'éloigner et disparaître au fond.
Jamais deux aveux faits sincèrement, deux voix Où vers une âme on senie une âme qui s'élance ! Jamais le vrai serment, et jamais le silence Où deux cœurs suspendus aux longs éclairs des yeux Battent pour l'étemel amour qui monte aux cieux !
Fabien reparait au fond.